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FEMISE MedBRIEF 28:  » Migration, avantages comparatifs et diffusion des connaissances »

Dr. Anna M. Ferragina, CELPE, University of Salerno, FEMISE

La série de Policy Briefs du FEMISE intitulée MED BRIEF ambitionne de fournir une réflexion novatrice  pour la région euro-méditerranéenne. Les Policy Briefs contiennent une analyse succincte et politiquement pertinente sur d’importantes questions EuroMed et présentent aux décideurs politiques les points de vue des chercheurs FEMISE et des partenaires du réseau.

Le dernier MED BRIEF sur « Migration, avantages comparatifs et diffusion des connaissances dans la région UE-Méditerranée  » est disponible ici (en anglais). 

 

Résumé: Dans ce Policy Brief, nous rapportons les résultats d’un projet qui étudie l’impact potentiel des flux migratoires entre la région MENA et l’UE sur leurs relations commerciales. Nous explorons le lien entre immigration et émigration avec la marge intensive (IM) et la marge de commerce étendue (EM). La principale nouveauté consiste à essayer de distinguer les canaux de transmission des connaissances des effets de réseau et de préférence en relation avec les flux migratoires. L’analyse est effectuée en vérifiant les effets de la migration sur le degré de technologie incorporé dans les biens commercialisés dans l’UE en prenant en compte les classes de technologie faible, moyenne et élevée. Nos résultats et nos implications politiques sont importants pour exploiter le partenariat euro-méditerranéen au service de la prospérité, de la croissance et de l’emploi. Ils intéressent également les décideurs politiques en matière de politique migratoire, les négociateurs commerciaux, la société civile et les entreprises.

La liste des FEMISE MED BRIEF est disponible ici.

 

Le Policy Brief a été réalisé avec l’aide financière de l’Union européenne dans le cadre du programme FEMISE. Le contenu de ce document relève de la seule responsabilité des auteurs et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.

Inclusion financière et stabilité dans la région MED (rapport FEM44-01)

Malgré une croissance significative de la rentabilité et de l’efficacité, le système bancaire bien établi du Moyen Orient (MED) semble incapable de couvrir de vastes segments de la population, notamment les groupes les plus défavorisés. Pour ce faire, il incombe aux responsables politiques de la région de créer de réelles opportunités pour l’inclusion financière, afin de réduire la pauvreté et les inégalités de revenu. La question empirique de ce projet de recherche est de savoir si les pays MED sont parvenus à atteindre cet objectif. Ce papier évalue empiriquement l’impact de l’inclusion financière sur l’inégalité de revenu, la pauvreté et la stabilité financière dans la région MED, en utilisant des modèles économétriques GMM et GLS sur un échantillon de six pays (Algérie, Egypte, Jordanie, Liban, Maroc et Tunisie). La littérature empirique sur le sujet et pour cette région est assez restreinte. Ce papier contribue donc à cette littérature en comblant un manque important, tout particulièrement à la suite des récentes crises, financière et de la dette, et des récents troubles politiques, sociaux et militaires qui ont frappé plusieurs pays MED.

