Archives du Tag : méditerranée

Les pays du Sud Méditerranéen face aux défis environnementaux

capture-decran-2016-11-17-a-11-02-58Par : Dr. Constantin TSAKAS (Délégué Général de l’Institut de la Méditerranée, Secrétaire Général du FEMISE), auteur principal du Chapitre «La région Sud-Med post-Printemps Arabes et les potentiels pour l’environnement » du rapport ENERGIES2050[1] « Les Défis du Changement Climatique en Méditerranée », publié à l’occasion de la conférence internationale COP22 qui a eu lieu à Marrakech, le 15 Novembre 2016

L’Institut de la Méditerranée (IM) et le FEMISE ont contribué en écrivant un chapitre pour le rapport ENERGIES 2050 sur les changements climatiques en Méditerranée qui a été présenté à la COP22 de Marrakech le 15 Novembre 2016. Cet article présente des résultats de recherche présents dans le chapitre.

Le rapport est disponible au téléchargement en cliquant ici.

 

Quelques progrès, mais des opportunités qui restent à saisir…

La prise en compte de l’environnement dans les décision économiques et politiques avec notamment le développement des énergies renouvelables constitue un grand défi pour l’avenir de la planète et bien évidemment pour la Méditerranée.

tsakas-environment-r

Dr. Constantin TSAKAS (DG Institut de la Méditerranée, SG FEMISE)

Le Sud de la Méditerranée a fait quelques efforts en termes d’Efficacité Energétique (EE) et de développement d’Energies Renouvelables (ER) bien qu’il reste encore de nombreuses opportunités pour rattraper le reste du monde. Au milieu des années 2000, la part des ER (hydraulique, éolien, solaire, géothermie) dans la consommation d’énergie primaire restait déjà très en dessous de celle nécessaire pour atteindre l’objectif de la Stratégie Méditerranéenne pour le Développement Durable (SMDD) (l’espoir était d’attendre 7% en 2015).

Hélas, entre 2000 et 2014, on note une croissance annuelle positive de l’intensité énergétique primaire pour des PM comme l’Egypte (+0,8%), l’Algérie (+0,9%) et la Libye (+2,6%) ce qui suggère qu’elles restent des économies de plus en plus gourmandes en énergie par rapport à leur niveau de PIB. Cependant, des pays comme la Jordanie (-1,4%) et le Liban (-1,5%), semblent mieux tirer leur épingle du jeu, s’approchant des résultats qu’enregistre l’UE en termes de décroissance de l’intensité énergétique.

Ce que signifient les printemps Arabes quant aux progrès environnementaux de la région

Suite aux printemps Arabes, la région a de nouveaux défis à relever ce qui suggère que la promotion de l’environnement et des énergies renouvelables ont perdu quelques places dans la liste de priorités des pays. Cependant, les énergies renouvelables restent un secteur plutôt stable pour les investissements dans la région et n’ont pas trop faibli suite aux révolutions. Entre 2006 et 2015, on estime que la région représente 7,3 Mds € d’IDE et 144 projets (tels qu’enregistrés par l’observatoire ANIMA-MIPO) pour une taille moyenne de 50,7 M €. Malgré la stabilité, cela reste faible, surtout si l’on considère que le PIB de la Tunisie représentait à lui seul 47 milliards de US$ en 2013.

On notera tout de même que l’année 2015 a été une de plus importantes en terme de projets d’IDE annoncés depuis longtemps. Cela s’explique notamment par de grandes initiatives d’entreprises des Emirats Arabes Unis et Européennes qui relancent des projets de plusieurs centaines de millions d’euros, notamment dans le photovoltaïque et l’éolien, plus particulièrement en Egypte.

L’économie verte dans le Sud Méditerranéen

L’économie verte peut produire des impacts économiques significatifs en termes de production (directe et induite) et de création d’emplois. A titre d’exemple, une étude FEMISE (2013) a estimé qu’une industrie du CSP (Plants Solaires Concentrées) au Maroc pourrait avoir un effet global sur le PIB marocain de l’ordre de 1,27% à 1,77% jusqu’à 2050, créant plus de 200 000 emplois.

