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Des pistes innovantes pour débloquer le potentiel du secteur privé dans les PM

FEMISE-AUB Seminar on “Unlocking the Potential of the Private Sector in South Med Countries”, photo FEMISE

Le FEMISE a organisé à Beyrouth (Liban), le 5 décembre 2016, un séminaire sur le thème «Débloquer le potentiel du secteur privé dans les pays du sud de la Méditerranée». Le séminaire a été organisé en collaboration avec nos partenaires, l’Institut d’économie financière, à l’Université américaine de Beyrouth (AUB).

En trois séances et une table ronde, les conférenciers et les participants ont tenté de produire des réponses à trois questions principales:

  • Une déclaration factuelle qui nécessite d’être vérifiée: la performance du secteur privé dans la région est inférieure au potentiel et en-dessous des attentes. Il n’est ni dynamique ni suffisamment productif. En outre, il ne crée pas suffisamment d’emplois.

  • Qu’est-ce qui empêche le secteur privé d’atteindre son potentiel? Deux idées sont avancées: les contraintes macro et micro.
  • Quel est le rôle de la communauté internationale à cet égard?

Dr. Youssef El-Khalil (Central Bank of Lebanon), Dr Ahmed Galal (ERF, FEMISE), photo FEMISE

Lors de la première session, les intervenants ont souligné les défis macroéconomiques auxquels sont confrontés les pays du Sud et qui ont des implications sur le développement du secteur privé. Au Liban, le Dr Youssef El-Khalil a souligné le rôle joué par la Banque centrale libanaise dans la stabilisation de l’économie au cours des trois dernières décennies (guerre, instabilités politiques, réfugiés syriens). Son principal message était de dire que le mandat de la Banque centrale ne se résume pas uniquement à obtenir une inflation stable ou une monnaie stable. La Banque Centrale a également la responsabilité sociale de promouvoir une croissance inclusive, en encourageant les activités entrepreneuriales et la création d’emplois chez les jeunes et les personnes éduquées.

En Tunisie, face aux défis macroéconomiques et au manque de ressources financières, le pays a adopté deux programmes du FMI (d’un montant de 4,7 millions de dollars) comme l’a expliqué le Dr Sami Mouley (Université de Tunis El Manar) (présentation disponible ici). Les programmes adoptés visaient à assurer la stabilité de l’économie et à appuyer les réformes financières et de crédit. Cependant, le développement du secteur privé est resté faible, c’est ainsi que des mécanismes d’accompagnement orientés vers le secteur privé ont été mis en place, notamment des réformes réglementaires, des prêts bancaires de meilleure qualité, une monnaie flottante, etc.

Pr. Simon Neaime (AUB), Dr. Sami Mouley (Université de Tunis), photo FEMISE

Selon Dr. Simon Neaime (AUB), l’espace budgétaire limité et la mise en place de régimes de taux de change fixes ont eu une incidence négative sur l’efficacité des banques centrales (présentation disponible ici). Par conséquent, les mécanismes de stabilisation monétaires et fiscaux traditionnels sont extrêmement difficiles à mettre en œuvre, car ils risquent d’entraîner de nouveaux déséquilibres. Ainsi, Dr. Neaime est plutôt favorable pour la mise en place de mécanismes alternatifs tels que la réduction de la taille du secteur public et la réduction des dépenses publiques, en donnant davantage d’espace au secteur privé. Ces mécanismes pourraient également s’accompagner de stratégies de réforme qui amélioreraient les attentes du secteur privé. Faire le lien entre croissance et développement du secteur privé, telle est la nécessité qui doit être pris en compte par les pays du sud de la Méditerranée.

 

La deuxième session a évolué autour des obstacles auxquels fait face le secteur privé et sur la manière de les surmonter. Un aperçu de ces défis fournis par la Professeure Patricia Augier (FEMISE) a permis de mettre en avant les problèmes liés à l’instabilité politique, à l’accès au financement, à la corruption et à l’inefficacité des infrastructures.

FEMISE-AUB Seminar on “Unlocking the Potential of the Private Sector in South Med Countries”, photo FEMISE

Par la suite, des intervenants de divers horizons ont présenté leurs propres expériences. Le projet intitulé «Amélioration de l’environnement des affaires dans le Sud de la Méditerranée – EBESM» a été lancé par Marie Jo Char, qui ambitionne de promouvoir le secteur privé dans la région en engageant les entrepreneurs avec les décideurs par des dialogues constructifs (présentation disponible ici). Ce projet a objectifs multiples est un bon exemple de la manière dont les ONG peuvent jouer un rôle important dans le renforcement du secteur, c’est à dire à travers des projets impliquant les institutions nationales et utilisant le financement des donateurs internationaux. Le projet EBESM est financé par la Commission européenne et la GIZ.

