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Archives du Tag : education

COVID-19 MED BRIEF no. 21: Explorer l’impact du COVID-19 sur les “moyens de subsistance” des réfugiés syriens en Jordanie

Le coronavirus s’est révélé être une menace sérieuse non seulement pour la santé des personnes, mais aussi pour les économies et les sociétés de tous les pays, quel que soit leur niveau de développement. Cette crise constitue un véritable test pour la résilience des pays du sud et de l’est de la Méditerranée, car elle est survenue à un moment où ils devaient relever le défi de maintenir la croissance de leurs économies, confrontés à un chômage croissant et à des ressources limitées. La sortie de la crise dépendra en grande partie de la manière dont les pays de la région établiront leurs priorités d’action, et de la manière dont ils s’intégreront et coopéreront les uns avec les autres dans les secteurs clés. Suite au succès du premier round du «COVID-19 MED BRIEFS» lancé par le Centre pour l’intégration méditerranéenne (CMI) et le FEMISE, les deux institutions ont décidé d’unir à nouveau leurs forces et de lancer un second round. Cette série de Policy Briefs a pour but d’ouvrir la voie à des analyses thématiques et des recommandations plus approfondies.

Le vingt-et-unième COVID-19 MED BRIEF, intitulé « Explorer l’impact du COVID-19 sur les “moyens de subsistance” des réfugiés syriens en Jordanie», par Reem AlHaddadin, Institut d’Asie de l’Ouest et d’Afrique du Nord (WANA) est disponible (en anglais) en cliquant ici

Résumé :

Ce brief explore l’impact des perturbations économiques et sociales causées par la pandémie de COVID-19 sur les conditions de vie des réfugiés syriens résidant dans le camp de réfugiés de Za’atari – à Mafraq, au nord de la Jordanie – et sur les réfugiés résidant dans les communautés d’accueil jordaniennes -Ramtha, Mafraq et Amman. L’objectif de ce dossier est de mettre en lumière les conditions de vie de ces réfugiés et de sensibiliser à l’importance de se préparer à des scénarios similaires à l’avenir par le biais de politiques et d’actions prospectives qui garantissent un meilleur accès aux besoins de base.

Sur la base d’entretiens structurés et de recherches documentaires, le brief évalue ces conditions au-delà des indicateurs communs des actifs, des capacités et des activités des ménages et examine comment l’ (manque d’) accès aux ressources en eau et aux services éducatifs peut se traduire par une aggravation des vulnérabilités en cas de pandémie. Le brief aborde trois questions principales : les progrès institutionnels dans le secteur de l’eau, afin de comprendre et de répondre aux conditions nationales de pénurie d’eau ; le statut du secteur de l’éducation en tant qu’outil vital pour assurer l’intégration des groupes marginalisés, notamment les personnes handicapées ; et l’aide internationale nécessaire qui bénéficie aux réfugiés à la fois dans les communautés d’accueil et dans les camps officiels.

À travers la lentille et les voix des réfugiés syriens, le brief dépeint les implications du confinement qui a été appliqué en mars 2020. Notamment, ces mesures ont entraîné une couche supplémentaire de confinement visible pour les activités quotidiennes des réfugiés et une menace pour leurs conditions de vie actuelles et leurs projets futurs. Enfin, le policy brief fournit quelques recommandations qui pourraient aider à alléger les conditions des réfugiés et qui pourraient servir de leçons apprises.

 

Ce Policy Brief est produit dans le cadre de la série de Policy Briefs «Répondre aux défis du COVID-19 en Méditerranée» qui est réalisée en partenariat entre le FEMISE et le Centre pour l’Intégration Méditerranéenne (CMI).

The views expressed in this Brief are those of the authors and do not reflect the views of CMI or FEMISE. The contents have not been subjected to verification by CMI or FEMISE and their publication does not reflect ownership by CMI or FEMISE.

TNS/ FEMISE Policy Brief no.3: La Demande Croissante de L’Apprentissage en Ligne dans le Sud de la Méditerranée : Une Opportunité pour les Entrepreneurs

Les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) constituent environ 95% du total des entreprises de la région du Sud de la Méditerranée et sont considérées comme les forces motrices de la croissance économique, de la création d’emplois et de la croissance verte et inclusive. Les entrepreneurs, en particulier les start-ups, sont encore confrontés à de nombreux défis lorsqu’il s’agit de créer, promouvoir et gérer leurs entreprises. L’accompagnement de ses entrepreneurs à travers des initiatives innovatrices et la valorisation des écosystèmes dans lesquels ils opèrent contribueront à leur développement. A leur tour, les entrepreneurs contribueront à la réalisation de plusieurs Objectifs de Développement Durable (ODD). C’est dans ce contexte que le projet Next Society (TNS) et le FEMISE ont décidé de lancer cette initiative pour produire « The Next Society Policy Briefs Series ». Cette série de Briefs vise à mieux comprendre les défis auxquels sont confrontés les entrepreneurs (à travers le prisme des entrepreneurs eux-mêmes) et à fournir des recommandations politiques opérationnelles sur mesure. Ces Briefs reposent sur un travail collaboratif et un échange de connaissances et d’expériences entre le(s) chercheur(s)/auteur(s) et le(s) entrepreneur(s), dont beaucoup ont bénéficié du projet TNS, garantissant leur pertinence et leur impact.

