Energies Renouvelables et développement durable en Méditerranée : le Maroc et le plan solaire méditerranéen (PSM)

FEM34-02 | Mai 2012

Titre

« Renewable Energies and Sustainable Development in the Mediterranean: Morocco and the Mediterranean Solar Plan (MSP)? »

Par

Alejandro Lorca & Rafael de Arce, Universidad Autónoma de Madrid y AGREEM, Spain

Contributeurs

Idriss El Abbassi (Université Mohamed V, Morocco) ; Abdelamid El Bouhadi (Université Mohamed V, Morocco) ; Rafael de Arce (UAM – AGREEM, Spain) ; Gonzalo Escribano (Universidad Nacional Educación Distancia - AGREEM, Spain) ; Ayache Khellaf (Université Mohamed V, Morocco) ; Alejandro Lorca (UAM – AGREEM, Spain) ; Ramón Mahia (UAM – AGREEM, Spain) ; Jose María Marín (Universidad Nacional Educación a Distancia, Spain) ; Eva Medina (Universidad Autónoma de Madrid, Spain) ; Lahcen Ouhlaj (Université Mohamed V, Morocco) ; Said Tounsi (Université Mohamed V, Morocco)

Note :

Ce rapport a été réalisé avec le soutien financier de l’Union Européenne au travers du Femise. Le contenu du rapport relève de la seule responsabilité des auteurs et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant l’opinion de l’Union Européenne.

Résumé :

