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Présentation du rapport EuroMed : « Rapatriement des Réfugiés des Conflits Arabes » (21/11, LeCaire)

FEMISE et ERF ont le plaisir d’annoncer que le rapport FEMISE-ERF sera présenté lors d’une session extraordinaire organisée par ERF lors de son atelier de deux jours (20-21 novembre au Caire, Égypte). La session extraordinaire (le 21 novembre) accueillera les auteurs du rapport et leur permettra de présenter le message principal de leurs chapitres et d’ouvrir un débat avec des représentants institutionnels et des acteurs politiques sur des solutions concrètes.

Téléchargez le rapport ici (FR, PDF, 2.7 MO).

 

 

Contexte:

Les perspectives pour un rapatriement rapide des réfugiés qui ont fui les conflits dans les pays arabes au cours des dernières années ne semblent pas encore prometteuses. Néanmoins, non seulement les discussions sur le rapatriement ont été entamées aux niveaux national et international, mais l’on observe également un flux constant de réfugiés dans les pays voisins qui regagnent leur domicile ravagé par la guerre. Alors que les portes de la naturalisation et de la réinstallation sont pratiquement fermées et que la situation socio-économique dans les pays d’accueil s’affaiblit, les réfugiés se sont retrouvés pris dans des conditions particulièrement difficiles.

Bien que le rapatriement massif à ce stade reste prématuré pour tous les pays déchirés par la guerre, la situation actuelle nous oblige à reconnaître et à chercher à résoudre le problème du rapatriement dans toutes ses dimensions, afin que, le moment venu, des actions éclairées puissent être prises. Cela aiderait à obtenir les résultats les plus positifs – principalement pour les réfugiés, mais également pour les autres parties prenantes, telles que les communautés d’accueil et celles qui restent dans les pays en conflit.

C’est ce à quoi le rapport Euromed FEMISE-ERF de cette année sur «Le rapatriement des réfugiés des conflits arabes: conditions, coûts et scénarios de reconstruction» * aborde dans ses quatre chapitres. Les auteurs examinent les caractéristiques des réfugiés et les conditions qui influent sur leur décision de rentrer. Cet aperçu est suivi d’une analyse des scénarios possibles de règlement politique et du potentiel de reconstruction, en mettant l’accent sur le rôle possible de la communauté internationale. Les auteurs analysent ensuite les coûts économiques des conflits ainsi que les scénarios de croissance post-conflit. Le rapport se termine en soulignant les principales conclusions et en fournissant des indications sur la manière de traiter ce problème afin d’assurer un retour sûr, durable et digne des réfugiés dans leur pays d’origine.

Contribuent au rapport : Ibrahim Elbadawi, Belal Fallah, Jala Youssef, Maryse Louis, Roger Albinyana, Samir Makdisi, Semih Tumen

Ce rapport a reçu un soutien financier de l’Union européenne à travers le projet FEMISE “Support to Economic Research, studies and dialogues of the Euro-Mediterranean Partnership”. Toute opinion exprimée dans ce rapport est de la seule responsabilité des auteurs.

Rapport EuroMed : Rapatriement des réfugiés des pays Arabes en Conflits: Conditions, coûts et scénarios de reconstruction

Le nouveau Rapport EuroMed est maintenant disponible

Rapatriement des réfugiés des pays arabes en conflits:
Conditions, coûts et scénarios de reconstruction*

Le rapport est disponible au téléchargement ici. 

 

 

Ce rapport traite de la question du rapatriement des réfugiés dans les pays touchés de la région de la Méditerranée du Sud.

À travers ses quatre chapitres, les auteurs commencent par examiner les caractéristiques de ces réfugiés et les conditions qui influent sur leur décision de rentrer.

Cet aperçu est suivi d’une analyse des scénarios possibles de règlement politique et du potentiel de reconstruction, en mettant l’accent sur le rôle possible de la communauté internationale.