Nos résultats empiriques montrent que l’inclusion financière réduit les inégalités mais n’a pas d’impact significatif sur la pauvreté. D’autre part, l’inflation et la taille de la population augmentent à la fois les inégalités et la pauvreté. D’autres résultats indiquent que le taux d’enrôlement dans le secondaire, le taux de participation des femmes au marché du travail et l’ouverture aux échanges contribuent significativement à la réduction de la pauvreté. Nous trouvons également qu’une intégration financière renforcée est un facteur aggravant de l’instabilité financière, quand l’accélération de l’inclusion financière et l’accroissement de la population contribuent positivement à la stabilité financière. Cette étude a également établi qu’un meilleur accès aux services financiers contribue positivement à la résilience du système bancaire ayant comme base de financement les dépôts. Ceci est particulièrement important en périodes de crises financières. L’amélioration de la capacité de résilience du financement bancaire participe à la stabilité générale du secteur bancaire et au soutien de l’ensemble du système financier. Comme l’ont montré les récentes crises, de la dette et financière, la libéralisation et l’inclusion dans la région MED ne conduisent pas toujours à la réduction de la pauvreté et à l’amélioration de la stabilité financière. Nos résultats empiriques ont d’importantes implications politiques. Les responsables politiques devront trouver un compromis et décider s’ils souhaitent opter pour des réformes qui encouragent le développement financier (inclusion financière, innovation, accès aux services financiers, etc…) ou s’ils préfèrent mettre l’accent sur de nouvelles améliorations dans le domaine de la stabilité financière. Toutefois, des synergies entre la promotion du développement financier, l’inclusion et la stabilité financière peuvent exister. Les résultats de cette étude pourraient favoriser la mise en œuvre d’une meilleure politique de réforme du secteur financier en démontrant combien l’accroissement de l’utilisation du système bancaire peut avoir un impact direct sur la répartition des revenus.

Les tentatives récentes et insuffisamment coordonnées de libéralisation ont rendu les secteurs financier et bancaire MED plus vulnérables aux récentes crises de la dette et financière. En particulier, les tentatives précipitées de libéralisation et d’intégration financière des marchés financiers égyptien, jordanien et marocain avec des marchés américains et européens plus matures ont eu des conséquences désastreuses sur leurs secteurs bancaires et leurs marchés boursiers. Pour décider s’il convient de se concentrer sur des réformes de promotion du développement financier (inclusion financière, innovation, accès aux services financiers, etc…) et de réduire la pauvreté et l’inégalité de revenu ou sur des améliorations dans le domaine de la stabilité financière, les décideurs politiques devront faire des choix entre libéralisation financière, intégration et stabilité financière. Des politiques de libéralisation financière soigneusement conçues doivent être mises en place en temps opportun pour ne pas déstabiliser le système financier. Par ailleurs, les dernières crises, financière et de la dette, ont démontré que la libéralisation financière et son développement ne conduisent pas toujours à la diminution de la pauvreté et des inégalités, ou à stimuler la croissance et le développement. Au contraire, et dans de nombreux cas, les politiques visant à favoriser le développement financier et les innovations ont provoqué des recessions et eu des effets préjudiciables sur la croissance et le développement de nombreux pays MED, où l’écart entre riches et pauvres s’est creusé encore davantage.

La région MED se trouve à un tournant décisif, avec des changements qui bouleversent un grand nombre de ces pays et créent un environnement favorable à la réforme économique et financière. Ayant manqué un certain nombre d’opportunités de réduire la pauvreté et les inégalités, d’introduire de vastes réformes financières et institutionnelles, et de réaliser des progrès substantiels en termes d’inclusion financière, les pays MED doivent déployer davantage d’efforts dans le futur. Les mouvements sociaux dans la région et les séries antérieures de crises financières ont dévoilé les faiblesses de leur modèle de développement financier et soulevé la question de comment réformer le plus efficacement les politiques financières et créer l’espace nécessaire pour répondre au mieux aux besoins de tous dans la société, pour atteindre même les plus défavorisés. Le rythme lent de développement financier et les politiques de libéralisation adoptées dans la plupart des pays MED dans le passé ont toutefois donné un niveau de croissance économique acceptable, et permis d’atteindre les objectifs de stabilité économique et financière. Les booms pétroliers ont généré des taux de croissance acceptables, avec de meilleurs résultats pour les pays producteurs de pétrole que pour ceux moins développés. Néanmoins, l’impact de telles politiques économiques et financières n’a pas conduit aux résultats escomptés en termes de développement humain, de réduction de la pauvreté et de stabilité financière. La croissance n’a pas été inclusive et a creusé l’écart entre les riches et les pauvres, ce qui est particulièrement le cas en Egypte et au Maroc. En fait, pour certain, la libéralisation financière a aggravé l’instabilité financière. A la lumière d’une réévaluation critique des accomplissements et échecs des pays MED, une nouvelle approche de développement financier doit être adoptée. Ce nouveau modèle doit être plus holistique, intégrant les sphères financières et sociales, et être combiné à des institutions financières fortes. Il est essentiel que les politiques se développent pour accueillir ces sphères en les plaçant à un même niveau d’importance, et au service d’une vision de long terme axée sur le développement financier.