Le troisième TNS/ FEMISE Policy Brief, intitulé « La Demande Croissante de l’Apprentissage en Ligne dans le Sud de la Méditerranée : Une Opportunité pour les entrepreneurs », Najeh Aissaoui, Université de Carthage, et Dhekra Najar, Université de Manouba est disponible (en anglais) en cliquant ici

Résumé :

Le e-learning est l’une des plus grandes révolutions du secteur de l’éducation qui a remodelé le processus d’apprentissage. Aujourd’hui, le marché mondial de l’apprentissage en ligne connaît une croissance exponentielle et devrait atteindre 370 milliards de dollars américains d’ici 2026, contre 226 milliards de dollars américains en 2020 (ce chiffre inclut les secteurs universitaire, gouvernemental et des entreprises). La crise sanitaire a modifié le fonctionnement des systèmes éducatifs à travers le monde. Dans la région du Sud de la Méditerranée, la transition vers l’apprentissage en ligne et la continuité pédagogique pendant les périodes de confinement ont montré la fragilité et l’impréparation du système éducatif dans ces pays. Les lacunes sont principalement liées aux faiblesses de l’offre et de la demande d’e-learning, en plus des défis institutionnels, financiers et infrastructurels. Des stratégies de réforme et des plans d’action sont donc nécessaires pour permettre à ces pays de rattraper cette tendance croissante.

Ce policy brief vise à promouvoir le secteur de l’e-learning dans la région en fournissant tout d’abord une vue d’ensemble du secteur et en identifiant certains des principaux défis auxquels ce secteur est confronté dans la région Sud Med. La note met ensuite en lumière l’histoire de deux entrepreneurs qui ont créé leur propre start-up d’e-learning dans le but de contribuer à trouver des solutions aux problèmes existant dans leurs communautés. Ces entrepreneurs, qui ont pris part au projet The Next Society (TNS) financé par la Commission européenne, ont répondu à un questionnaire qui a permis de recueillir des informations sur leurs motivations, leurs défis et leurs recommandations. Le brief se termine par quelques recommandations opérationnelles basées sur l’analyse.

En bref, ces entrepreneurs ont mis en évidence les obstacles importants qui freinent l’expansion et le développement de l’industrie de l’e-learning dans la région. Ces obstacles sont les suivants : institutionnels, financiers, recherche de partenariats, culture et commercialisation, et accès aux infrastructures. Certaines recommandations politiques pratiques sont tirées de leurs expériences, qui pourraient contribuer à débloquer les potentiels des systèmes d’e-learning dans les pays du Sud-Med, en particulier après les contraintes de la crise Covid-19. Ces recommandations incluent la nécessité : de moderniser, rationaliser et simplifier les procédures administratives, de mener des réformes législatives, d’améliorer l’accès au financement, de mettre en pratique des outils alternatifs pour stimuler la création, de promouvoir le partenariat national et international, et d’investir dans les jeunes ce qui conduit à changer les mentalités et les préjugés sur l’e-learning et le développement des compétences.

Regardez cette vidéo (sur youtube) de l’auteur du Brief et des entrepreneurs qui partagent leurs expériences, souligne les défis et fournit des recommandations et des leçons apprises.

 

 

*Ce Policy Brief est produit dans le cadre de la série de Policy Briefs TNS/FEMISE sur “l’entreprenariat dans les pays du sud de la Méditerranée” qui est réalisée en partenariat entre FEMISE et ANIMA Investment Network.

*Ce Policy Brief a été produit avec le soutien financier de l’Union européenne. Le contenu de ce Brief relève de la seule responsabilité des auteurs et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.”

COVID-19 MED BRIEF no. 12: COVID-19, enseignement à distance et fracture numérique : Quelles mesures prendre pour la Tunisie ?

La récente crise du coronavirus menace les santés, les économies et les sociétés de tous les pays. Dans les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée la lutte contre la pandémie est encore plus compliquée. Une coopération et des stratégies UE-Med dans des secteurs clés sont nécessaires. Par conséquent, le Centre pour l’intégration méditerranéenne (CMI) et le FEMISE ont décidé d’unir leurs forces et de lancer leur série conjointe de Policy Briefs intitulée «COVID-19 MED BRIEFS»pour ouvrir la voie à des analyses et recommandations politiquement pertinentes.