Dr. Khater abi Habib (Kafalat), photo FEMISE

Au Liban, les PME ont rencontré de nombreux défis à leur développement alors que le pays sortait de la guerre des années 90. La création de Kafalat a permis de fournir l’instrument nécessaire pour garantir des prêts aux PME, ce qui a eu un impact considérable sur le développement du secteur. Le Dr Khater abi Habib (PDG de Kafalat) a souligné qu’ils visaient des secteurs spécifiques, considérés comme les plus en difficulté et dont la contribution à l’économie était considérée comme essentielle (agriculture, industrie, tourisme, artisanat traditionnel et high tech). D’autres programmes ont ensuite été introduits par Kafalat qui favorise toujours les start-ups innovantes.
Une expérience différente, mais tout aussi réussie, a été adoptée au Maroc par le biais du Comité national pour l’environnement des affaires: un comité créé par le gouvernement marocain pour développer un dialogue entre le secteur public et le secteur privé dans le but d’améliorer l’environnement des affaires (présentation disponible ici). Depuis sa création en 2010, de nombreuses réformes institutionnelles et réglementaires ont été mises en œuvre par le biais de ce comité au bénéfice du secteur privé, contribuant à ce que le Maroc gagne 60 places dans son classement Doing Business Report.

 

Pour compléter l’état des lieux macroéconomique et microéconomique dans le développement du secteur privé, la troisième session a examiné la question d’un point de vue externe, celui de la communauté internationale.

FEMISE-AUB Seminar on “Unlocking the Potential of the Private Sector in South Med Countries”, photo FEMISE

Trouver des moyens plus innovants pour soutenir leur partenariat avec les pays du Sud méditerranéen, tel est la nouvelle approche de la Commission européenne pour mieux répondre aux besoins de cette région. La révision de la politique de voisinage de l’UE a été une première étape, suivie de beaucoup d’autres initiatives à différents niveaux (Macro, Meso et Micro) par la coopération régionale et bilatérale. La Commission apporte son soutien au secteur privé en associant la Facilité d’investissement pour le voisinage (FIV) en coopération avec des institutions financières comme la BEI, la BERD et les agences bilatérales des États membres de l’UE. Travailler pour la création d’un environnement propice au secteur privé doit aller de pair avec le dialogue politique, ce que Mme Malin Elander Oggero (Commission européenne) a expliqué lors de son exposé (présentation disponible ici).

À l’OCDE, le programme de compétitivité MENA a été mis en place pour soutenir le développement de la région MENA. L’approche adoptée par l’OCDE consiste à comparer les expériences politiques, à identifier les problèmes, à trouver des solutions communes à ces problèmes et à échanger les bonnes pratiques. Ces pratiques sont transposées par des recommandations et des conseils de type soft-law et selon le rythme et la configuration institutionnelle de chaque pays. De cette façon, l’OCDE contribue à la mise en place d’un cadre politique adéquat qui encourage le développement du secteur privé tout en étant attentif à ses besoins. Le Dr Nicola Ehlermann (OCDE) estime que même si c’est le rôle du gouvernement de définir l’environnement et le cadre de fonctionnement nécessaire, le secteur privé doit aussi participer à un dialogue constructif.

Dr Ahmed Galal (ERF, FEMISE), photo FEMISE

La Coopération financière internationale (IFC) du Groupe de la Banque mondiale a adopté un modèle qui sert les PME de la région en renforçant les investissements et en formulant des recommandations. Le Dr Marcel Rachid (IFC) a expliqué que le groupe de financement des PME a identifié des leçons clés importantes tirées d’expériences réussies, qui pourraient être résumées comme suit: les stratégies élaborées doivent être spécifiques au pays, il y a un besoin de disposer de l’infrastructure nécessaire pour assurer la transparence, enfin, le développement des agences de notation des PME et l’encouragement des prêts de capital-risque au secteur privé sont importants pour le développement du secteur.

À la fin de la session, Emmanuel Noutary (ANIMA) a souligné quelques défis clés détectés à travers ses 10 années d’expérience en travaillant avec les PME. Malgré la résilience des économies des pays du sud de la Méditerranée, lil y a un manque d’efficacité (50% de l’IDE sont concentrés dans des secteurs qui ne créent pas assez d’emplois) ; la R&D est à un niveau très bas et est dominée par le secteur public; l’intégration sud-sud est loin de son potentiel; il y a un manque d’efficacité et de coordination entre les institutions et les organismes qui s’occupent du secteur privé; enfin, il existe un manque de coordination entre les politiques éducatives, industrielles et sociales. Emmanuel Noutary a également ajouté que des organisations telles que ANIMA pourraient permettre de lier les décideurs privés et les décideurs politiques et réunir les PME afin de coordonner et maximiser les retombées.