Mais de nombreuses barrières persistent, notamment le manque de ressources financières internationales ou locales, associé à une prime de risque élevée. En outre, les barrières politiques sont importantes et l’absence/l’instabilité du cadre fiscal et législatif pour le développement de CSP se fait toujours sentir.

Pistes de réflexion et recommandations pour le Sud de la Méditerranée

Les gouvernements des pays du Sud de la Méditerranée devraient songer à devenir des véritables partenaires qui co-construisent l’intérêt écologique se basant sur les acteurs locaux et en ouvrant la voie vers une économie verte. L’impulsion donnée par la multiplication d’accords territoriaux entre l’Etat et les territoires sur des actions qui favorisent un développement durable permettrait de consolider un cadre de gouvernance multi-niveaux.

logo-cop22-919x650En outre, on peut imaginer que l’Etat appui davantage des projets écologiquement durables qui répondent aux besoins réels des territoires à risque environnemental. Des diagnostics territoriaux seraient nécessaires pour faire des territoires un « axe d’une réorientation de l’économie vers un développement local durable ». Ces diagnostics pourraient ensuite ouvrir sur des pactes territoriaux de relance réunissant tous les acteurs participant au développement durable des territoires/régions.

Outres ces recommandations sur le plan politique, il s’agirait plus généralement d’avoir une orientation qui permette d’exploiter des opportunités dans le secteur privé. Ces possibilités ne se limitent pas à un secteur en particulier, mais les secteurs manufacturiers, la finance et l’assurance, la construction et les activités professionnelles, scientifiques et techniques se distinguent.

Enfin, il faudrait que les PM exploitent leurs points forts en termes d’EE et ER qui sont un potentiel solaire élevé (irradiation), des faibles coûts de main-d’oeuvre des employés non qualifiés, une industrie locale émergente et le fait que pour l’Europe le développement de l’économie verte en Méditerranée (ex. de l’industrie solaire) serait une véritable valeur ajoutée.

 

[1] ENERGIES2050 est une association française basée à Nice (France). ENERGIES 2050 entend notamment promouvoir et encourager la maîtrise de la demande en énergie : la sobriété énergétique, l’efficacité énergétique et le développement des d’énergies renouvelables. , FEMISE et l’Institut de la Méditerranée ont choisi de s’associer à se partenaire important dans le domaine du changement climatique pour avoir une voie supplémentaire pour répondre aux défis de la région EuroMed et atteindre le processus décisionnel.

Adhésion de FEMISE à ANIMA

Les coordonnateurs de FEMISE, Institut de la Méditerranée (France) et Economic Research Forum (Caire), ont le plaisir de vous annoncer l’adhésion de FEMISE au réseau ANIMA Investment Network en tant que Membre Stratégique.

 

femise-anima

ANIMA Investment Network est une plateforme multi-pays de coopération pour le développement économique en Méditerranée. Le réseau ANIMA, basé à Marseille (France), fédère des agences nationales et régionales de promotion des territoires, des organisations internationales, des associations d’entrepreneurs, des pôles d’innovation, des investisseurs et des instituts de recherche.

L’identité de FEMISE est liée à la consolidation d’un réseau d’instituts de recherche capables de mettre en place des interactions Nord-Sud et Sud-Sud. Au sein du réseau, nous avons lancé une dynamique de transfert de savoir-faire et de connaissances. Nos travaux et actions se font toujours en étroite collaboration entre économistes des deux rives ce qui fait notre force.

Dans un climat régional qui évolue, il est apparu naturel au FEMISE de s’associer à ANIMA, réseau qui a des valeurs que nous partageons et qui présente des objectifs et un savoir faire complémentaires. Cette adhésion permettra de faciliter les synergies pour produire et maximiser l’impact des recommandations auprès des responsables politiques UE-Med. Elle permettra également d’accroitre la capacité de dissémination/communication et de se positionner sur davantage de dossiers qui pourraient bénéficier d’un « pooling » de compétences complémentaires.

Une première association entre les deux structures historiques de Marseille dans le cadre d’un projet sur la région euro-méditerranéenne sera annoncée dans les prochaines semaines.