Le nouveau modèle doit repenser les politiques financières pour qu’elles intègrent des priorités de développement et opérer des changements structurels. Les politiques financières devront être redéfinies pour atteindre non seulement la stabilisation financière, un ajustement et la croissance économique, mais également pour amorcer la transformation requise et générer une croissance généralisée, inclusive et durable. Dans ce contexte, les instruments politiques tels que le développement financier et l’inclusion, la diversification et la libéralisation du secteur financier devront être traités avec attention. En même temps et dans le cadre de ce nouveau paradigme, les politiques financières ne devront pas se dispenser de répondre aux objectifs de la politique sociale où les intérêts et le bien-être de tous dans la société doivent être la cible. Il est donc de prime importance de garantir que la politique sociale soit indissociable des politiques de développement financier pour induire les transformations nécessaires et assurer l’inclusion financière et la croissance économique. Si les sphères sociales et financières doivent être reliées pour créer des synergies, ce nouveau modèle de développement financier n’atteindra pas ces objectifs si les réformes politiques et institutionnelles restent superficielles. Enfin, pour réduire durablement la pauvreté et les inégalités il faut admettre que les politiques, les institutions, les politiques financières et socio-économiques sont étroitement liées et ont un impact les unes sur les autres. Coordonner les politiques financières et sociales et les réformes institutionnelles et politiques induira des changements positifs et durables en vertu d’une vision de développement financier clairement définie.

Réponses des entrepreneurs sociaux à la crise des réfugiés en Jordanie et au Liban (rapport FEM44-12)

Après le déclenchement de la guerre civile en Syrie en 2011, environ 1,5 million et 1,3 million de réfugiés syriens ont respectivement cherché refuge au Liban et en Jordanie (Reuters, 2017; Ghazal, 2017). Dans la mesure où la Jordanie compte près de 10 millions d’habitants et le Liban, moins de 7 millions (World Bank, 2018), l’afflux soudain et inattendu de réfugiés a bouleversé les capacités d’absorption de ces deux pays bien au-delà de leurs limites, tout en exigeant une aide humanitaire considérable, tant à l’égard des réfugiés que des communautés d’accueil. Dans leurs efforts visant à gérer cette situation, les autorités des deux pays ont reçu le soutien de la communauté internationale et de la société civile. De manière croissante, le secteur privé est lui aussi intervenu (Berfond et al., 2019). Parmi les nombreuses institutions et individus qui s’efforcent d’améliorer cette situation, un nombre croissant d’acteurs non-conventionnels, les entrepreneurs sociaux, ont pu être observés.

Dans ce contexte, l’étude exploratoire visait principalement à examiner la manière dont les entrepreneurs sociaux en Jordanie et au Liban ont pu aider à atténuer la crise des réfugiés dans les deux pays. Dans notre conceptualisation de l’entreprise sociale (ES), nous avons suivi une approche de Cerritelli et al. (2016). Au lieu d’adopter une définition unique de l’entrepreneuriat social, nous avons considéré les ES comme des entités présentant les caractéristiques suivantes : i) essentiellement axées sur la création d’une valeur sociale plutôt que sur la création d’une valeur purement marchande, ii) être viable financièrement ou chercher à atteindre cet objectif, et iii) s’identifier en tant qu’entreprise sociale. Cette approche a permis une meilleure représentation des différents types d’initiatives d’entrepreneuriat social, tout en tenant compte des différences qui peuvent exister entre les ES basées dans les pays occidentaux et celles de la région MENA (comme suggéré par Tauber, voir dans le développement).