Les auteurs analysent ensuite les coûts économiques des conflits ainsi que les scénarios de croissance post-conflit.

Le rapport se termine en soulignant les principales conclusions et en fournissant des indications sur la manière de traiter ce problème afin d’assurer un retour sûr, durable et digne des réfugiés dans leur pays d’origine.

 

Contributeurs

 

Dr. Ibrahim Elbadawi, President of FEMISE and Managing Director of ERF

Dr. Samir Makidisi, Institute of Financial Economics, American University of Beirut, Lebanon

Dr. Semih Tumen, Associate Professor of Economics at TED University, Turkey

Dr. Belal Fallah, Director of research at Palestine Economic Policy Research Institute-MAS, Palestine

Dr. Roger Albinyana, Director of Mediterranean Regional Policies and Human Development, IEMED, Spain

Dr. Maryse Louis, General Manager, FEMISE

Ms. Jala Emad Youssef, AUC, Egypt

 

Le rapport Euromed est une publication annuelle du FEMISE qui traite des thèmes d’importance et d’intérêt pour la région Euro-Med. Le rapport apporte une véritable valeur ajoutée en termes de connaissances sur le thème couvert. Il fournit une analyse approfondie proposée par des économistes spécialisés et avec une approche pluridisciplinaire du Nord et du Sud de la Méditerranée. Cela apporte une vision commune des deux rives de la Méditerranée et des recommandations politiques qui peuvent contribuer au processus de transition des pays du Sud Med.

* Ce rapport a reçu un soutien financier de l’Union européenne à travers le projet FEMISE “Support to Economic Research, studies and dialogues of the Euro-Mediterranean Partnership”. Toute opinion exprimée dans ce rapport est de la seule responsabilité des auteurs.

Réponses des entrepreneurs sociaux à la crise des réfugiés en Jordanie et au Liban (rapport FEM44-12)

Après le déclenchement de la guerre civile en Syrie en 2011, environ 1,5 million et 1,3 million de réfugiés syriens ont respectivement cherché refuge au Liban et en Jordanie (Reuters, 2017; Ghazal, 2017). Dans la mesure où la Jordanie compte près de 10 millions d’habitants et le Liban, moins de 7 millions (World Bank, 2018), l’afflux soudain et inattendu de réfugiés a bouleversé les capacités d’absorption de ces deux pays bien au-delà de leurs limites, tout en exigeant une aide humanitaire considérable, tant à l’égard des réfugiés que des communautés d’accueil. Dans leurs efforts visant à gérer cette situation, les autorités des deux pays ont reçu le soutien de la communauté internationale et de la société civile. De manière croissante, le secteur privé est lui aussi intervenu (Berfond et al., 2019). Parmi les nombreuses institutions et individus qui s’efforcent d’améliorer cette situation, un nombre croissant d’acteurs non-conventionnels, les entrepreneurs sociaux, ont pu être observés.

Dans ce contexte, l’étude exploratoire visait principalement à examiner la manière dont les entrepreneurs sociaux en Jordanie et au Liban ont pu aider à atténuer la crise des réfugiés dans les deux pays. Dans notre conceptualisation de l’entreprise sociale (ES), nous avons suivi une approche de Cerritelli et al. (2016). Au lieu d’adopter une définition unique de l’entrepreneuriat social, nous avons considéré les ES comme des entités présentant les caractéristiques suivantes : i) essentiellement axées sur la création d’une valeur sociale plutôt que sur la création d’une valeur purement marchande, ii) être viable financièrement ou chercher à atteindre cet objectif, et iii) s’identifier en tant qu’entreprise sociale. Cette approche a permis une meilleure représentation des différents types d’initiatives d’entrepreneuriat social, tout en tenant compte des différences qui peuvent exister entre les ES basées dans les pays occidentaux et celles de la région MENA (comme suggéré par Tauber, voir dans le développement).