Le douzième COVID-19 MED BRIEF, intitulé «COVID-19, enseignement à distance et fracture numérique : Quelles mesures prendre pour la Tunisie ?», par Najeh Aissaoui, professeur, Ecole Supérieure de Communication de Tunis (SUP’COM), Université de Carthage, est disponible en cliquant ici

Résumé  Cette note de politique présente quelques résultats préliminaires de certaines études lancées récemment pour évaluer l’efficacité de la stratégie éducative d’e-learning, adoptée au milieu scolaire pour assurer la continuité pédagogique en période de crise. La fermeture des établissements universitaires en Tunisie en raison de la pandémie du COVID-19 a mis à nu l’existence d’une forte fracture numérique et a mis aussi en relief la difficulté de l’adoption d’e-learning comme approche alternative en période de crise. Nous montrons que l’enseignement à distance sous sa forme actuelle creusera certainement les inégalités existantes entre les apprenants. Nous avançons certaines recommandations pour un usage efficace du programme d’enseignement à distance (EAD) (durant et après la crise). Celles-ci peuvent concerner, non seulement la Tunisie, mais tout pays de la région EuroMed qui dispose d’un profil technologique semblable.

 

 

Ce Policy Brief est produit dans le cadre de la série de Policy Briefs «Répondre aux défis du COVID-19 en Méditerranée» qui est réalisée en partenariat entre le FEMISE et le Centre pour l’Intégration Méditerranéenne (CMI).

The views expressed in this Brief are those of the authors and do not reflect the views of CMI or FEMISE. The contents have not been subjected to verification by CMI or FEMISE and their publication does not reflect ownership by CMI or FEMISE.

Inadéquation de l’éducation en Afrique du Nord: déterminants et impact (rapport FEM44-13)

À l’aide de l’enquête SAHWA, le présent document examine les déterminants et l’impact de l’inadéquation éducation-emploi dans trois pays d’Afrique du Nord. Les résultats montrent que les hommes et les travailleurs peu scolarisés sont plus susceptibles de se retrouver dans une situation incomparable. La présence de chômeurs dans le ménage a des effets ambigus (positifs en Algérie et négatifs en Tunisie). Les jeunes vivant en zone urbaine sont moins susceptibles de se trouver dans la «situation incomparable» par rapport aux jeunes vivant en zone rurale. L’analyse de la répartition des salaires par types d’emplois “jumelés” et “inégalés” montre une différence entre les pays, avec un écart positif important au Maroc, un écart réduit en Algérie et aucune différence entre les emplois appariés et inégalés en Tunisie. L’estimation des déterminants des salaires montre que les jeunes qui se trouvent dans la situation inégalée gagnent en moyenne moins que les jeunes qui se trouvent dans la «situation équivalente», du moins dans le cas de l’Algérie et du Maroc. Les résultats montrent également que les hommes dans une situation incomparable gagnent plus que les femmes dans la même situation.

FEMISE MedBRIEF 26: ” L’inégalité des Chances dans la petite enfance en Méditerranée”

Moundir LASSASSI, Valérie BERENGER & Touhami ABDELKHALEK

La série MED BRIEF ambitionne de fournir une réflexion novatrice  pour la région Euro-Med. Les Briefs contiennent une analyse succincte et politiquement pertinente sur d’importantes questions EuroMed et présentent aux décideurs politiques les points de vue des chercheurs et des partenaires du réseau FEMISE.

Le FEMISE MED Brief intitulé “L’inégalité des Chances dans la petite enfance dans 6 pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée”, est disponible au téléchargement en cliquant ici.

 

Résumé

La petite enfance est la période la plus importante pour le développement humain. Cependant, les pays ont tendance à sous-investir dans cette phase de développement, en particulier au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA). Les enfants sont confrontés à des opportunités inégales de se développer en raison des circonstances de leur naissance. Cette recherche  analyse les inégalités de chances dans le développement de la petite enfance dans trois pays du sud de la Méditerranée (Algérie, Maroc et Tunisie) ainsi que dans trois pays d’Europe orientale non membres de l’Union Européenne (UE) (Bosnie, Serbie et Ukraine). Les résultats démontrent qu’il existe une inégalité substantielle des chances dès le début de la vie. Diverses circonstances influent sur les inégalités précoces, notamment le niveau de vie du ménage, l’éducation de la mère et les différences géographiques.

La liste des FEMISE MED BRIEF est disponible ici.

 

Le Policy Brief a été réalisé avec l’aide financière de l’Union européenne dans le cadre du programme FEMISE. Le contenu de ce document relève de la seule responsabilité des auteurs et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.

Med Change Makers e06 : Alexandra FLAYOLS, Education & insertion des jeunes de Marrakech

 

FEMISE a récemment lancé sa série d’entretiens «Med Change Makers».

Les «Med Change Makers» sont des entretiens (texte et vidéo) qui permettent aux chercheurs FEMISE dynamiques d’illustrer comment leur recherche aborde une question politiquement pertinente et comment elle contribue au processus d’élaboration des politiques dans la région Euro-Méditerranéenne.