FEMISE-AUB Seminar on “Unlocking the Potential of the Private Sector in South Med Countries”, photo FEMISE

Les intervenants à la table ronde finale ont souligné l’importance d’avoir un environnement macroéconomique équilibré, qui encourage le développement du secteur privé, l’adoption d’approches inclusives pour assurer la contribution de toute la société et la participation au processus de distribution. Il a été souligné qu’il est important d’avoir une approche holistique pour s’assurer que les politiques adoptées encouragent le secteur privé, l’importance de fournir des incitations pour passer du marché informel au marché formel. M. Galal (FEMISE) a conclu le séminaire en disant qu’il fallait trouver le juste équilibre entre ce que les économistes proposent comme solutions techniques et sociales et ce que les politiciens adoptent comme politiques.

Pour une transcription détaillée du séminaire (en anglais), veuillez cliquer ici.

Cet évenement a reçu le soutien financier de l’Union Européenne dans le cadre du projet  “Support to Economic Research, studies and dialogues of the Euro-Mediterranean Partnership”. Les opinions exprimées dans ce séminaire sont de la seule responsabilité des intervenants.

Impact des transferts de fonds sur la pauvreté et les inégalités : les enseignements de deux nouvelles enquêtes conduites au Maroc et en Algérie

La migration est un phénomène démographique de grande ampleur. En effet, les migrants sont aujourd’hui quelques 215,8 millions1, également répartis entre hommes et femmes. Les mouvements migratoires concernent l’ensemble des pays et, même si les pays dits du Sud enregistrent les plus forts taux d’émigration, ce n’est pas uniquement un mouvement de ces pays vers les pays du Nord. En effet, en 2009, 74 millions1 de personnes ont migré d’un pays du sud vers un autre pays du sud, souvent frontalier. Les causes de cette migration Sud-Sud sont multiples : guerres, famines, conditions climatiques ou encore motivations économiques. Concernant les mouvements migratoires du Sud vers le Nord, ils représentent quelques 97,51 millions de personnes dont la motivation principale est bien souvent d’ordre économique ou dans une optique de regroupement familial. Enfin, en 2009, 37,7 millions de personnes1 ont migré d’un pays développé vers un autre pays développé, tandis que 6.5 millions1 sont allées vers le Sud.

Dans la plupart des cas de migration des pays pauvres vers des pays plus riches, les individus cherchent à améliorer leurs conditions de vie. Lorsqu’ils ne migrent pas de manière définitive, ils sont
plus nombreux à envoyer une partie de l’argent gagné dans le pays d’accueil à leur famille restée dans le pays d’origine. Ces transferts d’argent représentent des sommes faramineuses : en 2010, les fonds rapatriés dans les pays en développement s’élevaient à 325 milliards de dollars1. Leur niveau a été multiplié par six depuis 19951. Cet accroissement fulgurant est en partie dû à l’augmentation du nombre de migrants internationaux, mais également à l’amélioration des moyens mis à la disposition des migrants pour effectuer ces transferts. De plus, l’intérêt porté à ce phénomène par la littérature et les pouvoirs publics a entrainé une meilleure prise en compte statistique de ces flux.

Le montant des transferts dépasse largement l’aide au développement en Asie, Amérique Latine, Afrique du Nord et Moyen-Orient, et constituent la principale source de financement extérieur dans
cette dernière région du monde (devant les investissements directs à l’étranger). Les principaux pays récipiendaires sont l’Inde (55 milliards de dollars1), la Chine (51 milliards de dollars*), le Mexique (22,6 milliards de dollars1) et les Philippines (21,3 milliards de dollars1) : ces montant records s’expliquent par leur très fort taux d’émigration. Pour certains pays, ces transferts d’argent constituent des ressources financières considérables puisqu’ils représentent une part très importante de leur produit intérieur brut : en 2009, les transferts représentaient 35% du PIB au Tadjikistan1, 28% au Tonga1 et 25% au Lesotho1, rendant ces pays véritablement dépendants de la migration.
En plus de représenter des sommes considérables, les transferts constituent le seul revenu extérieur
directement reversé aux ménages. Ils ont un impact très important sur le bien-être des récipiendaires dans des pays où la pauvreté est très présente. De plus, ces fonds sont très stables, et leur caractère contra-cyclique permet aux bénéficiaires de faire plus efficacement face aux crises auxquelles ils sont confrontés.

L’importance des sommes en jeu a récemment relancé la littérature sur le vaste sujet de l’impact des
envois de fonds dans le pays d’origine. Les thèmes abordés sont multiples mais un sujet encore
particulièrement analysé et débattu concerne l’impact des transferts sur la pauvreté et la répartition des revenus dans le pays d’origine. La littérature s’est emparée de ce sujet depuis plusieurs années et cherche à savoir si cet argent, directement reversé aux ménages, permet aux populations des pays en développement de sortir de la pauvreté et de rendre la société plus égalitaire.