Ce premier projet marque le début d’une collaboration de long terme qui ouvre des opportunités nouvelles pour nourrir la dynamique Euro-Méditerranéenne.

Le Potentiel Réel de l’Economie Numérique discuté aux « 12èmes Rendez-Vous Economiques de la Méditerranée »

12èmes Rendez-Vous Economiques de la Méditerranée

« Développement du numérique et marché du travail en Méditerranée »

Introductory speech by Johannes Hahn, EU Commissioner for European Neighbourhood Policy and Enlargement Negotiations, Rendez Vous Economiques de la Méditerranée, Marseille, Villa Méditerranée, November 3rd (photo by Robert Kao)

Johannes Hahn, EU Commissioner for European Neighbourhood Policy and Enlargement Negotiations, 12th Rendez Vous Economiques de la Méditerranée (photo FEMISE)

Cette année, les douzièmes Rendez-Vous qui se sont tenus le jeudi 3 novembre après-midi, dans le cadre de la semaine économique de la Méditerranée (Marseille, Villa Méditerranée), ont été consacrés aux modifications profondes de l’appareil productif et plus spécialement de l’espace social du travail consécutives au développement numérique.

Les débats ont permis de discuter de la contribution réelle du numérique dans le développement futur des pays méditerranéens, les perspectives offertes dans plusieurs secteurs en matière de création d’emplois (et de pertes du fait de la diminution attendue des emplois codifiés) et les fondements des politiques publiques incitatives retenues.

Ils ont permis également de discuter les politiques menées dans le cadre international, en particulier dans le cadre de la grande région euro-méditerranéenne.

FEMISE s’est associé aux organisateurs (Cercle des économistes et Institut de la Méditerranée) et a participé aux débats.

pat-rv

Patricia Augier, Co-ordinator and Scientific Director of FEMISE (photo FEMISE)

Lors de son intervention, Pr Patricia AUGIER, Co-ordonnatrice et Directrice Scientifique du FEMISE, a souligné qu’en agissant entre autre sur différentes composantes du marché du travail, le numérique peut potentiellement être un outil pour aider à la convergence économique et sociale des deux Rives de la Méditerranée. Il s’agit d’un potentiel bien réel, en termes de croissance, de nouvelles vocations et d’emplois. Il faut toutefois que le Développement du numérique se fasse intelligemment, progressivement, pour que les apports positifs puissent être absorbés dans les pays en développement et émergents.

La position du Femise est que les effets positifs que peuvent amener les outils numériques (et notamment ceux qui passent par le marché du travail) sont bien réels, mais ne se produiront pas de façon spontanée : L’action publique est indispensable, non seulement pour transformer des effets potentiellement positifs du numérique en effets positifs observables, mais aussi pour éviter l’aggravation des différentes formes de divergence. L’intervention de Pr Patricia AUGIER est disponible ici.

Johannes Hahn, EU Commissioner for European Neighbourhood Policy and Enlargement Negotiations, Maryse Louis, General Manager FEMISE and Constantin Tsakas, General Manager Institut de la Méditerranée and General Secretary FEMISE (photo by Robert Kao)

Johannes Hahn (EU), Maryse Louis (DG, FEMISE and Prog Manager, ERF) and Constantin Tsakas (SG, FEMISE and DG, IM) (photo FEMISE)

Par ailleurs, les Rendez-Vous ont eu l’honneur et le plaisir d’accueillir Johannes HAHN, Commissaire Européen à l’Elargissement et à la Politique du Voisinage, qui a fait une intervention spéciale.

Dans son discours, le commissaire Hahn a souligné que les technologies et services numériques font maintenant partie de la vie quotidienne de la majorité de la population mondiale, ce qui apporte de l’efficacité et des communications abordables. Elles ont créé de nouveaux services et produits, donnant accès à de vastes quantités d’informations et éveillant la voix des citoyens ordinaires. Il ne fait aucun doute que la société durable de demain sera numérique. Cette révolution numérique, cependant, apporte également de nouveaux défis, tels que les nouvelles asymétries et les influences de puissance, les préoccupations de protection de données, les débats sur la juridiction aussi bien que les menaces de cyber-sécurité.