Nos principales conclusions, élaborées à la suite d’une revue de littérature approfondie et de consultations auprès des différentes parties prenantes (29 entretiens avec des ES et organisations de soutien [OS], un focus group, et un groupe de discussion avec les parties prenantes lors d’un workshop) sont que, en dépit des nombreux obstacles que les entrepreneurs sociaux surmontent pour atteindre leurs objectifs, l’évaluation de l’impact réel de leurs actions est rendue difficile au regard de l’absence de mécanisme permettant de mesurer l’impact social de leurs actions.

Le fait que la majorité des entreprises sociales examinées sont relativement jeunes et qu’elles se sont établies pour la plupart au cours des cinq dernières années représente une difficulté supplémentaire pour mesurer leur succès.

Dans le même temps, nous avons constaté que les données empiriques suggèrent que les réfugiés des deux pays tirent profit des actions menées par les ES de plusieurs manières. En premier lieu, les ES offrent des opportunités d’emploi, aident les réfugiés à commencer une nouvelle carrière ou à la reprendre là où ils l’avaient laissée dans leur pays d’origine. Les opportunités offertes sont particulièrement précieuses pour les femmes réfugiées, qui éprouvent des difficultés pour gérer à la fois responsabilités familiales et vie professionnelle tout en faisant face à diverses contraintes de nature socioculturelle. Les ES sont idéalement positionnées pour aider à l’intégration des réfugiés sur le marché du travail, car, à la différence des entreprises à but purement lucratif, elles peuvent satisfaire leurs besoins spécifiques en se concentrant sur l’impact social de leur travail plutôt que sur la focalisation du profit au sens strict (en offrant par exemple, des services de garde d’enfants gratuits à leurs employées). De plus, contrairement aux organisations à but non-lucratif, elles peuvent créer des emplois durables qui ne dépendent pas (entièrement) du financement de donateurs. Enfin, le degré de réussite des SE dans leur travail dépend, hélas, dans une large mesure des politiques relatives au marché du travail de leurs gouvernements respectifs. La question de l’octroi de permis de travail aux réfugiés est extrêmement délicate en Jordanie et au Liban, deux pays qui doivent déjà faire face à des taux de chômage élevés parmi la population native. Récemment, le Liban a notamment introduit des mesures qui peuvent s’avérer extrêmement difficiles à surmonter de la part des ES qui souhaiteraient intégrer des réfugiés sur les marchés du travail locaux.

Une autre catégorie d’ES s’est concentrée sur la fourniture de biens et de services qui permettraient de faciliter la vie quotidienne des réfugiés (et d’autres franges de la population) : de l’offre de solutions éducatives innovantes, en passant par l’élaboration de dispositifs sanitaires, jusqu’à la conception d’abris temporaires fonctionnels. Ces derniers ont toutefois, eux aussi, subi les effets négatifs des cadres institutionnel et réglementaires existants.

Dans l’ensemble, les ES sont confrontées à plusieurs défis liés à la bureaucratie et à une législation inadéquate tels que : des taxes élevées, des procédures douanières complexes, des formalités administratives ou une réglementation excessive. Il est important de noter que le manque de reconnaissance légale d’une entreprise sociale en tant qu’entité juridique est un obstacle majeur qui oblige les entrepreneurs sociaux à choisir entre s’enregistrer comme i) organisation à but lucratif et doivent par conséquent renoncer à toute déduction fiscale, à la possibilité de recevoir des subventions et des dons (exonérés d’impôt) ainsi que d’autres avantages dont bénéficient généralement les associations à but non-lucratif ; elles peuvent sinon s’enregistrer comme ii) des associations à but non-lucratif, ce qui limite leurs possibilités de générer des revenus. Tout aussi préoccupant, la complexité de la législation existante ne semble pas bien comprise par les ES tout comme par les organisations de soutien.