Nos principales conclusions, élaborées à la suite d’une revue de littérature approfondie et de consultations auprès des différentes parties prenantes (29 entretiens avec des ES et organisations de soutien [OS], un focus group, et un groupe de discussion avec les parties prenantes lors d’un workshop) sont que, en dépit des nombreux obstacles que les entrepreneurs sociaux surmontent pour atteindre leurs objectifs, l’évaluation de l’impact réel de leurs actions est rendue difficile au regard de l’absence de mécanisme permettant de mesurer l’impact social de leurs actions.

Le fait que la majorité des entreprises sociales examinées sont relativement jeunes et qu’elles se sont établies pour la plupart au cours des cinq dernières années représente une difficulté supplémentaire pour mesurer leur succès.

Dans le même temps, nous avons constaté que les données empiriques suggèrent que les réfugiés des deux pays tirent profit des actions menées par les ES de plusieurs manières. En premier lieu, les ES offrent des opportunités d’emploi, aident les réfugiés à commencer une nouvelle carrière ou à la reprendre là où ils l’avaient laissée dans leur pays d’origine. Les opportunités offertes sont particulièrement précieuses pour les femmes réfugiées, qui éprouvent des difficultés pour gérer à la fois responsabilités familiales et vie professionnelle tout en faisant face à diverses contraintes de nature socioculturelle. Les ES sont idéalement positionnées pour aider à l’intégration des réfugiés sur le marché du travail, car, à la différence des entreprises à but purement lucratif, elles peuvent satisfaire leurs besoins spécifiques en se concentrant sur l’impact social de leur travail plutôt que sur la focalisation du profit au sens strict (en offrant par exemple, des services de garde d’enfants gratuits à leurs employées). De plus, contrairement aux organisations à but non-lucratif, elles peuvent créer des emplois durables qui ne dépendent pas (entièrement) du financement de donateurs. Enfin, le degré de réussite des SE dans leur travail dépend, hélas, dans une large mesure des politiques relatives au marché du travail de leurs gouvernements respectifs. La question de l’octroi de permis de travail aux réfugiés est extrêmement délicate en Jordanie et au Liban, deux pays qui doivent déjà faire face à des taux de chômage élevés parmi la population native. Récemment, le Liban a notamment introduit des mesures qui peuvent s’avérer extrêmement difficiles à surmonter de la part des ES qui souhaiteraient intégrer des réfugiés sur les marchés du travail locaux.

Une autre catégorie d’ES s’est concentrée sur la fourniture de biens et de services qui permettraient de faciliter la vie quotidienne des réfugiés (et d’autres franges de la population) : de l’offre de solutions éducatives innovantes, en passant par l’élaboration de dispositifs sanitaires, jusqu’à la conception d’abris temporaires fonctionnels. Ces derniers ont toutefois, eux aussi, subi les effets négatifs des cadres institutionnel et réglementaires existants.

Dans l’ensemble, les ES sont confrontées à plusieurs défis liés à la bureaucratie et à une législation inadéquate tels que : des taxes élevées, des procédures douanières complexes, des formalités administratives ou une réglementation excessive. Il est important de noter que le manque de reconnaissance légale d’une entreprise sociale en tant qu’entité juridique est un obstacle majeur qui oblige les entrepreneurs sociaux à choisir entre s’enregistrer comme i) organisation à but lucratif et doivent par conséquent renoncer à toute déduction fiscale, à la possibilité de recevoir des subventions et des dons (exonérés d’impôt) ainsi que d’autres avantages dont bénéficient généralement les associations à but non-lucratif ; elles peuvent sinon s’enregistrer comme ii) des associations à but non-lucratif, ce qui limite leurs possibilités de générer des revenus. Tout aussi préoccupant, la complexité de la législation existante ne semble pas bien comprise par les ES tout comme par les organisations de soutien.