Le commissaire Hahn s’est réjoui de constater qu’il existe un dialogue politique actif sur l’économie numérique au niveau régional, suite à la réunion ministérielle de l’Union pour la Méditerranée sur l’économie numérique en 2014. Cette réunion a également identifié les défis communs à traiter et la coopération est en cours pour s’attaquer aux questions de big-data, d’infrastructure électronique, d’un cadre de communication électronique solide, de la vie privée, de la gouvernance d’Internet et d’autres domaines.

Le discours du Commissaire Hahn est disponible en cliquant ici (en anglais).

La déclaration finale des Rendez Vous Economiques est disponible ici.

Une vidéo résumant les rencontres du Commissaire avec les représentants du FEMISE et autres organismes basés à Marseille est disponible ci-dessous.

montage-rv-hd-copie

flag_yellow_low

FEMISE participated through the EU-FEMISE project on « Support to Economic Research, studies and dialogues of the Euro-Mediterranean Partnership ». The views expressed in this conference are the sole responsibility of the authors.

Séminaire Politique sur le thème « Libérer le potentiel du secteur privé dans les pays méditerranéens du Sud »

fem-aub-logoFEMISE a le plaisir d’annoncer que son prochain séminaire politique portera sur le thème « Libérer le potentiel du secteur privé dans les pays méditerranéens du Sud » et se tiendra le 5 Décembre 2016, à Beyrouth, Liban. Le séminaire est organisé en collaboration avec nos partenaires Institute of Financial Economics, à l’Université américaine de Beyrouth (AUB).

L’objectif de ce séminaire politique FEMISE-AUB est d’identifier les différents défis du secteur privé des pays sud de la Méditerranée. D’une part, la région souffre de grandes instabilités macroéconomiques; et d’autre part, le secteur fait face à des procédures administratives complexes qui rendent l’accès au financement pour les PME difficile. Le séminaire tentera de répondre à la question suivante: “Quelles mesures pourraient être prises pour débloquer les potentiels du secteur privé dans les pays du Sud Med?”. Pour répondre à cette question, trois sessions et une table ronde sont prévues.

Veuillez trouver la note conceptuelle avec plus de détails sur le contenu du séminaire en cliquant ici.

L’agenda est également disponible, en cliquant ici.

flag_yellow_highCet événement a reçu le soutien financier de l’Union européenne à travers le projet FEMISE  “Support to Economic Research, studies and dialogues of the Euro-Mediterranean Partnership”. Les opinions exprimées dans ce séminaire sont de la seule responsabilité des auteurs.

FEMISE est heureux d’annoncer les gagnants de son concours interne 2016 !

FEMISE int comp rd2Nous avons reçu quinze (15) propositions éligibles pour ce tour de 2016 sous le thème général de Gérer la Transition dans les pays du Sud de la Méditerranée. Une fois évaluées, neuf (9) propositions ont été sélectionnées par le comité de sélection FEMISE pour un financement dans le cadre du contrat FEMISE-Commission européenne “Support to economic research, studies and dialogue of the Euro-Mediterranean Partnership”*.

Les neuf propositions sélectionnées incluent 16 affiliés FEMISE de 11 pays EU-Med différents (4 du Nord et 7 du Sud) et avec la participation de plus de 35 chercheurs de la Méditerranée.

Les recherches en version « draft » seront présentées à la prochaine Conférence annuelle du FEMISE (début 2017).

FEMISE souhaite bonne chance à ses chercheurs dans les efforts qu’ils auront à entreprendre.

Nous encourageons fortement tous nos affiliés à faire de nouvelles propositions pour le troisième tour (printemps 2017) et nous vous souhaitons plein de succès dans vos activités de recherche.

Les gagnants sont (description en VO):

FEM42-02

Potential Accession to the Revised WTO Government Procurement Agreement: The Cases of Egypt and Turkey, Centre for International Economics at Bilkent University in Ankara (Turkey); along with Sussex University (UK), Cairo University (Egypt) and TOBB University (Turkey)

Egypt and Turkey are not signatories to the WTO Agreement on Government Procurement. The purpose of this project studying the effects of potential accession of Egypt and Turkey to GPA is fourfold. First, we shall discuss within a comparative framework the minimum standards required under the GPA with those of Egyptian and Turkish Public Procurement Systems. Second, we shall analyze the major characteristics of public procurement markets in Egypt and Turkey. Third, we shall conduct an empirical study on how successful the GPA is in achieving its objectives of transparency, non-discrimination, and fair and predictable conditions of competition in government procurement markets. Lastly, we shall analyze the benefits and costs of accessing the GPA.