 

Le rôle clé de l’éducation dans l’insertion professionnelle des jeunes de la région de Marrakech 

Entretien avec Alexandra Flayols, Université de Toulon, FEMISE

Le FEMISE a récemment publié le Policy Brief « Le rôle clé de l’éducation dans l’insertion professionnelle des jeunes de la région de Marrakech »

Auteur du MED BRIEF, Dr. Alexandra Flayols souligne le rôle important de l’éducation secondaire dans l’accès à un emploi rémunéré. Cependant, beaucoup de jeunes abandonnent tôt leurs études. L’analyse des motifs d’arrêt des études est primordiale afin que les pouvoirs publics puissent mettre en place des mesures efficaces. Entretien :

1. Dans ce policy brief, l’accent a été mis sur les obstacles en amont à l’insertion professionnelle des jeunes, à savoir l’éducation. N’y a-t-il pas d’autres facteurs clés freinant cette insertion? Alors, pour quelles raisons est-il plus optimal d’investir dans l’éducation?

L’éducation n’est évidemment pas le seul facteur influençant l’insertion professionnelle des jeunes marocains. Plusieurs études ont mis en évidence l’existence d’autres facteurs pouvant contraindre l’insertion professionnelle des jeunes. Parmi ces facteurs ont peut citer une précédente expérience professionnelle, la situation financière du jeune, sa mobilité, la catégorie socioprofessionnelle de ces parents, les politiques actives du marché du travail…

En ce qui concerne les facteurs pouvant plus spécifiquement être rattachés au cas marocain, le lieu de résidence peut par exemple contraindre l’insertion professionnelle des jeunes. La région de Marrakech-Tensift-Al Haouz (MTH) qui fait l’objet de cette étude est principalement rurale (198 communes rurales contre 18 urbaines). Bien que l’enquête OCEMO (2008) exploitée dans ce travail ne permette pas de distinguer le lieu de résidence faute de données, nos résultats montrent un impact différentié du niveau d’éducation en milieu urbain et en milieu rural. De plus, le manque de création d’emplois dans le secteur privé alors même que l’on observe une dynamique moins forte de la demande de travailleurs dans le secteur public, qui jusque dans les années 1990 était le principal employeur des travailleurs qualifiés constitue un frein à l’insertion supplémentaire.

Nous avons choisi de nous focaliser sur l’éducation car outre le fait qu’il s’agit d’un facteur déterminant de l’insertion professionnelle, c’est une problématique centrale au Maroc qui connaît des difficultés dans ce domaine. De plus, le fait que le diplôme ne constitue pas une protection contre le chômage au Maroc, comme c’est le cas dans les pays développés nous pousse à porter une attention particulière à cette problématique. L’investissement dans l’éducation est devenu une norme dans les pays développés toutefois, s’il est important afin de permettre aux économies de monter en gamme dans la chaine de valeur internationale, il n’est pas pour autant une condition suffisante dans l’accès à l’emploi. L’adéquation entre les formations et le marché du travail est ainsi particulièrement importante. La qualité de l’éducation est également primordiale et est très critiquée au Maroc.

2. Qu’elles sont les principaux motifs que vous avez identifiés pour l’abandon des études par les jeunes au Maroc ?

La raison financière est la première qui pousse les jeunes marocains à abandonner leurs études (23%). Suivie par la lassitude (21%) et des résultats scolaires insuffisants (15%). Les motifs d’abandon de la scolarité sont révélateurs des difficultés rencontrées dans le système éducatif et peuvent aussi permettre aux pouvoirs publics de cibler leurs interventions. Ainsi, en regroupant les différents motifs d’arrêts selon qu’ils soient volontaires ou involontaires nous avons pu constater que 60% des jeunes subissent l’arrêt des études ; ce taux atteint même 67% en milieu rural. Nous avons pu observer d’autres disparités selon le milieu de résidence, mais également en fonction du genre. Les jeunes filles en milieu rural subissent ainsi plus souvent la décision de leurs parents qui ne souhaitent pas qu’elles poursuivent leurs études (12% contre 6% en milieu urbain). L’éloignement de l’école est également un motif important d’arrêt des études puisqu’il concerne 19% des jeunes en milieu rural contre à peine 4% en milieu urbain.

3. Vous avez précisé que le niveau d’étude secondaire est un pré-requis important pour les jeunes, à la fois, pour améliorer leur probabilité de continuer les études et leur chance d’être mieux inséré professionnellement. Donc quel est à votre avis le meilleur moyen pour rendre l’éducation secondaire plus attractive aux jeunes?

L’un des premiers moyens qui pourraient être mis en œuvre concerne la qualité de l’éducation qui comme nous l’avons vu à la question précédente pourrait être un moyen d’inciter les jeunes à poursuivre leurs études. Ces dernières années, les écoles privées ont connu un essor important au Maroc or, leur qualité reste contestable et le prix élevé renforce les inégalités d’apprentissage entre les élèves de famille aisée et ceux issus d’une couche sociale plus modeste. La qualité de l’éducation passe aussi bien par son contenu que l’encadrement et la création de nouvelles écoles. La langue d’apprentissage est par exemple une cause non négligeable des difficultés de certains jeunes. Ainsi, le français qui jusque-là était considéré comme une langue étrangère est désormais utilisée comme langue d’enseignement dans le supérieur pour les filières scientifiques et l’économie. L’orientation des jeunes qui n’ont pas le niveau attendu en français est alors contrainte.