Un autre obstacle majeur identifié par la grande majorité des personnes interrogées était l’obtention d’un financement pour leur développement et leur croissance. Les prêts bancaires et les microcrédits étant hors de leur champ d’application ou inenvisageable, la plupart des ES se sont tournés vers les dons, et l’épargne personnelle, même si la recherche d’un investisseur est, pour elles, la meilleure façon de progresser.

Enfin, le manque d’assistance adéquate de la part des organisations de soutien a été un facteur supplémentaire qui a nui aux ES, qui se sont notamment plaintes du fait que les programmes d’incubation disponibles étaient trop peu adaptés et imposaient des contraintes inutiles à leurs opérations quotidiennes. Alors même que certaines organisations de soutien ont reconnu ce problème, plusieurs considèrent que les entrepreneurs sociaux sont insouciants et peu enclins à apprendre.

Le monde de l’entreprenariat social en Jordanie et au Liban, et en particulier la section en charge du travail avec les réfugiés, est encore relativement peu développé, peu organisé et non structuré. Il est toutefois relativement certain que le fait de pouvoir avoir un impact positif sur les moyens de subsistance des réfugiés résidant dans les deux pays est réel. Bien que l’entrepreneuriat social ne soit pas la seule réponse à la crise des réfugiés ; à la faveur d’un environnement législatif favorable, il est susceptible de devenir un acteur important notamment grâce aux nouvelles technologies qui permettent aux ES d’intensifier leurs activités et de potentiellement maximiser leurs impacts.

FEMISE MedBRIEF 27: « L’entrepreneuriat social pour atténuer la crise des réfugiés en Jordanie et au Liban »

Katarzyna Sidlo

La série MED BRIEF ambitionne de fournir une réflexion novatrice  pour la région Euro-Med. Les Briefs contiennent une analyse succincte et politiquement pertinente sur d’importantes questions EuroMed et présentent aux décideurs politiques les points de vue des chercheurs et des partenaires du réseau FEMISE.

Le FEMISE MED Brief intitulé « Le potentiel de l’entrepreneuriat social pour atténuer la crise des réfugiés en Jordanie et au Liban », est disponible (en anglais) en cliquant ici.

 

Résumé

Face à la crise actuelle des réfugiés en Syrie, le secteur privé a été de plus en plus impliqué dans les efforts visant à améliorer la situation. Le présent Policy Brief examine le potentiel d’un groupe particulier d’hommes d’affaires, les entrepreneurs sociaux, pour aider à soulager la situation de centaines de milliers de personnes déplacées qui ont trouvé refuge en Jordanie et au Liban.

La liste des FEMISE MED BRIEF est disponible ici.

 

Le Policy Brief a été réalisé avec l’aide financière de l’Union européenne dans le cadre du programme FEMISE. Le contenu de ce document relève de la seule responsabilité des auteurs et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.

FEMISE MedBRIEF 24: « L’impact économique des migrants et des réfugiés sur l’Europe »

Jamal Bouoiyour, Amal Miftah and Refk Selmi

La série MED BRIEF du FEMISE ambitionne de fournir une réflexion novatrice  pour la région euro-méditerranéenne. Les Policy Briefs contiennent une analyse succincte et politiquement pertinente sur d’importantes questions EuroMed et présentent aux décideurs politiques les points de vue des chercheurs et des partenaires du réseau FEMISE.

Le MED BRIEF « L’impact économique des migrants et des réfugiés sur l’Europe « , est disponible ici (en anglais).

Résumé

Ce Policy Brief présente les conclusions préliminaires d’une étude récente sur l’impact économique de l’immigration légale en termes de croissance et de chômage dans un grand nombre de pays européens. Il éclaire une question utile et intéressante pour le débat politique en distinguant explicitement les immigrés réfugiés et ceux de la catégorie économique. Notre recherche révèle un effet non négatif de l’immigration sur la croissance par habitant et sur l’emploi. Les résultats permettent d’envisager des implications particulières pour la collaboration des pays de l’UE sur la question de l’immigration et cherchent à éclairer des interventions de politique publique plus spécifiques et plus concrètes.