FEM42-03

Emigrants selection and the modernization potential of transition economies : A comparative study of the MENA region over the period 2006-2013, IRES, UCLouvain (Belgium) ; with Middle East Technical University, Ankara (Turkey)

Human capital and cultural traits are two fundamental drivers of modernization and economic growth, as highlighted in the recent literature on growth accounting, on the determinants of technological diffusion across countries, and on the democracy transition. In this context, shocks that affect human capital accumulation and the distribution of cultural traits can have persistent effects on economic and political developments. This project takes advantage of a unique data set (the Gallup world polls) that includes information about individual characteristics, social norms and values, migration aspirations, perceived wellbeing, etc. We propose to use it to analyze the recent trends in emigration aspirations and selection (by education level and by cultural traits) in the MENA countries, and link them to the events that preceded or followed the Arab Spring.

FEM42-05Labor Market Program and informal Economy in Algeria, CREAD (Algeria) ; with ERUDITE, University Paris Est Creteil (France)

L’objectif de cette contribution est de tester l’effet du plan d’action mis en œuvre par le gouvernement algérien en 2008 pour le développement de l’emploi et la lutte contre le chômage. Nous évaluons son effet sur l’emploi informel et le secteur informel. Nous menons notre test sur trois catégories d’occupés : les salariés, les nouveaux salariés et les indépendants. Pour les salariés, nous nous intéressons à l’effet sur l’enregistrement à la sécurité sociale et pour les indépendants nous nous focalisons sur l’enregistrement administratif et fiscal de l’activité. Une fois que l’effet est identifié, nous testons une éventuelle hétérogénéité selon les neuf régions prédéfinies par le Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT), approuvé en 2010 comme un test de disparité spatiale.

FEM42-06

Twin Deficits and the Sustainability of Macroeconomic Policies in Selected European and Mediterranean Partner Countries: Post Financial and Debt Crises, Institute of Financial Economics (Lebanon); with Kedge Business School (France)

This proposed research will attempt to assess the sustainability of the EU’s and MPs current fiscal and macroeconomic policies, and evaluate whether they are violating the inter-temporal budget and external constraints for the public sector. It will mainly address the following research question. How can the EU and MED countries in financial and debt crises curb macroeconomic imbalances (debt, budget and current account deficits, as well as, balance of payment deficits) when they have been experiencing a recession since the 2008 US financial crisis, with high unemployment rates, rising inflation rates, and rising social demands for inclusion?

FEM42-07

La complexification des systèmes productifs comme vecteur de transition économique dans les MENA et le rôle des politiques de court terme. LEAD (Université de Toulon) (France) ; with Faculte des sciences economiques et de gestion de Sousse (Tunisia)

Les nouvelles contributions à la littérature sur la croissance économique ont fait valoir que la structure productive d’un pays, telle que mesurée par le niveau de complexité économique, reste un facteur décisif pour les différences de développement inter-pays et sont considérées être hautement prédictives de la croissance économique future. Toutefois, leurs déterminants au niveau des pays et leurs interdépendances spatiales entre les pays sont restés inconnus. Dans ce projet de recherche, nous étudierons d’une part empiriquement les principaux déterminants de la complexité économique à partir de la méthode de β-convergence conditionnelle. D’autre part, ce projet comporterait une étude de cas de 4 pays MENA (Algérie, Tunisie, Turquie et Emirats Arabes Unis), qui révèlerait l’effet significatif de la complexité économique sur la création d’emplois qualifiés à court terme.