Notre étude répond à la question de l’effet des migrations sur la pauvreté et les inégalités à partir de la réalisation de deux enquêtes ménages originales réalisées au Maroc et en Algérie. Nous utilisons deux enquêtes originales que nous avons menées en Algérie et au Maroc auprès d’un échantillon de
ménages ayant ou non des migrants et recevant ou non des transferts des migrants ? Nous comparons les niveaux de pauvreté et d’inégalités prévalant aujourd’hui, à ceux estimés pour une situation sans migration ni transfert dans laquelle les migrants seraient réintégrés à la vie locale. La première partie présente les travaux sur les deux régions algériennes présentant des taux d’émigration élevés la Kabylie et la région de Tlemcen.

 

* Données pour l’année 2009 provenant du Migration and remittances factbook 2011

Le défi de l’emploi dans les pays méditerranéens

Le présent rapport est consacré à la question la plus importante dans les pays méditerranéens, à savoir la question de l’emploi. Ces pays doivent, en effet, créer un nombre d’emplois décents sans précédent pour absorber le nombre croissant de nouveaux entrants sur les marchés du travail, l’actuelle forte proportion de jeunes inactifs et accroître sensiblement la participation féminine à l’activité économique. De plus, la région doit remédier au problème d’un important secteur informel où une proportion croissante de la population vit et travaille dans des conditions peu favorables de faible productivité, de faibles revenus et d’insuffisante protection. Enfin, la région doit s’assurer que ses flux migratoires constituent un échange positif à la fois pour les pays émetteurs et les pays receveurs, plutôt qu’un exode des cerveaux.Relever ce défi n’est pas aisé. D’un côté, la pyramide des âges dans la région se caractérise par une proportion des jeunes bien plus forte que la moyenne. Certes, les taux de croissance de la population ont fléchi, mais l’impact des taux de fertilité passés élevés se ressent maintenant. D’un autre côté, la région ne peut plus aujourd’hui se permettre d’aborder la création de l’emploi par le recrutement du secteur public. La taille du secteur public est déjà trop importante et la mondialisation rend difficile tout développement sans une forte compétitivité économique selon les standards internationaux.Toutefois, on considère dans ce rapport que le défi peut être relevé, si les décisionnaires politiques prennent les mesures nécessaires à partir des expériences réussies d’autres pays et en les adaptant aux conditions initiales des PM. Ces réformes impliqueraient de poursuivre la transition déjà entamée vers un niveau plus élevé de croissance pro-emploi, avec des améliorations des conditions de travail de travail. Elles devraient également concerner une meilleure mise en adéquation des systèmes éducatifs avec la demande de travail dans un contexte de diversification des économies. Et elles pourraient également inclure des échanges bénéfiques mutuels de migrations temporaires entre les PM et l’UE.Le propos de ce rapport est de contribuer à la discussion sur la nature et la magnitude du problème de l’emploi dans les PM, ses causes profondes et les possibles voies pour y remédier. Il ne propose pas un plan d’action précis pour chaque pays ; il met plutôt en évidence les principaux points évoqués ci-dessus et propose des pistes pour mener des discussions entre les parties concernées.Le rapport est organisé en quatre sections :1. La nature du challenge à partir d’une présentation de la situation actuelle et des grandes tendances démographiques qui s’annoncent.2. Les causes profondes du problème.3. La compétitivité de la région, l’ouverture et les liens entre fixation des salaires et productivité.4. On donnera, enfin, une idée des principaux enjeux et le cadre général des discussions qui les concernent.

Quel potentiel de croissance pour les échanges commerciaux entre l’UE et ses partenaires méditerranéens ?

photoNBC-art11-3202La suppression des barrières douanières ne suffit pas pour développer les échanges commerciaux entre l’Union européenne et ses partenaires du sud de la Méditerranée. D’autres paramètres comme la qualité du système logistique, les barrières non tarifaires, l’innovation, l’ouverture aux investissements étrangers ou encore une bonne gouvernance sont des facteurs à prendre en compte.

Les statistiques mettent en évidence que les pays du sud de la Méditerranée ne contribuent que faiblement aux exportations mondiales malgré une légère progression sur la décennie 2000/2009, passant de 1,8% à 2,9%. Durant cette même période, les exportations de ces pays vers l’Union européenne sont passées de 2,7% à 3,5%, c’est mieux mais cela reste faible.

Si la suppression progressive des barrières douanières contribue à développer le commerce entre l’Union européenne et ses partenaires méditerranéens, y-a-t-il des marges de manœuvre pour accroître les échanges?

« Ce n’est pas parce que le niveau des échanges est faible que le potentiel de développement est important » prévient Nicolas Peridy, directeur du « Laboratoire d’économie appliquée au développement » de l’Université du Sud Toulon-Var, il a contribué aux travaux du FEMISE sur cette question souvent débattue.

La plupart des analyses classiques réalisées jusqu’ici ont conclu à un réel potentiel de croissance des échanges entre l’UE et ses partenaires du sud de la Méditerranée, estimant que les exportations de ces pays vers l’Europe restent inférieures en moyenne de 10 à 20%, selon les pays concernés, à ce qu’elles pourraient être.

