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Pour une politique de voisinage différenciée

Senén Florensa, président exécutif de l’Institut Européen de la Méditerranée (IEMed). (Photo N.B.C)

Senén Florensa, président exécutif de l’Institut Européen de la Méditerranée (IEMed). (Photo N.B.C)

D’ici deux ans, une nouvelle politique européenne de voisinage verra le jour. Un recadrage nécessaire pour intégrer la nouvelle donne géopolitique au sud. L’Institut Européen de la Méditerranée (IEMed), membre du réseau FEMISE, participe activement à ce travail de révision en profondeur et livre en avant-première les orientations qui pourraient être prises.

4 000 experts (universitaires, think tank…) issus de 43 pays de l’Union pour la Méditerranée (UpM) ont été sollicités en 2015 par l’Institut Européen de la Méditerranée (IEMed) pour exprimer leur opinion sur la réforme de la politique européenne de voisinage. 900 ont répondu au questionnaire de 40 pages.Leur riche contribution permet de proposer une nouvelle direction à la politique européenne de voisinage. « Il faudrait mettre en place une politique de voisinage différenciée pour les pays de l’Est et ceux du sud. Nous devons intégrer dans l’analyse l’incidence des grandes puissances en dehors de la région méditerranéenne. Avec la mondialisation, nous devons tenir compte de l’influence positive ou négative des États-Unis, de la Russie, de la Chine », explique Senén Florensa, président exécutif de l’Institut Européen de la Méditerranée (IEMed).

Trois statuts

Trois niveaux de statut différenciés pourraient coexister, selon les résultats de l’enquête. « Tout d’abord, le cercle des pays désireux d’avancer dans un projet d’intégration dans un espace économique commun euro-méditerranéen. Je pense au Maroc et à la Tunisie, peut-être aussi la Jordanie et le Liban. À ce niveau d’association, les pays doivent engager une démarche volontaire et bénéficier en retour d’un soutien européen renforcé. D’autres Etats tels que la Libye, l’Égypte, décideront s’ils veulent participer à ce processus d’intégration économique. Si ce n’est pas le cas, nous considèrerons ces pays comme de simples pays associés. Enfin, la dernière catégorie de pays fait l’objet d’une politique différenciée (Sahel, Pays du Golfe, l’Afrique sub-saharienne, l’Iran). Dans le cas du Sahel, la question de la sécurité constitue un préalable à la stabilisation de l’économie.Des synergies doivent être trouvées entre le Sud et le nord autour de nouveaux projets», détaille Senén Florensa, lors de la conférence annuelle du FEMISE 2016 qui s’est tenue à Athènes.Il suggère d’associer les représentants des gouvernements locaux des pays, des experts indépendants issus de la rive sud (universitaires, chefs d’entreprises) à l’action de la politique européenne de voisinage révisée. « La politique européenne de voisinage de la Commission doit s’affranchir de sa vision technocratique », affirme l’économiste espagnol. Bruxelles reprendra-t-elle toutes ces suggestions ? Rien ne semble moins sûr. « Dans une communication en novembre 2015,  la Commission européenne n’a pas donné de réponse claire aux questions posées lors de la consultation », ajoute Senén Florensa. Elle rappelle tout de même qu’il n’existe pas d’équivalent dans le monde au processus de Barcelone en matière d’aide au développement.Pour en savoir plus sur la conférence et l’intervention de M. Senén Florensa,  cliquez ici.
Interview  par Nathalie Bureau du Colombier, Econostrum lors de la Conference 2016 du FEMISE, Athènes, Grèce.

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