FEM42-08 (Conditional acceptance)

Vulnérabilités du pilotage macroéconomique et méta-évaluation des programmes de réformes du FMI en période de transition politique : cas spécifique de la Tunisie et expériences comparées de l’Egypte, la Jordanie et le Maroc. Université de Tunis El Manar (Tunisia) ; with LEAD, Université de Toulon-Var (France)

Appliquée aux programmes de réformes achevés ou en cours d’implémentation par le FMI en Tunisie, cette proposition de recherche entend combler un déficit de connaissances relatif à la prise en compte des méta-évaluations des réformes, dont la grille d’analyse permettra d’identifier et d’analyser les facteurs clés de succès ou d’échecs des politiques menées. Ce faisant, et au niveau de sa partie économétrique, la proposition permettra aussi un apprentissage sur les expériences et scénarii comparés de réformes entreprises dans un échantillon raisonné de pays du printemps arabe incluant l’Egypte, la Jordanie et le Maroc durant la période de transition, pour mieux cerner leurs contextes particuliers, les contraintes de transposition des réformes d’un espace à un autre et les raisons qui expliquent leur réussite (ou leur échec) dans certains pays et pas dans d’autres.

FEM42-10

Inequality and inclusive growth in the South Mediterranean region: Are education and innovation activities favoring firm performance and citizens’ wellbeing? Institute of International Economics (Spain) ; with American University in Cairo (Egypt)

The main aim of the project is twofold. On the one hand, it aims at analyzing the recent trends in inequality and wellbeing in selected Southern Mediterranean countries at the regional, country/firm and at the individual level. On the other hand, it aims at identifying and evaluating the potential factors that may trigger and favor more equalitarian distribution of income in the region, focusing in particular on the role played by educational policies, innovation and managerial education in explaining progress in the short run, as well as quantifying their relative importance. Moreover, a macro perspective is added to analyze the link between inequality and growth in the MENA region.

FEM42-13

External and Internal imbalances in South Mediterranean countries : Challenges and Costs, October University (Egypt), European Institute, LSE (UK)

This study aims to provide a detailed analysis of the set of challenges that are affecting the stability and sustainability of external (im) balances of South Mediterranean Countries. It aims to do so, by exploring a number of inter linked questions, as follows : How are the South – MED countries dealing with their external / current account imbalances and why ? What/how austerity is implemented ; does it make sense in relation to the external positions of these countries ; and does it have high social costs / negative distributional effects ? If so, how are these effects mediated politically and through social policies ?

FEM42-15

“Assessing the Macroeconomic and Welfare Effects of Universal Health Coverage (UHC): A Dynamic Microsimulation-based Computable General Equilibrium (CGE) Applied to Algeria and Palestine”, GREQAM-AMSE Aix- Marseille University (France) ; with Research Center of Economic Applied for Development (CREAD) (Algeria) and Birzeit University (Palestine)

Universal Health Coverage (UHC) has recently been considered as a primary vehicle to fulfill all of the health-related goals in the newly adopted Social Development Goals (SDGs) (WHO 2015). While this reflects a strong commitment on the part of policy-makers to equity issues in health, achieving UHC requires an evaluation ex ante of its economic feasibility as well as its potential impact on social welfare. Indeed, it remains unclear whether (and to what extent) developing (low-and middle-income) countries can afford UHC (i.e., the economic feasibility) within the specified timespan of 2015-2030. Nonetheless, the potential welfare effects of such endeavor at both micro- and macro-level remain hitherto evidenceless.

This project aims at addressing these questions using an innovative epidemiological-demographic based dynamic micro-simulation method in a Computable General Equilibrium (CGE) framework. Specifically, we propose to analyze the micro and macro-level effects of a gradual expansion of health insurance coverage under different demographic and epidemiological scenarios in the context of two developing countries: Algeria and Palestine.

Les relations entre les institutions multilatérales et les Etats-nations du bassin méditerranéen : Compte rendu Conférence Toulon

PROSPECTIVES EN MÉDITERRANÉE :

CONTACTS, TENSIONS, VULNÉRABILITÉS

Les relations entre les institutions multilatérales et les Etats-nations du bassin méditerranéen : quels espaces de coopération et sources de tensions ?