« Ce n’est pas notre conclusion » précise Nicolas Peridy. « Nous avons travaillé différemment, en élargissant notre champ d’études pour prendre en compte d’autres variables que les seuls obstacles tarifaires ce qui permet de mieux expliquer ces échanges. Il en ressort que le potentiel de croissance, en l’état actuel, reste limité mais qu’il peut être développé si l’on agit pour modifier ces autres variables ».

La gouvernance est déterminante

Quelles sont ces variables ? En premier lieu la qualité des infrastructures et du système logistique. Les pays du sud de la Méditerranée font preuve d’une moindre efficacité logistique comparée aux autres pays émergents, ce qui constitue un véritable handicap. Leurs efforts doivent donc viser à se rapprocher des standards internationaux.

Autre point sensible, l’innovation. Peu développée au sud de la Méditerranée, à la différence d’autres régions intégrées comme l’ASEAN (Association des Nations de l’Asie du Sud-est), elle limite à certaines catégories de produits les exportations possibles, le pétrole ou  les produits manufacturés à faible valeur ajoutée.

Les travaux des économistes du Femise montrent encore que les mouvements migratoires entre les pays du sud de la Méditerranée et l’UE sont aussi facteurs de croissance des échanges commerciaux, tout comme le niveau des investissements directs étrangers, qui, s’ils sont favorisés, peuvent contribuer à changer la donne.

Enfin, la gouvernance est déterminante. La corruption et les entraves à la démocratie qui sévissent au sud de la Méditerranée sont autant d’obstacles qui viennent limiter les possibilités d’échanges. A cet égard, le printemps arabe ouvre de nouvelles perspectives.

Article de Christiane Navas, Econostrum. L’article fait partie d’une série d’articles conjoints réalisés dans le cadre d’un partenariat entre Femise et Econostrum pour l’année 2012, qui alimentent également la rubrique « Grand Angle»  du site d’information Econostrum. Vous pouvez retrouver cette rubrique et toutes les informations à l’adresse suivante:www.econostrum.info. L’inscription à la newsletter d’econostrum est accessible par: http://www.econostrum.info/subscription/

Une transition difficile mais si fondamentale pour la Méditerranée

imagesL’espoir d’une vie meilleure renaît pour les habitants des pays méditerranéens. La rupture avec les anciens régimes autoritaires consommée, les États traversent à présent une phase de transition au cours de laquelle ils vont expérimenter l’ouverture démocratique et devront réduire les inégalités.

C’est inéluctable, le chômage va augmenter, le PIB et les investissements directs étrangers vont faire un bond en arrière. La phase de transition amorcée en 2011 par les pays méditerranéens du printemps arabe sera un long parcours semé d’embûches tout comme la Pologne et autres pays de l’Est l’avaient expérimenté dans les années 90 lors de l’effondrement du bloc communiste.

« Les pays du sud vont entrer dans une phase de transition et passer d’un régime captateur et autoritaire à la démocratie. Une élite d’hommes d’affaires, très proches du pouvoir politique a engendré des rentes de situation. La connivence était de mise lors des appels d’offres. La corruption s’est peu à peu généralisée jusqu’au point d’obtenir une autorisation pour exercer une activité de commerce ambulant !», explique Jean-Louis Reiffers dans le rapport annuel 2011 du forum Euroméditerranéen des Instituts de Sciences économiques (FEMISE) intitulé « Une nouvelle région méditerranéenne : vers la réalisation d’une transition fondamentale ».

Un document dans lequel, le président du Conseil scientifique de l’Institut de la Méditerranée et coordinateur du FEMISE, aux côtés d’Ahmed Galal, président du Forum de recherche économique en Égypte, pointe du doigt les déficiences des États méditerranéens et surtout en appelle à la création d’un fonds de stabilisation des prix des denrées alimentaires de base (huile, farine et sucre).

Inscrit au rang des priorités lors de la réunion du G8 à Marseille, ce fonds de compensation sera abondé par la communauté internationale qui s’est engagée à débloquer 27 mrds € pour la Tunisie, l’Égypte, le Maroc et la Jordanie d’ici 2013.

« Le prix du blé avait augmenté de 15% en trois mois. Et n’allez pas expliquer à la ménagère tunisienne que les incendies en Russie et la spéculation des acheteurs à terme du marché de Chicago sont à l’origine de cette flambée du prix du blé tendre ! », indique Jean-Louis Reiffers.

Réduire les inégalités entre les régions côtières et les campagnes

Le Femise pointe du doigt l’accroissement des inégalités entre les régions côtières, portées par le tourisme notamment, et les régions rurales où le taux de pauvreté est supérieur, comme l’analphabétisme et où un système de santé déficient se traduit par un taux de mortalité supérieur en particulier chez les petites filles. « Le modèle de croissance est non inclusif. La réduction de la pauvreté est inférieure au rythme de croissance. Celle-ci bénéficie aux gagnants marginalisant encore un peu plus les pauvres », insiste Jean-Louis Reiffers.