La liste des FEMISE MED BRIEF est disponible ici.

 

Le Policy Brief a été réalisé avec l’aide financière de l’Union européenne dans le cadre du programme FEMISE. Le contenu de ce document relève de la seule responsabilité des auteurs et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.

FEMISE MedBRIEF 20: « L’impact à long terme des réfugiés syriens sur l’économie turque »

 

Pr. Ramon Mahia (UAM, Spain) and Pr. Ali Koc (Akdeniz University, Turkey)

La série MED BRIEF du FEMISE ambitionne de fournir une réflexion novatrice  pour la région euro-méditerranéenne. Les Policy Briefs contiennent une analyse succincte et politiquement pertinente sur d’importantes questions EuroMed et présentent aux décideurs politiques les points de vue des chercheurs et des partenaires du réseau FEMISE.

Le MED BRIEF « L’impact à long terme des réfugiés syriens sur l’économie turque », est disponible ici.

Il est disponible en Arabe ici.

 

Résumé

• L’impact total sur la valeur ajoutée généré par les occupations de réfugiés syriens dans l’économie turque était estimé à 27,2 milliards de LT à la fin de 2017, soit 1,96% du PIB total de la Turquie.
 L’effet sur la production est estimé à 1,51% du PIB pour 2017. Cet impact suppose une augmentation de la production de 30,59 milliards de LT dans différents secteurs, générant une valeur ajoutée de 20,9 milliards de TL.
• L’effet sur la demande induite représente le reste de l’impact global, soit 0,45% du PIB en 2017. Cet effet implique une nouvelle production estimée à environ 11,7 milliards de TL, générant une valeur ajoutée de 6,2 milliards de TL. Cet effet est essentiellement produit par la consommation directe et les investissements de la population syrienne; l’effet direct est estimé à 0,3% du PIB pour 2017.
• Au total, l’emploi des autochtones induit par l’intégration économique syrienne (à la fois par la production et par la demande) était estimé à 132 454 personnes en 2017.
• L’impact direct de l’intégration économique syrienne est réparti de manière inégale entre différents secteurs, reflétant la présence plus ou moins importante des travailleurs syriens dans l’effet de production et les modes de consommation et d’investissement spécifiques.
• Les détails fournis par le schéma de simulation vont dans le sens voulant que l’amélioration des opportunités d’emploi pour les réfugiés en améliorant leur éducation et leurs compétences, en développant la capacité d’entreprendre et en fournissant des permis de travail dans des secteurs bien ciblés augmentera encore la contribution des réfugiés à la croissance économique.

La liste des FEMISE MED BRIEF est disponible ici.

 

Le Policy Brief a été réalisé avec l’aide financière de l’Union européenne dans le cadre du programme FEMISE. Le contenu de ce document relève de la seule responsabilité des auteurs et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.

« L’impact à long terme des réfugiés syriens sur l’économie turque » (rapport FEM43-05)

Une approche entrées-sorties (ES) est utilisée pour estimer la contribution économique des réfugiés syriens liée (1) à leur accès au marché du travail turc et (2) aux nouveaux investissements générés par le capital des Syriens grâce à l’épargne réalisée dans le pays. En utilisant cette approche méthodologique, nous examinons explicitement les liens intersectoriels de l’économie turque, ce qui nous permet d’étendre la portée d’une étude d’impact classique.