Il apparaît également primordial de porter une attention particulière aux débouchés des filières proposées que ce soit pour l’enseignement général ou la formation professionnelle. Cela pourrait constituer une motivation supplémentaire pour les jeunes de poursuivre dans ces filières. Enfin, la mise en place de passerelles dans le système éducatif pourrait également diminuer le nombre d’abandons car les jeunes pourraient se réorienter plus facilement.

4. Comme vous l’avez souligné, certains arrêts d’étude sont involontaires. Quelles recommandations vous donneriez aux pouvoirs publics pour limiter ces cas ou au moins pour faciliter la transition de ces jeunes vers le milieu professionnel?

Parmi les motifs involontaires d’arrêt des études, la raison financière est la plus importante. Ces résultats indiquent l’existence d’une marge de manœuvre importante pour améliorer le taux de rétention des jeunes dans la région de MTH. Bien que les réformes de la fin des années 90 aient amélioré l’accès à l’éducation, ce dernier est encore restreint dans les zones rurales notamment pour les jeunes femmes. Il ne s’agit pas nécessairement d’augmenter les dépenses dans le secteur de l’éducation, mais de mieux cibler les mesures à l’exemple du programme Tayssir. Ce dernier vise à réduire l’absentéisme en accordant des bourses aux élèves assidus pour les ménages les plus démunis. La phase pilote menée dans certaines communes rurales laisse entrevoir des résultats positifs notamment dans les niveaux d’éducation les plus élevés. Nos résultats ont mis en évidence qu’une femme avec un niveau d’éducation au moins égal au secondaire a 1,7 fois plus de chance d’avoir accès à un emploi rémunéré or, leur accès à l’éducation est particulièrement contraint dans les régions rurales puisqu’elles ont 1,4 fois moins de chance d’avoir accès à un niveau d’éducation secondaire que les femmes en milieu urbain. Des mesures visant cette sous-population seraient donc bénéfiques.

De plus, l’hypothèse d’un manque d’encadrement ou d’enseignants ou encore, un contenu inadapté des enseignements pourrait expliquer cette lassitude ressentie par les jeunes ainsi que leur échec scolaire. La qualité de la formation des enseignants devrait donc être également au cœur des préoccupations du gouvernement marocain. Le taux d’encombrement des classes de seconde est également élevé ; des classes moins surchargées seraient sans doute favorables à un meilleur apprentissage.

Enfin, pour faciliter la transition vers le milieu professionnel des partenariats avec les entreprises pourraient être envisagés notamment en ce qui concerne les formations professionnelles. Cela permettrait de mieux cibler les besoins du marché du travail à l’image des SIVP[1] en Tunisie. Ces partenariats pourraient s’accompagner de mesures visant à favoriser l’embauche de ces jeunes pour lesquels l’entreprise aurait contribué à la formation.

5. N’y a-t-il pas différentes tendances dans la longueur des études et différents mécanismes derrière l’insertion professionnelle des jeunes femmes et des jeunes hommes? Est-ce que cela impliquerait des recommandations distinctes par genre?

Bien que l’accès à l’éducation ce soit amélioré pour les femmes il existe encore des disparités. Nous ne disposons pas de données précises sur la durée des études par genre. Toutefois, les estimations de Barro et Lee (2010) concluent à un écart de 1,67 année quant à la durée moyenne de scolarisation. De plus, le refus des parents concernant la poursuite des études est un motif important d’abandon des études pour les jeunes femmes notamment en milieu rural. La poursuite des études pour les jeunes femmes semble donc plus contrainte que celle des hommes. L’arrêt des études correspondant à la volonté de créer une famille est également cité par les jeunes femmes marocaines alors que ce motif ne l’est jamais par les hommes. Ce choix a nécessairement un impact sur l’insertion professionnelle des femmes que ce soit en raison d’un trop faible niveau scolaire si elles ont abonné leurs études trop tôt ou de la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle. Les mécanismes d’insertion professionnelle sont en effet différentiés selon le genre. Des études soulignent des différences à la fois dans la mise en œuvre des stratégies d’insertion professionnelle, mais également concernant l’éviction de certaines sphères professionnelles par exemple. Si les pouvoirs publics souhaitent améliorer l’accès au marché du travail des jeunes femmes, une attention particulière doit leur être portée.

[1] Stage d’Initiation à la Vie Professionnelle.

Le MED BRIEF est disponible au téléchargement en cliquant ici.

Propos recueillis par Constantin Tsakas

This activity received financial support from the European Union through the FEMISE project on “Support to Economic Research, studies and dialogues of the Euro-Mediterranean Partnership”. Any views expressed are the sole responsibility of the speakers.

FEMISE MED BRIEF no13 : “Les piliers de la réussite d’un système d’innovation national au Maghreb”

Sonia BEN SLIMANE (ESCP Europe) & Maarouf RAMADAN (KEDGE, FEMISE))

La série de Policy Briefs du FEMISE intitulée MED BRIEF ambitionne de fournir une réflexion novatrice  pour la région euro-méditerranéenne. Les Policy Briefs contiennent une analyse succincte et politiquement pertinente sur d’importantes questions EuroMed et présentent aux décideurs politiques les points de vue des chercheurs FEMISE et des partenaires du réseau.