1. Les énergies Renouvelables (ER) sont devenues un signe d’identité de la politique énergétique de l’UE. La promotion des énergies renouvelables est l’une des réponses de la politique énergétique au changement climatique, et l’accent mis par la Commission européenne et certains États membres sur son déploiement a contribué à placer l’UE comme leader mondial dans le secteur. Toutefois, la contribution des énergies renouvelables est restée marginale dans le mix énergétique dans le Sud de la Méditerranée. L’Union pour la Méditerranée (UPM) a lancé le Plan Solaire Méditerranéen (PSM) pour soutenir le déploiement des énergies renouvelables dans la région, et le Maroc a montré un intérêt particulier à participer à cette initiative. Celle-ci devrait lui permettre d’exploiter son important potentiel solaire et éolien, d’augmenter son approvisionnement en énergie, de réduire sa dépendance énergétique et, enfin de diversifier son mix énergétique.2. Le Maroc est probablement le pays le mieux placé pour mettre en oeuvre le Plan Solaire Méditerranéen. En effet, il dispose déjà d’une capacité d’énergie solaire et éolienne installée relativement importante, et compte tenu de sa proximité avec l’Espagne (14 km) il dispose de l’interconnexion la plus poussée avec l’UE dans la région. Avec l’octroi du statut avancé au pays, la Commission européenne et le Maroc ont signé une déclaration politique conjointe concernant la coopération énergétique en 2007. Le Maroc a été ensuite inclus dans l’initiative « Énergie Intelligente Europe » à travers laquelle l’Union cherche à promouvoir des changements institutionnels et réglementaires et poursuit l’intégration sectorielle en dessous du seuil de l’adhésion. Dans le sillage du printemps arabe, la Commission a proposé d’étendre le Traité d’énergie de la communauté aux pays partenaires méditerranéens (PPM) parmi les mesures destinées à approfondir l’UE-PPM intégration économique et promouvoir le développement économique.3. Le MSP va aider le Maroc en vue d’approvisionner ses marchés intérieurs d’électricité avec des énergies renouvelables et exporter les excédents vers l’UE bénéficiant du nouveau régime de commerce d’énergie verte fournie par la directive 2009/28 du nouvel article 9. Le but de cette recherche FEMISE est de réfléchir à la question de savoir si le MSP a le potentiel pour stimuler le développement  du Maroc ou bien doit être considéré comme un projet UE-centrique visant à atteindre ses propres objectifs environnementaux ainsi que la promotion des industries européennes et des firmes d’ingénierie.4. Le MSP a deux objectifs principaux: de déployer 20 gigawatts de capacité installée d’énergie renouvelable dans la région méditerranéenne à l’horizon 2020 avec les capacités de transport nécessaires et les interconnexions transfrontalières, et de promouvoir l’efficacité énergétique dans les PPM. Toutefois, à ce jour, les efforts se sont concentrés sur le déploiement, l’évaluation de la maturité des projets RES existants dans les PPM, la viabilité économique des projets planifiés, et les principaux obstacles techniques et financiers concernant leur application.5. Le MSP est étroitement liée à la directive 2009/28 sur les énergies renouvelables, qui fixe les objectifs nationaux pour la contribution des ER en  2020 à la consommation totale d’énergie brute fixée par l’UE. Ces objectifs sont difficiles pour plusieurs pays européens, nécessitant des flux transfrontaliers des ER (physique ou virtuel) au sein  de  l’UE, mais probablement aussi en provenance des pays tiers, une possibilité qui est explicitement visée par l’article 9 de la directive. Les échanges d’électricité ayant pour source les énergies renouvelables sont importants au sein de l’UE, mais sont rares avec les pays tiers. Outre les échanges d’énergie éolienne en Europe du Nord, seule l’Espagne exporte l’électricité verte au Maroc. La directive 2009/28 offre un cadre institutionnel pour favoriser le développement des relations euro-méditerranéennes des flux transfrontaliers RES.6. Les mesures de flexibilité envisagées par la directive incluent les transferts statistiques, des projets communs, et des mécanismes de soutien. Les transferts statistiques se réfèrent à l’échange de certificats verts, ce qui peut être fait dans un projet commun et peut bénéficier d’un mécanisme de soutien conjoint d’un commun accord. Pour l’électricité verte importée de pays tiers, les conditions ne sont pas si flexibles: elles ne permettent pas les transferts statistiques, seuls les transferts physiques d’électricité et seules les nouvelles installations mises en ?uvre après l’entrée en vigueur de la directive, peuvent être considérés dans la réalisation des objectifs nationaux en matière d’ER. Les Etats membres peuvent mettre en ?uvre des projets conjoints avec les pays tiers, y compris dans leurs objectifs nationaux d’électricité verte importée.7. Ces restrictions peuvent cependant être assouplies. Tout d’abord, en l’absence d’interconnexions opérationnelles (mais déjà projetées), l’État membre peut inclure dans ses objectifs nationaux l’électricité verte avant que les infrastructures ne soient en place. Plus important encore, même si les transferts statistiques avec les pays tiers sont exclus, de facto, par la directive, il y a possibilité pour ces pays d’inclure cet échange en rejoignant le traité énergétique communautaire, dont les parties contractantes peuvent bénéficier des mesures plus souples que les États membres de l’EU, s’il en est ainsi décidé. Ceci est une possibilité ouverte pour le Maroc de bénéficier de transferts statistiques et l’élargissement des opportunités pour le déploiement de RES dans le pays.8. La directive 2009/28 fournit le cadre pour l’intégration des ER dans la région euro-méditerranéenne et le fonctionnement du MSP. Toutefois, le MSP devrait également atteindre les objectifs de l’UFM hérité du Processus de Barcelone d’atteindre un espace partagé de paix et de prospérité, réévalué par la récente communication conjointe de la Commission et les Hauts Représentants, « Un Partenariat pour la démocratie et Une Prospérité Partagée avec le Sud de la Méditerranée « (Mars 8, COM (2011) 200 final), qui comprend le déploiement des énergies renouvelables comme un canal pour la coopération euro-méditerranéenne.9. À cet égard, le MSP doit aussi être conçu comme un moteur de développement économique pour les pays partenaires méditerranéens dans au moins cinq aspects clés:? Pour fournir une partie de l’énergie requise par la croissance économique des PPM ;? Pour contribuer à la fourniture des services énergétiques modernes exigées par le développement économique ;? Contribuer à l’éradication de la pauvreté énergétique ;? Pour utiliser les ressources énergétiques solaires et éoliennes pour générer de nouvelles activités économiques, de nouveaux emplois et de nouveaux revenus ;? Pour fournir une assistance technique, transferts de coopération, la formation et la technologie pour que les PPM soient en mesure de récolter les bénéfices des énergies renouvelables le déploiement.10. À ce jour, toutes les études sur les