Le développement économique des pays méditerranéens passe donc par la mise en place de systèmes de transfert plus efficaces et la dynamisation de secteurs pourvoyeurs de main d’œuvre pour les populations pauvres.

Le Femise suggère également le soutien à la création de PME et PMI afin que les IDE puissent se diffuser dans toutes les couches de l’économie et ne pas seulement bénéficier aux grands groupes. La décentralisation intelligente favoriserait également un meilleur équilibre économique et une répartition équitable des ressources. Envisagée comme principal moyen d’action, une libéralisation des échanges supplémentaire ne pourra contribuer à régler les principaux problèmes posés par la transition en Méditerranée.

Lire le rapport

Article de Nathalie Bureau du Colombier, Econostrum. L’article fait partie d’une série d’articles conjoints réalisés dans le cadre d’un partenariat entre Femise et Econostrum pour l’année 2011, qui alimentent également la rubrique « Grand Angle»  du site d’information Econostrum. Vous pouvez retrouver cette rubrique et toutes les informations à l’adresse suivante: www.econostrum.info. L’inscription à la newsletter d’econostrum est accessible par: http://www.econostrum.info/subscription/

Rapport Euromed 2011: Les Pays Méditerranéens au Seuil d’une Transition Fondamentale

Femise 2011 Euromed ReportLe FEMISE vient de publier son dernier rapport annuel sur le Partenariat euroméditerranéen et la situation des pays méditerranéens. Il est cette année consacré à la transition fondamentale dans laquelle la région méditerranéenne vient d’entrer.

Cette question est au centre de la première partie du rapport, organisée en 4 chapitres : (i) Le premier chapitre est destiné à offrir un panorama général de la situation macroéconomique. Il cherche notamment à caractériser la situation actuelle et à évaluer les coûts à court terme liés aux différents évènements internes aux pays de la région, aux conséquences des incertitudes sur les anticipations, aux effets de la dépression de la demande externe en Europe et aux Etats-Unis. Mais comme ce rapport repose sur l’hypothèse que ces coûts initiaux seront compensés par des gains de plus long terme, il propose également un certain nombre de recommandations pour majorer la croissance dans l’avenir; (ii) le deuxième chapitre approfondit l’effondrement de “l’authoritarian bargain model” qui prévalait avant la crise (et qui prévaut encore aujourd’hui dans certains PM) pour examiner comment le faire évoluer vers un modèle démocratique; (iii) le troisième chapitre discute des raisons permettant de considérer la jeunesse comme la principale richesse à faire fructifier. Il s’agit de montrer ici le poids déterminant de la jeunesse dans les PM pendant encore une vingtaine d’années. A l’issue de cette période les PM seront eux-aussi confrontés au vieillissement démographique et auront des problèmes de financement des retraites. Il est donc décisif pour les équilibres de long terme de répondre le plus vite possible aux attentes de la jeunesse dans les PM; (iv) le quatrième chapitretraite du potentiel d’échanges supplémentaire qui pourrait être mobilisé entre l’UE et ses partenaires méditerranéens.

La seconde partie du rapport présente la situation actuelle des économies du Sud méditerranéen concernées, pays par pays.


Télécharger la version française du rapport (237 pages – 5,7 Mo)

(237 pages – 5,7Mo

Les pays Méditerranéens au seuil d’une transition fondamentale

Sommaire :
Introduction
Première partie
Chapitre 1. les conséquences attendues des revolutions

I. Pertes de court terme contre gains de long-terme: la logique

II. L’état actuel de la macroéconomie et des secteurs

III. Comment la démocratie et la créidibilité pourraient engendrer des gains importants

Chapitre 2. La chute du capitalisme autoritaire

I. Une longue période où le capitalisme autoritaire a dominé

II. Un modèle  non soutenable

III. Les stratégies alternatives de survie

IV. Les facteurs qui ont accéléré la décomposition

V. L’avenir : de l’économie au politique et réciproquement

Chapitre 3. L’emploi des jeunes en Méditerranée

I. La jeunesse, une vrai richesse pour les PM à condition qu’elle soit mobilisée

II. Une jeunesse de plus en plus éduquée

III. Un accès au marché du travail qui s’effectue mal

IV. Une relation éducation-chômage inquiétante pour les jeunes

V. Comment expliquer le taux de chômage élevé des jeunes diplômés?

VI. Politiques actives d’emplois en direction des jeunes

VII. Conclusion et recommendations

Chapitre 4. Une mise à jour du potentiel d’échange entre l’Europe et la sud de la Méditerranée