Le dernier MED BRIEF sur “Les piliers de la réussite d’un système d’innovation national au Maghreb” est disponible ici.

Il est également disponible en arabe ici.

Résumé: La perspective d’une croissance économique soutenue par l’activité d’innovation s’est  révélée inefficace pour les pays du Maghreb (Maroc, Algérie et Tunisie). Notre analyse sous l’angle du système national d’innovation met en évidence les principales causes, telles que les faiblesses structurelles et le manque de temps nécessaire à la coordination des acteurs de l’innovation. Nos recommandations sont basées sur la proposition d’un modèle approprié d’innovation systémique qui prend en compte les spécificités de ces trois pays. Les piliers du succès de ce modèle sont d’abord «structurels»: mettre en place des «structures de soutien» efficaces pour l’innovation et l’esprit d’entreprise, offrant des outils appropriés et des services complémentaires; Deuxièmement, la «coordination»: des interactions cohérentes et coordonnées entre les acteurs de l’innovation publics et privés dans le développement de nouvelles méthodes de production et la diffusion des connaissances; Et troisièmement, la «gouvernance»: la réhabilitation du rôle du gouvernement dans l’éducation, pour assurer la cohérence globale des actions de l’acteur (règlementation protégeant l’innovation, financement de l’innovation, soutien des activités de recherche scientifique et un système éducatif favorisant le développement d’une nouvelle génération d’entrepreneurs innovants).

La liste des FEMISE MED BRIEF est disponible ici.

 

Le Policy Brief a été réalisé avec l’aide financière de l’Union européenne dans le cadre du programme FEMISE. Le contenu de ce document relève de la seule responsabilité des auteurs et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.

FEMISE MED BRIEF no12 : « Le rôle clé de l’éducation dans l’insertion professionnelle des jeunes de la région de Marrakech »

 

La série de Policy Briefs du FEMISE intitulée MED BRIEF ambitionne de fournir une réflexion novatrice  pour la région euro-méditerranéenne. Les Policy Briefs contiennent une analyse succincte et politiquement pertinente sur d’importantes questions EuroMed et présentent aux décideurs politiques les points de vue des chercheurs FEMISE et des partenaires du réseau.

 

Le dernier numéro de MED BRIEF “Le rôle clé de l’éducation dans l’insertion professionnelle des jeunes de la région de Marrakech” est disponible en cliquant ici.

 

Alexandra Flayols (Université de Toulon)

Résumé: Les difficultés des jeunes marocains, tant au niveau de leur insertion professionnelle qu’au sein du système éducatif nous ont conduit à nous interroger sur les contraintes pouvant peser sur ces jeunes dans la poursuite de leurs études et leur accès à un emploi rémunéré. Nos résultats soulignent le rôle important de l’éducation secondaire dans l’accès à un emploi rémunéré. Cependant, beaucoup de jeunes abandonnent tôt leurs études. L’analyse des motifs d’arrêt des études est primordiale afin que les pouvoirs publics puissent mettre en place des mesures efficaces.

La liste des FEMISE MED BRIEF est disponible ici.

 

Le Policy Brief a été réalisé avec l’aide financière de l’Union européenne dans le cadre du programme FEMISE. Le contenu de ce document relève de la seule responsabilité des auteurs et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.

Med Change Makers e04 : Myriam BEN SAAD, Complexification des systèmes productifs et transition

FEMISE a récemment lancé sa nouvelle série d’entretiens «Med Change Makers».

 Les «Med Change Makers» sont des entretiens (texte et vidéo) qui permettent aux chercheurs FEMISE dynamiques d’illustrer comment leur recherche aborde une question politiquement pertinente et comment elle contribue au processus d’élaboration des politiques dans la région Euro-Méditerranéenne.

 

 

La complexification des systèmes productifs comme vecteur de transition économique dans les pays MENA et le rôle des politiques de court terme

Dr Myriam Ben Saad, Université de Toulon (LEAD), Université Paris Sorbonne, FEMISE

Entretien avec Myriam BEN SAAD, Université du Sud Toulon-Var, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, économiste FEMISE

Le FEMISE vient de publier son projet de recherche FEM42-07, « La complexification des systèmes productifs comme vecteur de transition économique dans les MENA et le rôle des politiques de court terme”, coordonné par le LEAD, Université de Toulon.

Membre de l’équipe coordonnatrice du projet, Dr. Myriam Ben Saad fait partie des chercheurs FEMISE qui participent activement aux activités du réseau. Son travail montre l’importance de la complexité économique d’un pays pour créer davantage de croissance et d’emplois et esquisse des pistes de réflexions pour l’avenir dans les pays du Sud Méditerranéen.

  1. Votre rapport traite de la question de la complexification des systèmes productifs. Pourquoi cette question est importante pour le Sud de la Méditerranée ? 