 Résultats pour 2017 (impact à court terme)
L’impact total sur la valeur ajoutée généré par les occupations de réfugiés syriens dans l’économie turque était estimé à 27,2 milliards de LT à la fin de 2017, soit 1,96% du PIB total de la Turquie.
L’effet sur la production est estimé à 1,51% du PIB pour 2017. Cet impact suppose une augmentation de la production de 30,59 milliards de LT dans différents secteurs, générant une valeur ajoutée de 20,9 milliards de TL.
L’effet sur la demande induite représente le reste de l’impact global, soit 0,45% du PIB en 2017. Cet effet implique une nouvelle production estimée à environ 11,7 milliards de TL, générant une valeur ajoutée de 6,2 milliards de TL. Cet effet est essentiellement produit par la consommation directe et les investissements de la population syrienne; l’effet direct est estimé à 0,3% du PIB pour 2017.
• Au total, l’emploi des autochtones induit par l’intégration économique syrienne (à la fois par la production et par la demande) était estimé à 132 454 personnes en 2017.
L’impact direct de l’intégration économique syrienne est réparti de manière inégale entre différents secteurs, reflétant la présence plus ou moins importante des travailleurs syriens dans l’effet de production et les modes de consommation et d’investissement spécifiques.
• Les détails fournis par le schéma de simulation vont dans le sens voulant que l’amélioration des opportunités d’emploi pour les réfugiés en améliorant leur éducation et leurs compétences, en développant la capacité d’entreprendre et en fournissant des permis de travail dans des secteurs bien ciblés augmentera encore la contribution des réfugiés à la croissance économique.

Réfugiés et pays d’accueil: modèles d’intégration et options de politique de coopération

Du point de vue européen et jordanien, il est essentiel de préparer des instruments capables de saisir les changements en cours et d’identifier les objectifs pertinents, ainsi que de suivre le segment en croissance rapide des migrants qui s’intègre dans le tissu économique local. La recherche policy-oriented italienne sera bientôt confrontée à la nécessité d’explorer un nouveau contexte où une plus grande part de la population migrante sera composée de réfugiés avec des ressources plus réduites en termes de sources de financement, de réseaux sociaux et familiaux et de filets de sécurité. Dans cette perspective, la contamination mutuelle de la recherche et de l’expérimentation politique dans des contextes lointains, qui à de nombreux égards commencent à partager des préoccupations similaires, doit être cultivée et renforcée. L’expérience lancée en Jordanie sur la question de l’intégration économique des réfugiés constitue une base importante pour le développement de politiques spécifiques. La petite contribution représentée par la présente étude peut, dans cette perspective, fournir des aperçus et tracer des chemins pour un approfondissement souhaitable de la recherche.

Effets des réfugiés syriens sur les marchés du travail des pays hôtes du Moyen-Orient et d’Europe

Cette recherche vise à contribuer à l’évaluation de l’impact des réfugiés sur les marchés du travail et sur les économies des différents pays. La revue par pays et les résultats empiriques nous amènent à quatre principales recommandations politiques.

En ce qui concerne la majorité des pays, aucun lien n’a été trouvé entre l’afflux de réfugiés syriens et le chômage ou les salaires. Tout d’abord, nous recommandons de renforcer la tendance actuelle consistant à supprimer les obstacles spécifiques aux réfugiés sur le marché du travail.

En outre, dans les pays où le salaire minimum est élevé, des exceptions temporaires devraient être autorisées afin de promouvoir l’emploi des réfugiés.

Une autre recommandation importante est de fournir des opportunités de migration temporaire en phase avec les besoins du marché du travail et de remédier à la pénurie de main-d’œuvre dans certaines professions, telles que l’agriculture. Une enquête complémentaire est nécessaire en fonction des besoins de chaque pays.

Notre dernière recommandation consiste à offrir des possibilités et des programmes de travail temporaires ciblés, comme le font déjà certains pays européens, à la population locale susceptible d’être affectée par l’intégration des réfugiés et aux réfugiés eux-mêmes.