I. Quelques faits sur les échanges entre Méditerranée et Europe : une analyse comparative

II. Le potentiel d’échange entre Méditerranée et Europe : autre analyse comparative

III. Conclusion et implications politiques

Bibliographie
Deuxième partie – Situation détaillée des PM : les fiches pays

Algérie

Egypte

Israël

Jordanie

Liban

Maroc

Syrie

Tunisie

Turquie

Annexes

3ième colloque sur “Firmes, échange et développement”, 4-5 Juillet 2011: Recommandations

logos final

3ième Workshop International sur

Firmes, échanges et Développement

4-5 Juillet 2011,

Aix-en-Provence, France


Femise workshop aix july2011-3Le Forum Euro-méditerranéen des Instituts de sciences économiques (FEMISE) a organisé en collaboration avec le DEFI (Université de la Méditerranée d’Aix Marseille), le  GDR-CNRS (économie du développement et de la transition) et le CARIS (Université de Sussex, Brighton) un second workshop « Firmes, échanges et développement» à Aix en Provence les 4 et 5 juillet 2011. Le thème central de ce workshop, qui a réuni plusieurs des meilleurs spécialistes du domaine, visait à examiner à quelles conditions l’ouverture internationale pouvait produire un saut de compétitivité des entreprises dans les pays méditerranéens.

Ce séminaire, qui contenait six sessions ainsi qu’une session de clôture,  aborde à la fois les problématiques du comportement des entreprises en lien avec les échanges internationaux, et les questions de développement. L’hétérogénéité des entreprises est un élément fondamental dans la compréhension des gains escomptés du commerce international. Ce sujet nous permet de voir dans quelle mesure ce phénomène d’accroissement des échanges représente à la fois des opportunités mais aussi des menaces pour ces entreprises.  Six questions ont été développées durant ce séminaire : (i) le rôle du climat des investissements sur la dynamique entrepreneuriale, (ii) l’utilisation des facteurs de production et des flux de connaissances comme moyen d’augmenter la productivité, (iii) les conditions de réussite des exportateurs africains et le rôle de la fonction d’apprentissage à l’export ainsi que ses effets d’entrainement, (iv) les performances des exportations et stratégies des entreprises des pays méditerranéens , (vi) les qualifications et la pertinence des politiques de promotion et de soutien à l’exportation. Le séminaire s’est terminé par une table ronde qui a tenté de tirer les enseignements stratégiques des travaux présentés et a, plus généralement, débattu du bien fondé et des limites des politiques d’ouverture suivies dans la région.

Dans un premier temps, le rôle des facteurs institutionnels sur le dynamisme des entrepreneurs, celui des difficultés d’accès au financement et l’importance de l’environnement des affaires, ont été particulièrement étudiés. J  Hanoteau et V. Vial ont tout d’abord examiné l’incidence de la corruption sur l’entreprenariat en Indonésie, pour expliquer de quelles façons les institutions peuvent affecter les comportements des entrepreneurs. Ils réaffirment l’importance du développement des politiques publiques visant à développer l’entreprenariat dans un contexte corrompu et rappellent toute la nécessité de disposer d’institutions de bonne qualité. Une bonne gouvernance de la réglementation et du système fiscal doit donner une motivation pour entreprendre des activités productives. Messieurs Chaffai, Landivar et Plane rappellent quant à eux dans une analyse commune sur les contraintes financières qui pèsent sur les performances des entreprises, que la difficulté d’accès au financement est un argument courant qui  pourrait  expliquer le chainon manquant des PME au Maroc. Une étude sur le secteur du textile qui représente 60% de l’emploi sectoriel du pays, met en évidence les liens entre contraintes financières et productivité des entreprises. La difficulté d’accès au financement externe représente un obstacle à la croissance et le coût du financement a un impact négatif sur l’efficacité technique. Enfin cette session conclut sur le lien entre environnement d’affaires et productivité des entreprises : en quoi l’environnement d’affaires dans lequel opèrent les entreprises impacte leurs performances ? Quelles relations y a-t-il entre conditions économiques et institutionnelles et quel est l’impact sur la croissance ? P. Augier, M. Dovis et M. Gasiorek à travers cette étude mettent l’accent sur le rôle de l’environnement d’affaires et de l’investissement dans la compréhension des différences de performances des entreprises marocaines.

L’utilisation des facteurs de production et les flux de connaissances des entreprises ont été traités à travers de nombreux travaux.  L’étude des entreprises manufacturières en Inde met en évidence la contribution puissante des réformes politiques dans les services sur développement de ce secteur. Ces recherches suggèrent un lien fort et significatif entre progrès dans les réformes règlementaires des services, et productivité dans ces industries manufacturières. A la question de la promotion des exportations et des connaissances, plusieurs évaluations et analyses ont été présentées : en Tunisie pour l’évaluation des programmes de promotion des exportations par O. Cadot ou au Maroc à travers l’étude de l’investissement dans le capital humain à travers la formation des travailleurs. La formation est un outil puissant, tout particulièrement pour les PME, qui doit, pour K. Sekkat, leur permettre de relever le défi de la mondialisation. Étant donné l’importance de ces entreprises dans les pays en développement, et au Maroc où grâce à l’évolution de la politique industrielle les PME sont leader pour les innovations, les résultats de cette étude montrent qu’il faut soutenir les efforts du gouvernement pour favoriser la formation des travailleurs, mais impliquent également que ces efforts doivent cibler les PME en particulier.