Un autre obstacle majeur identifié par la grande majorité des personnes interrogées était l’obtention d’un financement pour leur développement et leur croissance. Les prêts bancaires et les microcrédits étant hors de leur champ d’application ou inenvisageable, la plupart des ES se sont tournés vers les dons, et l’épargne personnelle, même si la recherche d’un investisseur est, pour elles, la meilleure façon de progresser.

Enfin, le manque d’assistance adéquate de la part des organisations de soutien a été un facteur supplémentaire qui a nui aux ES, qui se sont notamment plaintes du fait que les programmes d’incubation disponibles étaient trop peu adaptés et imposaient des contraintes inutiles à leurs opérations quotidiennes. Alors même que certaines organisations de soutien ont reconnu ce problème, plusieurs considèrent que les entrepreneurs sociaux sont insouciants et peu enclins à apprendre.

Le monde de l’entreprenariat social en Jordanie et au Liban, et en particulier la section en charge du travail avec les réfugiés, est encore relativement peu développé, peu organisé et non structuré. Il est toutefois relativement certain que le fait de pouvoir avoir un impact positif sur les moyens de subsistance des réfugiés résidant dans les deux pays est réel. Bien que l’entrepreneuriat social ne soit pas la seule réponse à la crise des réfugiés ; à la faveur d’un environnement législatif favorable, il est susceptible de devenir un acteur important notamment grâce aux nouvelles technologies qui permettent aux ES d’intensifier leurs activités et de potentiellement maximiser leurs impacts.

Migration, avantages comparatifs et Diffusion des connaissances (rapport FEM44-11)

Dans l’ensemble, les résultats des estimations montrent que l’effet sur le commerce de l’immigration de la région MENA vers l’UE est toujours positif, tandis que celui de l’émigration de l’Union européenne vers la région MENA est négatif ou non significatif. Toutefois, les effets de l’immigration sur les échanges commerciaux entre les partenaires de l’UE et de la région MENA sont moins importants que pour les autres régions partenaires de l’UE. En outre, l’effet des migrations sur le commerce bilatéral est plus important dans les technologies de pointe que dans les technologies de pointe et de haute technologie. Si nous nous concentrons sur le commerce de l’UE avec les pays tiers, une mesure adoptée comme indicateur indirect du canal des débordements, nous observons que l’immigration en provenance de la région MENA accroît la marge intensive du commerce de l’UE dans les produits de moyenne technologie, mais pas la marge extensive et que l’émigration n’a pas impact significatif. Les interdépendances entre les politiques de migration et les politiques commerciales soulignées par les résultats de notre enquête sont significatives pour les politiques de migration des pays de l’UE à destination de la région MENA.

FEMISE MedBRIEF 26:  » L’inégalité des Chances dans la petite enfance en Méditerranée »

Moundir LASSASSI, Valérie BERENGER & Touhami ABDELKHALEK

La série MED BRIEF ambitionne de fournir une réflexion novatrice  pour la région Euro-Med. Les Briefs contiennent une analyse succincte et politiquement pertinente sur d’importantes questions EuroMed et présentent aux décideurs politiques les points de vue des chercheurs et des partenaires du réseau FEMISE.

Le FEMISE MED Brief intitulé « L’inégalité des Chances dans la petite enfance dans 6 pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée », est disponible au téléchargement en cliquant ici.

 

Résumé

La petite enfance est la période la plus importante pour le développement humain. Cependant, les pays ont tendance à sous-investir dans cette phase de développement, en particulier au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA). Les enfants sont confrontés à des opportunités inégales de se développer en raison des circonstances de leur naissance. Cette recherche  analyse les inégalités de chances dans le développement de la petite enfance dans trois pays du sud de la Méditerranée (Algérie, Maroc et Tunisie) ainsi que dans trois pays d’Europe orientale non membres de l’Union Européenne (UE) (Bosnie, Serbie et Ukraine). Les résultats démontrent qu’il existe une inégalité substantielle des chances dès le début de la vie. Diverses circonstances influent sur les inégalités précoces, notamment le niveau de vie du ménage, l’éducation de la mère et les différences géographiques.