Pierre Vimont « Chaque Etat européen doit participer à l’effort d’accueil des réfugiés de manière équitable »

Consultant à Carnegie Europe et ambassadeur de France auprès de l’Union européenne, Pierre Vimont fut l’organisateur du sommet de la Valette sur les migrations en novembre 2015. Ce spécialiste de la politique européenne de voisinage, des relations transatlantiques et de la politique étrangère française participait à la conférence annuelle du Femise, les 29 et 30 avril 2017 à Casablanca. Une centaine d’experts méditerranéens ont livré leurs analyses sur le thème de la « Migration et crise des réfugiés dans l’UE-Med: l’aube d’une ère de responsabilité partagée ? ».

Pierre Vimont est un expert de la politique européenne de voisinage, des relations transatlantiques et de la politique étrangère. ©N.B.C

Pierre Vimont est un expert de la politique européenne de voisinage, des relations transatlantiques et de la politique étrangère. ©N.B.C

Depuis 2010, les états arabes traversent une crise sans précédent. Quel est l’état des lieux ?

Ces crises ont suscité l’espoir en 2010 tant du côté des pays arabes que des États européens. Mais certains pays ont très vite rencontré des difficultés économiques. Le désenchantement a succédé aux espérances en Syrie, en Libye et au Yémen. Nous constatons une réelle difficulté à définir les actions à mener pour aider ces pays à parvenir à la stabilité politique, sécuritaire et à trouver un peu de prospérité économique.

L’immigration des réfugiés a fragmenté le territoire européen. Cette question ne représente-t-elle pas un danger pour l’Europe ?

La gestion de la crise des réfugiés suscite une profonde division au sein des États membres. Cependant, il ne faut jamais désespérer de l’Europe. La solidarité, la coopération loyale entre tous les partenaires, constituent la clé du problème. L’Italie et la Grèce, compte tenu de leur position géographique, font beaucoup plus d’efforts pour accueillir les immigrés et leur accorder le droit d’asile. En 2016, 770 000 personnes ont bénéficié du droit d’asile. Il existe trop de disparités entre les Etats. Chacun doit participer à l’effort d’accueil des réfugiés de manière équitable. Près de 450 000 résident en Allemagne, la France n’en compte que 35 000.

Comment se positionne la France ?
Pierre Vimont lors de la conférence annuelle du Femise, les 29 et 30 avril 2017 à Casablanca. ©NBC

Pierre Vimont lors de la conférence annuelle du Femise, les 29 et 30 avril 2017 à Casablanca. ©NBC

L’effort français en matière de droit d’asile reste très inférieur à l’Allemagne. Ce pays comble un déficit démographique générateur d’emplois non pourvus. La France essaie d’améliorer son système de doit d’asile, de le rendre plus performant pour que les décisions soient prises plus rapidement. Les délais avoisinent actuellement une année mais devraient se voir réduits de moitié. L’opinion publique française demeure très réservée à l’égard des réfugiés et des émigrés économiques. Les autorités françaises sont assez prudentes sur ce dossier. Beaucoup pensent que les immigrés génèrent une concurrence déloyale. Or ils occupent des postes que les Français refusent comme la collecte des ordures ménagères dans les grandes villes ou l’emploi des travailleurs saisonniers dans le domaine agricole.

Comment éviter tout risque d’amalgame entre les attentats et la montée de l’islamisme ?

Les dirigeants politiques, les intellectuels, des élites doivent faire œuvre de pédagogie. Ils doivent expliquer les phénomènes migratoires pour éviter tout risque d’amalgame. Pour cela, il faut avoir le courage de parler haut et fort et d’expliquer la réalité du terrain. Les réfugiés politiques ne sont pas des immigrés en situation illégale attirés par des employeurs peu scrupuleux. Ce sont des citoyens persécutés dans leurs pays, sans autre alternative que de fuir.

Les rapports des sessions plénières de la conférence annuelle FEMISE 2017 sont disponibles en cliquant ici.

Interview réalisé par en partenariat avec Econostrum lors de la Conference FEMISE de 2017- Photo par Nathalie Bureau du Colombier.

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