Cette question est cruciale. Nous observons de fortes disparités économiques entre les pays qui s’expliquent en grande partie par un faible niveau de complexité économique. Cette dernière est parfois l’une des principales causes pour laquelle la croissance économique est limitée en Méditerranée. La structure productive d’un pays est aussi un paramètre décisif qui explique les inégalités de développement à l’intérieur d’un pays. Enfin, la structure productive peut permettre de mieux prédire la croissance économique future. Hélas, aujourd’hui nous avons très peu d’éléments sur les modèles et rythmes de complexification des systèmes productifs des pays MENA. Notre rapport cherche à remédier à cela. Nous essayons de comprendre pourquoi certains pays restent bloqués dans la classe de complexité intermédiaire et produisons des recommandations pour leur permettre de migrer vers une classe de complexité avancée qui engendre davantage de croissance et d’emplois.

  1. Le besoin de développer des secteurs innovants se fait sentir au Sud. Quelle est selon vos résultats la meilleure façon de procéder ? Avez vous des success-stories?

Il est important de se doter de politiques commerciales appropriées pour remédier aux défaillances du marché et surtout aux échecs institutionnels qui bloquent la compétitivité des exportations. Nous préconisons donc que les pays MENA s’engagent dans une stratégie volontariste de diversification des exportations en repensant leur politique commerciale pour en faire un levier de promotion du développement industriel et de transformation structurelle.

Ces pays auraient intérêt à orienter leurs politiques vers des objectifs de développement nationaux et régionaux en améliorant la liberté économique notamment grâce à des lois de simplification administrative. Cela contribuera à l’amélioration de l’environnement des affaires en lien avec une réforme du marché du travail visant à le rendre plus flexible, transparent et compétitif (loi travail).

Aussi, le développement de secteurs innovants (le soutien à certaines start-up, aux IDE, au développement de zones franches ou de zones d’entreprises technologiques) passe notamment par une politique d’incitation fiscale. Cela me fait penser à la récente expérience d’un jeune ingénieur franco-tunisien, installé en zone franche, qui a réussi à transformer la production de sel fin en pastilles de sel. Cette transformation productive a permis non seulement une création de plusieurs emplois qualifiés et non qualifiés mais également à une meilleure dynamique et intégration de la zone.

  1. Vous soulignez le besoin de réformer l’enseignement supérieur et professionnel. Que proposez vous comme solutions concrètes ?

Une pléthore d’outils pourrait être mise en place. Notament, il s’agirait de renforcer l’adéquation des formations par rapport aux nouveaux métiers, de développer les partenariats avec les universités étrangères (notamment européennes, asiatiques ou américaines), mais aussi de développer les partenariats public/privé et utiliser le système des diplômes délocalisés professionnalisés.

  1. L’amélioration de la gestion des ressources naturelles peut-elle contribuer à favoriser la croissance et l’emploi dans les pays du Sud et comment ?

Les pays MENA disposent de grandes réserves de ressources naturelles, essentiellement non renouvelables, parmi les plus importantes au monde. Malgré une importante exploitation commerciale de ces ressources, les pays MENA demeurent l’une des régions géologiques les moins connues et visibles de la planète. S’il faut en croire les récentes découvertes de gaz et de pétrole, l’abondance de ces ressources permettrait de financer l’agenda de transformation de la région MENA. Les ressources naturelles pourraient changer la donne, si elles étaient transformées.

La transformation peut être réalisée par la mise en place d’un éventail de politiques structurelles «intelligentes » c’est à dire : utiliser les bénéfices des ressources naturelles pour diversifier l’économie et la sophistiquer, développer de zones industrielles basées sur l’avantage comparatif dans les ressources naturelles, améliorer les politiques macroéconomiques pour gérer efficacement les risques associés à la volatilité des recettes en provenance des ressources naturelles etc.

  1. D’après vous, que devraient faire les Etats du Sud par ordre de priorité afin d’accélérer ce processus de sophistication de leurs économies ?

Ces dernières années ont été des plus difficiles pour les pays MENA, vu la gravité des défis à relever par cette région. S’il est vrai que le processus de transformation structurelle est entré depuis les deux dernières décennies dans une phase de progression, force est de constater que le processus n’en est qu’à ses débuts dans la région.

  • Pour se complexifier, l’amélioration du système éducatif et de formation, est le premier défi à relever. La formation du capital humain notamment avec l’accès à l’enseignement supérieur (ingénierie) pourrait faciliter le changement structurel et la modernisation productive.
  • L’amélioration de la qualité des institutions et de la vulnérabilité économique et structurelle, est le deuxième défi à relever. Dans cette région, certains pays ont des difficultés à mettre en place des mesures visant à transformer leurs structures productives en raison d’une corruption persistante ce qui érode leurs capacités.
  • Au niveau macroéconomique, il s’agirait en premier lieu d’alléger le système d’imposition des entreprises, notamment en faveur des investisseurs locaux. Au niveau microéconomique, il s’agirait plutôt de lancer des nouveaux programmes de développement et de projets d’envergures à destination des jeunes qui travaillent dans une entreprise et qui veulent y investir.