La liste des FEMISE MED BRIEF est disponible ici.

 

Le Policy Brief a été réalisé avec l’aide financière de l’Union européenne dans le cadre du programme FEMISE. Le contenu de ce document relève de la seule responsabilité des auteurs et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.

Rapport EuroMed : Identification des obstacles à l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales des PME marocaines

Le nouveau Rapport EuroMed (Septembre, 2019) est maintenant disponible

Identification des obstacles à l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales des PME marocaines [1]

Le rapport est disponible au téléchargement ici.

 

L’objectif de ce rapport est d’identifier les obstacles à l’intégration des PME marocaines dans les chaînes de valeur mondiales. Ce nouveau rapport s’inscrit dans la continuité du précédent (Juin, 2019) parce qu’il traite à nouveau de questions qui concernent le secteur privé, mais propose cette fois-ci une analyse plus fouillée en ciblant un problème spécifique, celui de l’intégration des PME dans les chaînes de valeur globales, dans le cas d’un pays en particulier, le Maroc.

Ce choix nous a permis (i) de réaliser une analyse approfondie sur une problématique données, (ii) de travailler en collaboration étroite avec une institution marocaine partenaire de FEMISE (l’ISCAE) et le bureau de la Banque Africaine de Développement (BAD) à Rabat et (iii) d’appuyer notre rapport sur des études de cas réalisées auprès d’entreprises marocaines et sur un ensemble d’interviews et de réunions de travail auprès de représentations d’associations d’entreprises et de responsables d’organismes nationaux concernés par la problématique. Avant la finalisation des recommandations de politique économique, cette étude a aussi fait l’objet d’un atelier organisé à Rabat en présence de décideurs, d’entrepreneurs et de haut-fonctionnaires.

Le rapport, a été coordonnée par :

  • Patricia AUGIER (Présidente du Comité Scientifique du FEMISE et de l’Institut de la Méditerranée),
  • Vincent CASTEL (Economiste pays en chef – Maroc à la Banque africaine de développement – BAD) et
  • Tarik EL MALKI (Professeur de Management et de Responsabilité Sociale et des Entreprises à l’ISCAE).

Il a bénéficié de contributions de :

  • Mohammed Amine HANIN (Auditeur financier chez EY),
  • Maryse LOUIS (Déléguée Générale de FEMISE),
  • Josef PERERA (Economiste politique et chercheur FEMISE),
  • Constantin TSAKAS (Secrétaire Général du FEMISE et Délégué Général de l’Institut de la Méditerranée) et
  • Jocelyn VENTURA (Economiste politique à l’Institut de la Méditerranée / FEMISE).

Le rapport Euromed est une publication annuelle du FEMISE qui traite des thèmes d’importance et d’intérêt pour la région Euro-Med. Le rapport apporte une véritable valeur ajoutée en termes de connaissances sur le thème couvert. Il fournit une analyse approfondie proposée par des économistes spécialisés et avec une approche pluridisciplinaire du Nord et du Sud de la Méditerranée. Cela apporte une vision commune des deux rives de la Méditerranée et des recommandations politiques qui peuvent contribuer au processus de transition des pays du Sud Med.

[1] Ce rapport a été élaboré avec le soutien financier de la Banque Africaine de Développement et de l’Union Européenne à travers le projet FEMISE sur “ Support to Economic Research, studies and dialogues of the Euro-Mediterranean Partnership ”. Le contenu de la publication relève de la seule responsabilité des auteurs. 

FEMISE MedBRIEF 23: « Développer l’entrepreneuriat social et l’innovation sociale en Méditerranée et au Moyen-Orient »

Tallie Hausser, Constantin Tsakas and Karine Moukaddem

La série MED BRIEF du FEMISE ambitionne de fournir une réflexion novatrice  pour la région euro-méditerranéenne. Les Policy Briefs contiennent une analyse succincte et politiquement pertinente sur d’importantes questions EuroMed et présentent aux décideurs politiques les points de vue des chercheurs et des partenaires du réseau FEMISE.

