FEMISE Working Paper N°2: Qu’est-ce qui freine l’inclusion financière des jeunes dans les pays MENA ?

FEMFEMFEMWorkingPaper 2 | Mai 2026

Titre

« FEMISE Working Paper N°2: What is Holding Back Youth Financial Inclusion in MENA Countries? »

Par

Imène Berguiga & Philippe Adair

Contributeurs

Résumé :

Aperçu

Ce document de travail s’inscrit dans la série des Working Papers du FEMISE, issue de la Conférence annuelle FEMISE 2024, mettant en avant des recherches qui abordent des défis socio-économiques majeurs dans la région euro-méditerranéenne.

Il analyse les obstacles à l’inclusion financière des jeunes dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA), en mettant l’accent sur l’âge, le genre et la participation au marché du travail. S’appuyant sur une décennie de données (2011–2021) couvrant cinq pays — Égypte, Jordanie, Liban, Palestine et Tunisie —, l’étude fournit des éléments empiriques solides sur les facteurs structurels et comportementaux qui influencent l’accès aux services financiers.

L’étude propose des enseignements clés à destination des décideurs publics, des institutions financières et des acteurs du développement souhaitant concevoir des systèmes financiers inclusifs, capables de renforcer l’autonomisation des jeunes, leur participation économique et la résilience à long terme dans la région.

Résumé

Cet article examine les déterminants de l’inclusion financière des jeunes dans les pays MENA, en mettant l’accent sur les disparités liées à l’âge, au genre et à la participation au marché du travail. En s’appuyant sur des données agrégées issues de la base Global Findex (2011, 2014, 2017 et 2021), l’étude mobilise des modèles de régression probit afin d’évaluer à la fois l’accès aux comptes financiers et l’utilisation des services financiers traditionnels et numériques.

Les résultats mettent en évidence quatre principaux enseignements. Premièrement, un écart lié à l’âge persiste : les jeunes sont moins susceptibles de détenir un compte financier, bien que leur utilisation des services financiers numériques ait augmenté durant la pandémie de COVID-19. Deuxièmement, l’écart entre les sexes en matière d’inclusion financière s’est creusé pendant la pandémie, les jeunes femmes restant particulièrement défavorisées malgré une progression de l’usage des technologies financières (fintech). Troisièmement, l’exclusion financière est principalement expliquée par des facteurs endogènes — tels que le manque de revenus, de littératie financière ou de besoin perçu — plutôt que par des contraintes exogènes comme la discrimination institutionnelle. Enfin, la participation au marché du travail améliore significativement les niveaux d’inclusion financière.

L’étude conclut que, bien que les services financiers numériques offrent des perspectives prometteuses pour renforcer l’inclusion, les inégalités structurelles — en particulier celles touchant les jeunes et les femmes — demeurent profondément ancrées. Réduire ces écarts nécessite des approches politiques intégrées combinant stratégies d’inclusion financière, réformes du marché du travail, amélioration de la littératie financière et soutien ciblé aux groupes vulnérables.