Ainsi, les pays de la région doivent trouver des solutions collectives et non individuelles pour mener des négociations commerciales plus favorables avec leurs partenaires commerciaux européens, ou encore mieux s’ouvrir et conquérir de nouveaux marchés, particulièrement le marché africain. Pour y parvenir, cette région devra trouver des complémentarités sectorielles pour défendre la compétitivité et les valeurs de la région à l’international.

Le rapport est disponible au téléchargement en cliquant ici.

Propos recueillis par Constantin Tsakas

Inégalité et croissance inclusive : l’éducation et l’innovation favorisent-elles la performance des entreprises et le bien-être ?

FEMISE a le plaisir d’annoncer la publication de son projet de recherche FEM42-10, «Inégalité et croissance inclusive dans la région sud méditerranéenne: les activités d’éducation et d’innovation favorisent-elles la performance des entreprises et le bien-être des citoyens?”

Le projet de recherche a été coordonné par Inmaculada Martinez-Zarzoso (Université Jaume I et Université de Göttingen) et comprend les trois articles suivants:

Les Rendements de l’Enseignement Professionnel et Universitaire en Egypte

Alors que les compétences tertiaires sont importantes pour la croissance dans les pays développés, ce sont l’enseignement primaire et secondaire qui sont liés au développement dans les pays en développement. Malgré l’expansion substantielle de l’enseignement technique et professionnel en Égypte, le marché du travail manque de techniciens qualifiés non seulement en nombre mais aussi en termes de compétences. Cet article examine l’impact de l’éducation sur les résultats du marché du travail égyptien, en mettant l’accent sur les rendements de l’enseignement secondaire professionnel et technique en 1998, 2006 et 2012. Nous fournissons des estimations des taux de rendement progressif de l’éducation basés sur des équations de gains corrigées du biais de selection (selectivity corrected earnings equations) et des régressions quantiles qui renforcent l’idée que l’enseignement technique a généralement réduit les inégalités en Egypte. La principale implication politique de l’analyse de ce document est que la qualité de l’enseignement professionnel et sa pertinence sur le marché du travail demeurent la clé d’une réforme efficace. Encourager les entreprises privées à investir dans l’enseignement professionnel sera peu utile si les apprentis sont toujours confrontés à la stigmatisation sociale qui les relègue à des emplois mal rémunérés. Par conséquent, une recommandation politique serait de concevoir des mesures gouvernementales pour améliorer «l’image» de l’enseignement professionnel en Egypte

Écart entre les sexes et Performance des Entreprises dans les Pays en Développement

Ce document utilise des données au niveau des entreprises issues de l’Enquêtes sur les Entreprises de la Banque Mondiale (WBES) pour étudier les écarts de productivité entre les entreprises gérées par des hommes et des femmes dans les pays en développement et comparer les résultats obtenus dans différentes régions du monde. Nous nous distinguons de la littérature précédente en utilisant comme variable cible le genre du top manager, variable nouvellement disponible dans la version 2016 du WBES. Les principaux résultats indiquent qu’il est crucial de faire la distinction entre la gestion féminine et la propriété feminine d’une entreprise, ainsi que la jonction entre les deux. Nous constatons que lorsque les entreprises sont gérées par des femmes et qu’il n’y a pas de femmes propriétaires, ells affichent une productivité moyenne du travail et une PTF plus élevées. Cependant, si des femmes font parties des propriétaires et qu’une femme est le dirigeant principal, alors leur productivité est inférieure à celle des autres entreprises. Ces résultats sont très hétérogènes entre les régions. En particulier, les résultats en Afrique du Sud, en Asie de l’Est et en Asie du Sud semblent conduire aux résultats généraux, tandis qu’en Amérique latine, en Europe de l’Est et en Asie centrale, la participation des femmes à la propriété semble être négativement liée à la performance des entreprises.

Convergence réelle entre la PEV et les pays d’Europe du Sud : une analyse par grappe

Cet article analyse le modèle de convergence du PIB par habitant, de la productivité, de l’inégalité et du chômage dans les pays de la PEV et d’Europe du Sud (SE). Il suit la méthodologie proposée par Phillips et Sul (2007, 2009) dans laquelle différents chemins de convergence peuvent être distingués parmi les économies hétérogènes impliquées dans un processus de convergence. Cette hétérogénéité est modélisée à l’aide d’un modèle non linéaire à facteurs variant dans le temps (nonlinear time varying factor model) qui offre une flexibilité dans l’étude des comportements idiosyncratiques au cours du temps et d’une section à l’autre. Les principaux résultats de l’analyse de la convergence montrent que s’il existe une convergence du chômage, du PIB par habitant et de la productivité entre les pays de l’UE et de la PEV, mais aucune convergence n’est constatée concernant les inégalités. Parmi les défis d’un voisinage en évolution, le développement économique inclusif devrait être inclus dans la nouvelle approche de la PEV.