En clôture de session de ce deuxième séminaire sur le thème « Firmes, échanges et développement », et au regard des récents évènements dans la région nos experts ont prescris des recommandations pour le futur agenda de recherches et ses orientations majeures.

Pour Mr Safadi (OCDE) le temps est venu de définir un agenda qui tienne compte des évènements de la région. Il préconise pour relever les défis du Printemps Arabe au niveau économique  et social, de définir les besoins en terme d’emploi, et d’identifier les opportunités et les barrières de création d’emplois dans la région. Il relève également l’importance du secteur des services. L’agenda de recherche doit se concentrer sur les services et leur potentiel à créer des emplois rapidement.

“Les pays les plus avancés connaissent le rôle majeur des services”.

Une réponse rapide aux aspirations de ces populations doit être donnée pour éviter que la situation n’empire et la priorité au développement d’activités dans des secteurs comme l’ingénierie, les avocats (etc), activités qui génèrent de l’emploi rapidement, non pas avec un retour sur investissement de dix à quinze ans comme dans l’Industrie. La colonne vertébrale d’une bonne intégration se constitue des secteurs financiers, du transport et de l’assurance. Le résumé de cette session pour Mr Safadi est de bien définir le chemin à suivre, l’aspect le plus important étant la performance dans les services et la création d’emplois en très peu de temps.

Afin de répondre aux attentes et de créer des emplois nous avons besoin d’efficacité économique étroitement liée à l’exportation, elle même largement conditionnée à dégager des gains de productivité dans le temps fonction des mécanismes d’organisation interne, des infrastructures, de la gouvernance ou bien encore des conditions environnementales. Les conditions indispensables sont selon P. Plane du Cerdi, un choix de productivité pour une intégration mondiale, et la recherche de la diversification.

Pour L Liacovone il faut comprendre les besoins mais ne pas se précipiter, le problème de la recherche est de savoir comment générer des reformes qui font bouger les sociétés. Mr Lerderman ajoute en ce sens, que la recherche doit être bien orientée et très rigoureuse car l’enjeu est élevé et si nous commettons une erreur, nous n’auront probablement pas d’autre chance.

Les recommandations de Mr Sekkat pour la Méditerranée et son développement : prendre en compte la réalité de ces pays, s’assurer que les institutions tiennent compte des micromarchés des entreprises. Beaucoup d’opportunités ne sont pas relevées, il y a beaucoup de travail sur la concurrence et la compétitivité et un agenda doit être préparé sur la prise de risque, la qualité des institutions et les incitations à mettre en place.

“Ces défis sont à placer très haut dans nos agendas”

Mr JL Reiffers conclut sur les questions stratégiques et politiques qui se posent aujourd’hui dans la région. Il faut avant tout connaître les attentes des populations des pays du printemps arabe. Après avoir ouvert une zone de libre échange et privatisé les télécoms, l’Europe travaille pour faire entrer les directives de l’Union bien que la dilatation de l’espace social reste préoccupante : plus personne ne parle des gagnants et des perdants ou comment les politiques permettent de compenser ou de réinsérer les perdants. L’Union Européenne fait un excédent commercial qui doit être compensé par les migrants et le tourisme, hors cette équation de transfert est sous évaluée : cette relation doit être poursuivie, elle est déséquilibrée et asymétrique.

Au regard des recommandations Sud/Sud il faut également être très prudent, on demande aux pays méditerranéens de s’ouvrir aux échanges et aux services alors que nous leur imposons des politiques structurelles et que nous rajoutons des normes. La mode est l’ouverture aux services, pour les services facteurs c’est évident, mais pour les services sociétaux tels que la distribution c’est plus dangereux, notamment pour le petit commerce. Quand on voit l’effet qu’elle a eu sur les petits commerces en Europe on peut craindre certaines difficultés. Notre discours devra donc être plus nuancé et crédible, tenant plus compte de la réalité.

“Les équilibres territoriaux sont à maintenir, il faut compenser les perdants et produire de nouveaux avantages comparatifs”

Si l’on ne sait pas aider les pays à définir des stratégies en ce sens, on risque de favoriser le nationalisme et le protectionnisme. Nous devons offrir un discours intelligent en leur demandant d’ouvrir leurs économies tout en définissant des équilibres territoriaux et des politiques structurelles adaptées avec des avantages comparatifs : s’attaquer au services télécoms, transports mais pas à la distribution, et c’est à nous de le dire. Pour éviter le développement d’une politique protectionniste, nous devons être crédible et pour cela ne pas nous contenter de donner les mêmes recommandations qu’il y a deux ou trois ans.

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