Le MED BRIEF « Développer l’entrepreneuriat social et l’innovation sociale en Méditerranée et au Moyen-Orient », est disponible ici (en anglais).

Il est également disponible en Arabe en cliquant ici.

Résumé

Notre Policy Brief analyse les écosystèmes d’innovation sociale de Beyrouth et de Tunis et examine les moyens qui mènent à une innovation inclusive qui crée des emplois, des revenus et des opportunités pour les populations marginalisées, les femmes et les jeunes. Les résultats montrent que l’absence de forme juridique pour les entreprises sociales, les obstacles au financement et aux investissements, la pénurie de ressources humaines pour les cadres supérieurs et les difficultés à déterminer la clientèle appropriée comptent parmi les principaux obstacles rencontrés par les entrepreneurs sociaux. Nous soutenons que des mécanismes de financement plus innovants devraient être disponibles pour les appuyer. Il serait nécessaire de sensibiliser les investisseurs du sud de la Méditerranée au concept de mesure de l’impact et de l’investissement d’impact. En outre, les gouvernements du Sud de la Méditerranée devraient soutenir activement les entreprises sociales, tandis que celles-ci devraient envisager des marchés publics sociaux et d’inclure les entreprises sociales dans leurs chaînes d’approvisionnement. Enfin, capitaliser sur la coopération euro-méditerranéenne pourrait changer la donne en matière d’inclusion. Plus précisément, une plate-forme UE-Med d’impact social pourrait multiplier les opportunités de financement pour les entrepreneurs de la région sud-méditerranéenne et constituer un marché prometteur pour les investisseurs à impact.

La liste des FEMISE MED BRIEF est disponible ici.

 

Le Policy Brief a été réalisé avec l’aide financière de l’Union européenne dans le cadre du programme FEMISE. Le contenu de ce document relève de la seule responsabilité des auteurs et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.

« Les stratégies de développement des énergies renouvelables dans la région MENA » (rapport FEM43-04)

Ce travail explore la question du lien dynamique entre le développement des énergies renouvelables et de la croissance. Les principaux résultats de ce travail peuvent être résumés de la façon suivante. Premièrement, les résultats montrent que les efforts de développement de la production d’électricité renouvelable doivent être soutenus à court terme car la relation entre la production d’électricité renouvelable et le PIB par tête est asymétrique. En l’occurrence l’Algérie, l’Egypte, le Maroc et la Turquie sont concernés par cette stratégie qui va leur permettre d’augmenter le bien-être dans le long terme. Deuxièmement, le niveau actuel de la production d’électricité renouvelable en Tunisie et en Israël est assez faible pour avoir un effet significatif sur le bien-être. Ces deux pays doivent donc continuer leurs efforts de production d’électricité renouvelable afin d’atteindre des niveaux qui leur permettent d’avoir un impact sur le bien-être. Troisièmement, l’Iran et le Liban sont dans une stratégie qui a un impact négatif sur le bien-être, à savoir la production d’électricité hydraulique. Ils doivent essayer de développer d’autres sources d’énergie en exploitant leur potentiel en éolien et en solaire.

FEMISE MedBRIEF 20: « L’impact à long terme des réfugiés syriens sur l’économie turque »

 

Pr. Ramon Mahia (UAM, Spain) and Pr. Ali Koc (Akdeniz University, Turkey)

La série MED BRIEF du FEMISE ambitionne de fournir une réflexion novatrice  pour la région euro-méditerranéenne. Les Policy Briefs contiennent une analyse succincte et politiquement pertinente sur d’importantes questions EuroMed et présentent aux décideurs politiques les points de vue des chercheurs et des partenaires du réseau FEMISE.

Le MED BRIEF « L’impact à long terme des réfugiés syriens sur l’économie turque », est disponible ici.

Il est disponible en Arabe ici.