MSP ont adopté une approche technico-économique. Il n’y a pas d’études exhaustives sur l’éventuel impact socio-économique du MSP selon différents scénarios. Il est important de souligner qu’un programme complet qui prend en compte tous ces éléments constitue la première occasion dans laquelle l’énergie est conçue comme un instrument de développement économique en Méditerranée. Ce projet FEMISE essaye de définir les premières étapes d’un tel programme de recherche.11. Concernant le Maroc, il ya plusieurs facteurs qui ont contribué à la conception d’une nouvelle stratégie énergétique. Ils peuvent être résumés dans les facteurs de l’offre et la demande. Du côté de la demande il ya les pressions démographiques et les exigences du développement, y compris les taux d’urbanisation croissant, l’augmentation des besoins de transport et de l’industrie, de la modernisation de l’énergie rurale, etc ?. La consommation d’énergie a également augmenté en raison de nouveaux plans lancés par le gouvernement marocain, tous impliquant des besoins énergétiques nouveaux: Plan Vert, Plan Emergence, développement d’un centre mondial des phosphates et des infrastructures de transport en pleine expansion. La demande d’énergie devrait connaître une multiplication par trois d’ici 2030, la demande d’électricité en particulier, qui passerait de 24.000 GWH en 2008 à 95.000 GWH en 2030. Par ailleurs, les scénarios d’utilisation intense d’énergie indiquent une augmentation de la demande d’électricité jusqu’à 133.000 GWH en 2030.12. Du côté de l’offre, le Maroc souffre de  taux de dépendance énergétique accru, en raison des faibles ressources énergétiques conventionnelles, en particulier dans le pétrole et le charbon, qui constituent près de 90% de la consommation énergétique marocaine. La facture énergétique a augmenté rapidement au cours des dernières décennies avec deux implications majeures: le coût des importations représente une part importante du déficit commercial marocain (les importations de pétrole ne représentent que près de 20% du total des importations et 50% du déficit commercial) et les subventions énergétiques représentent une partie importante  des dépenses budgétaires (jusqu’à 25%). Le Maroc veut développer un bouquet diversifié de technologies renouvelables afin de répondre aux défis de l’approvisionnement énergétique.13. En réponse à ces défis, le gouvernement marocain a conçu une nouvelle stratégie énergétique en 2009 essentiellement aligné avec l’UE en matière énergétique, à savoir : la sécurité énergétique, la compétitivité et la durabilité environnementale. Il ajoute également des préférences spécifiques telles que la promotion de l’expertise locale, le savoir-faire et l’exploitation du potentiel des énergies renouvelables du pays. L’objectif est d’atteindre une contribution de 42% des ER au mix électrique marocain en 2020 (y compris l’hydroélectricité). Pour cette année l’énergie solaire et éolienne devrait atteindre 4.000 MW de capacité installée.14. Depuis 2000, le Maroc a considérablement accru sa capacité d’énergie éolienne installée. La capacité installée actuelle est d’environ 200 MW et 1720 MW sont en cours de développement. L’énergie éolienne est pensée pour être un moteur potentiel de croissance pour l’économie marocaine, permettant l’exploitation des ressources naturelles, l’attraction des investissements étrangers, la création d’un nouveau tissu industriel et favoriser les retombées technologiques et la formation de capital humain. L’énergie éolienne va augmenter sa contribution au mix d’électricité de 2% à 14% en 2020.15. Le déploiement de l’énergie solaire, photovoltaïque, thermique et concentré, est destiné à être accéléré en raison du plan solaire marocain lancé par le gouvernement. Le plan veut développer d’énormes ressources solaires, atteignant 2.000 MW en 2020, et couvrant 10% de la demande d’électricité du Maroc à cette date. L’énergie thermique pour chauffer l’eau domestique peut apporter une contribution significative, dans la mesure où le parc actuel représente presque 6% de la production d’électricité marocaine. L’énergie solaire photovoltaïque est particulièrement bien adaptée  à l’électrification rurale décentralisée. Aujourd’hui, 50 000 systèmes photovoltaïques fonctionnent, et le programme d’électrification rurale fournit de l’électricité à 200.000 ménages marocains en milieu rural. Ces projets sont aussi institutionnellement soutenus par la création de nouveaux organismes nationaux tels que l’Agence marocaine pour l’énergie solaire.16. Dans ce contexte régional et national, l’objectif principal de ce projet est d’analyser les effets économiques de la construction de centrales solaires concentrées (CSP), photovoltaïque (PV) et de parcs éoliens (WP) au Maroc au cours des 30 prochaines années. L’objectif de l’étude se base sur l’impact sur la valeur ajoutée et l’emploi, afin d’évaluer l’effet du déploiement des énergies renouvelables sur la croissance économique marocaine et le développement. Nous analysons plusieurs alternatives pour la production d’électricité renouvelable au Maroc, en comparant ses effets économiques au vu de la demande d’électricité prévue par les différents organismes et projets de recherche. Ce faisant, nous abordons également le rôle des énergies renouvelables dans le développement énergétique, dans le sens de la contribution à subvenir aux besoins en électricité du pays.17. Le projet génère des simulations dynamiques dans une perspective à long terme et évalue différents scénarios, en appliquant une méthodologie économétrique basée sur un modèle Input Output dynamique (I-O model). Afin de créer cet effet dynamique, nous intégrons certaines variantes techniques dans le processus de simulation pour faire face aux changements fondamentaux dans la structure économique du pays sur le long terme. Nos résultats apportent un éclairage sur les conséquences économiques en termes de PIB, valeur ajoutée et l’emploi au Maroc pour plusieurs scénarios plausibles concernant les investissements dans les énergies solaire et éolienne.18. Afin de déterminer les investissements nécessaires pour réaliser les simulations en tenant compte des différentes alternatives technologiques, le projet identifie trois entrées de base: la demande d’électricité prévue, l’investissement et les coûts d’exploitation et de maintenance et la courbe d’apprentissage ou de tendance à la réduction des coûts pour les différentes technologies. De ces trois groupes de variables, nous pouvons déterminer le « Business Plan»  pour chaque scénario dans les simulations effectuées. L’étape suivante consiste à répartir l’impact des investissements entre les secteurs économiques à travers des tableaux entrées-sorties. Le contenu en importations des investissements devient alors un facteur clé dans la définition des différents scénarios de simulation en 2040. Dans le travail de recherche, un chapitre  est consacré aux questions méthodologiques.19. Compte tenu des investissements inclus dans le « Business Plan»  global, le projet aborde sept scénarios de simulation en fonction de deux facteurs importants:

  • Exportations:

 

– Les exportations ne sont pas considérées: Business as usual (BAU) et des scénarios intelligents.
– Une capacité  supplémentaire de production des ER est installée pour  permettre l’allocation de 20% des ER aux exportations d’électricité verte: Export, Smart Export, Export-CSP, Export-PV et Export-Wind sont les différents scénarios étudiés.

  • Taux d’investissement  lié aux importations de matériel:

 

– Il n’y a pas de réduction du contenu en importations des investissements ER, simulant que l’industrie marocaine des ER n’est pas capable de réduire  la courbe d’apprentissage, ni l’appropriation technologique, ni l’amélioration de la formation pour augmenter la teneur locale des composants des ER: BAU et de l’Exportation, Export-CSP, Export-PV et Export-Wind.- Le Maroc est en mesure de bénéficier des transferts technologiques, de connaitre un développement des grappes, une formation spécialisée et la coopération technologique. En conséquence, le contenu en importations des investissements RE devient progressivement la moitié du scénario BAU sur toute la période: des scénarios intelligents et l’exportation intelligente sont envisagés.
20. Le scénario BAU est une référence dans lequel il n’ya pas d’exportations et aucun rattrapage. Le scénario d’exportation reflète une situation sur laquelle un supplément de 20% des d’électricité marocaine ER est produite et  exportée après avoir satisfait la demande intérieure avec le mix  de technologies RE fixé par le gouvernement. L’Export-CSP, Export-PV et Export-Vent scénarios simulent d’atteindre une telle capacité de production supplémentaire (20%) exclusivement avec chacune des technologies: CSP, PV ou éolien. Le scénario Smart Export semble être la plus attrayante en combinant à la fois un rattrapage technologique et industriel pour atteindre l’exportation marocaine de surplus d’électricité d’origine renouvelable produite localement.21. Afin d’atteindre les objectifs de capacité installée pour chaque source de la technologie, l’investissement total est réparti de façon décennale. Tenant compte de l’état actuel des investissements au Maroc et les plans de MASEN, l’impact économique sera probablement très concentré sur les dernières années de la décennie actuelle (2011-2020). Pour le reste des périodes de prévision, nous ne pouvons assurer si l’investissement va être concentré sur deux ou trois ans ou réalisé sur les dix ans. Ainsi, afin de réaliser des comparaisons, nous résumons l’impact total sur le PIB en fin d’année.22. Les résultats des simulations pour chaque scénario peuvent être résumés comme suit:

  • Dans le scénario BAU, la valeur ajoutée globale annuelle moyenne de l’effet sur l’économie marocaine résultant de l’installation d’énergies renouvelables est  d’environ 0,18% du PIB en 2010 et atteint 1,17% en 2040. L’impact correspondant sur l’emploi serait d’environ 36 000 nouveaux emplois en 2010 et aux alentours de 265 000 à la fin de la période de prévision.
  • Dans le scénario de l’exportation (20% de la capacité installée d’électricité d’origine renouvelable à l’exportation) : Pour le scénario III, l’effet des exportations est relativement faible: à la fin de la période, l’impact est environ 1,41% sur le PIB (par rapport à 1,17% dans le scénario de base) et le nombre d’emplois créés serait d’environ 319 000.
  • Dans le «scénario intelligent»  (juste en réduisant la dépendance sur les composants importés), l »impact sur la valeur ajoutée  augmente jusqu’à 1,6% à la fin de la période (un impact supplémentaire d’environ 0,4% par rapport à la ligne de base) et une augmentation de près de 401 000 emplois (environ 140 000 de plus).
    Dans le «scénario exportations intelligentes» (le scénario optimal) l’impact combiné des énergies renouvelables, réduira la dépendance sur les importations et l’exportation avec un surplus de 20% est égale à 1,9% (en termes de valeur ajoutée) et 482 000 emplois créés.
  • Les autres scénarios (la concentration des exportations dans une seule technologie) nous permettent de faire une comparaison ceteris paribus sur l’impact du différentiel économique due à la sélection de chacune des trois variantes technologiques RES. Les résultats des scénarios pour « exportation avec CSP»  et « exportations avec PV» indiquent que les deux ont des conséquences similaires en termes d’effet sur l’économie marocaine, à peine plus élevé dans le cas des CSP: l’impact sur le PIB serait d’environ 0,05 % plus élevée avec CSP que dans le photovoltaïque. En revanche, le «parc éolien des exportations»  scénario fait ressortir des  différences nettes: l’impact représenterait 1,8% du PIB en 2040 comparé à 1,25% en moyenne des deux sources de substitution et, concernant l’emploi, l’utilisation de cette alternative conduirait à environ 415 000 emplois dans l’économie (140 000 emplois de plus que le scénario BAU).

 

Tableau comparatif des résultats  pour les différents scénarios de simulation(Impact sur la valeur ajoutée en% du PIB et sur l’emploi à la fin de la période de simulation)

Réduction progressive des composantes importées

NO

OUI

Exportation

NO

?B.A.U.?

+1.17% GDP

+265,730 Empl

?SMART?

+1.59% GDP

+401,671 Empl.

20% de l’énergie renouvelable

?EXPORTS?

+1.41% GDP

+318,876 Empl.

?SMART EXPORTS?

+1.91% GDP

+482,005 Empl.

Augmentation de la capacité installée en énergies renouvelables destinée à l’export

?CSP PLANTS

+1.27% GDP

+289,369 Mill.

?PV PLANTS

+1.24% GDP

+282,631 Empl.

?ÉOLIEN

+1.6% GDP

+415,032 Empl.

 

Détail de l’impact sur la valeur ajoutée par scenario (,000 ?)
Scénario2010202020302040BAU35,98967,609162,931265,730SMART35,98979,561223,519401,671EXPORTS35,98981,130195,517318,876SMART EXPORTS35,98995,474268,223482,005V (CSP)35,98981,418178,633289,369VI (PV)35,98978,304162,220282,631VII (WIND)35,98996,671238,113415,032

Détail de l’impact sur la valeur ajoutée par scenario (,000 ?)
Scenario2010202020302040BAU137,936295,070828,2761,555,418SMART137,936330,4891,043,6782,104,220EXPORTS137,936354,084993,9311,866,502SMART EXPORTS137,936396,5861,252,4142,525,064V (CSP)137,936334,664888,1301,679,047VI (PV)137,936327,647833,8001,645,104VII (WIND)137,936443,9911,274,3632,467,939

23. La conclusion générale est que le déploiement des ER entraîne d’importantes possibilités économiques pour le Maroc en termes de PIB et d’emploi. Dans les scénarios proposés, l’impact économique sur le PIB varie de 1,17% à 1,9% en fin de période (2040), avec une amélioration de l’emploi à plein temps (effets directs et indirects) allant de 1,5 à 2,4 millions d’emplois. Nos résultats permettent de conclure que l’alternative générant d’avantage de valeur ajoutée  en % du PIB et la croissance de l’emploi est l’installation d’éoliennes, quel que soit le cadre des exportations et des importations  envisagé. Evidemment, cette conclusion est liée à la capacité actuelle du Maroc pour construire et installer des éoliennes. L’industrie marocaine, étant assez avancée  dans cette technologie, permet au pays d’être un exportateur important dès à présent.24. Cependant, nos résultats montrent également que les décisions politiques concernant les exportations et l’amélioration des capacités locales sont cruciales pour profiter au maximum des possibilités offertes par le déploiement des ER au Maroc. La meilleure performance économique est atteinte dans le scénario de Smart Export. Mais même en l’absence de rattrapage, beaucoup d’emplois et d’accroissement de la valeur ajoutée  résultent du  scénario-Wind, bien qu’il  représente  une approche  moins ambitieuse.