 

Résumé

• L’impact total sur la valeur ajoutée généré par les occupations de réfugiés syriens dans l’économie turque était estimé à 27,2 milliards de LT à la fin de 2017, soit 1,96% du PIB total de la Turquie.
 L’effet sur la production est estimé à 1,51% du PIB pour 2017. Cet impact suppose une augmentation de la production de 30,59 milliards de LT dans différents secteurs, générant une valeur ajoutée de 20,9 milliards de TL.
• L’effet sur la demande induite représente le reste de l’impact global, soit 0,45% du PIB en 2017. Cet effet implique une nouvelle production estimée à environ 11,7 milliards de TL, générant une valeur ajoutée de 6,2 milliards de TL. Cet effet est essentiellement produit par la consommation directe et les investissements de la population syrienne; l’effet direct est estimé à 0,3% du PIB pour 2017.
• Au total, l’emploi des autochtones induit par l’intégration économique syrienne (à la fois par la production et par la demande) était estimé à 132 454 personnes en 2017.
• L’impact direct de l’intégration économique syrienne est réparti de manière inégale entre différents secteurs, reflétant la présence plus ou moins importante des travailleurs syriens dans l’effet de production et les modes de consommation et d’investissement spécifiques.
• Les détails fournis par le schéma de simulation vont dans le sens voulant que l’amélioration des opportunités d’emploi pour les réfugiés en améliorant leur éducation et leurs compétences, en développant la capacité d’entreprendre et en fournissant des permis de travail dans des secteurs bien ciblés augmentera encore la contribution des réfugiés à la croissance économique.

La liste des FEMISE MED BRIEF est disponible ici.

 

Le Policy Brief a été réalisé avec l’aide financière de l’Union européenne dans le cadre du programme FEMISE. Le contenu de ce document relève de la seule responsabilité des auteurs et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.

« L’impact à long terme des réfugiés syriens sur l’économie turque » (rapport FEM43-05)

Une approche entrées-sorties (ES) est utilisée pour estimer la contribution économique des réfugiés syriens liée (1) à leur accès au marché du travail turc et (2) aux nouveaux investissements générés par le capital des Syriens grâce à l’épargne réalisée dans le pays. En utilisant cette approche méthodologique, nous examinons explicitement les liens intersectoriels de l’économie turque, ce qui nous permet d’étendre la portée d’une étude d’impact classique.

 Résultats pour 2017 (impact à court terme)
L’impact total sur la valeur ajoutée généré par les occupations de réfugiés syriens dans l’économie turque était estimé à 27,2 milliards de LT à la fin de 2017, soit 1,96% du PIB total de la Turquie.
L’effet sur la production est estimé à 1,51% du PIB pour 2017. Cet impact suppose une augmentation de la production de 30,59 milliards de LT dans différents secteurs, générant une valeur ajoutée de 20,9 milliards de TL.
L’effet sur la demande induite représente le reste de l’impact global, soit 0,45% du PIB en 2017. Cet effet implique une nouvelle production estimée à environ 11,7 milliards de TL, générant une valeur ajoutée de 6,2 milliards de TL. Cet effet est essentiellement produit par la consommation directe et les investissements de la population syrienne; l’effet direct est estimé à 0,3% du PIB pour 2017.
• Au total, l’emploi des autochtones induit par l’intégration économique syrienne (à la fois par la production et par la demande) était estimé à 132 454 personnes en 2017.
L’impact direct de l’intégration économique syrienne est réparti de manière inégale entre différents secteurs, reflétant la présence plus ou moins importante des travailleurs syriens dans l’effet de production et les modes de consommation et d’investissement spécifiques.
• Les détails fournis par le schéma de simulation vont dans le sens voulant que l’amélioration des opportunités d’emploi pour les réfugiés en améliorant leur éducation et leurs compétences, en développant la capacité d’entreprendre et en fournissant des permis de travail dans des secteurs bien ciblés augmentera encore la contribution des réfugiés à la croissance économique.