Conférence PROSMED organisée par l’Université de Toulon avec l’appui du FEMISE*, Vendredi 03 juin 2016, 13h30 – 17h, Université de Toulon

Conférence PROSMED avec soutien FEMISE, Photo FEMISE

Conférence PROSMED avec soutien FEMISE, Photo FEMISE

Le processus de Barcelone signé en 1995 a posé les bases des relations de coopération entre l’UE et les pays du Sud de la Méditerranée. Cependant, 20 ans plus tard, il devient clair que le processus n’a pas rencontré le succès espéré. Les conditions politiques, sociales et économiques dans les deux rives ne sont plus les mêmes et cela se traduit par des relations distendues entre l’UE et les pays du Sud de la Méditerranée. Aujourd’hui, il devient de plus en plus difficile d’avoir une véritable vision sur l’avenir de la coopération Euro-Mediterranéenne. Suite à ce constat, les organisateurs de l’Université de Toulon (UTLN) et du FEMISE, ont souhaité s’entourer d’experts (Service Européen d’Action Extérieure, Banque Européenne d’investissement, FEMISE, Institut de la Méditerranée) pour traiter des questions de coopération entre l’Union Européenne et les pays du Sud de la Méditerranée. Quelles sont les difficultés actuelles, quelles coopérations peut-on à présent envisager et quel avenir pour la région Euro-Med ?

Conférence PROSMED avec soutien FEMISE, Photo Univ. Toulon

Conférence PROSMED avec soutien FEMISE, Photo Univ. Toulon

Après une introduction d’accueil par Dr. Y. Kocoglu (Université de Toulon) et L. Lévêque (Université de Toulon), Dr. Constantin Tsakas (Secrétaire Général du FEMISE et Délégué Général de l’Institut de la Méditerranée) a souligné que le thème de cette conférence était au cœur des problématiques du FEMISE.

Le réseau FEMISE est un « outil » qui fait le lien entre une grande institution qui est la Commission Européenne et les pays du Sud de la Méditerranée. Les pays du Sud semblent parfois mieux apprécier les recommandations de la société civile (ex. les Universités, les centres de recherche du réseau FEMISE) qui sont issues d’une approche plus souple et avec une image parfois plus complète des réalités économiques et sociales des pays du Sud. Ainsi FEMISE, qui compte 95 membres dont à peu près la moitié au Sud et en lien permanant avec les responsables politiques, est cette « voix » commune qui représente le point de vue des deux rives et qui permet parfois de faire passer des messages plus facilement.

Des relations entre l’UE et les pays du Sud qui ce sont distendues

Pr. Jean-Louis Reiffers (Institut de la Méditerranée), Photo Univ. Toulon

Pr. Jean-Louis Reiffers (Institut de la Méditerranée), Photo Univ. Toulon

Le Professeur Jean-Louis Reiffers (Pr. Emerite Université du Sud Toulon Var, Président du Comité Scientifique de l’Institut de la Méditerranée) ouvre le débat en insistant sur l’évolution des relations entre l’UE et les pays du Sud depuis le processus de Barcelone signé en 1995. Il rappelle que ce processus visait à établir des accords commerciaux privilégiés entre l’UE et les pays du sud et que ce processus comportait également un volet de réformes institutionnelles. Le processus de Barcelone n’a pas connu le succès espéré et les relations entre l’UE et les pays du sud de la méditerranée se sont distendues avec deux glissements importants. D’une part, l’attention de l’UE a été plus orientée à l’est suite à l’élargissement de l’UE vers les pays de l’est. D’autre part, la montée des puissances régionales au Moyen-Orient (Qatar, Arabie Saoudite, Turquie) a détourné les pays du sud de la méditerranée vers de nouveaux partenaires économiques et politiques.

Le Professeur Reiffers souligne avec insistance la nécessité de prendre en compte le fait que le commerce international génère également des « perdants » ceux dont les sources de revenus vont être mis à mal par les changements consécutifs à l’ouverture commerciale et les accords signés entre l’UE et les pays du sud ne tiennent pas assez compte de ce résultat et ne prévoient donc pas des politiques de redistribution qui permettrait d’assurer une croissance soutenable pour la population.

Enfin, M. Reiffers souligne qu’un élément est systématiquement absent des accords entre l’UE et les pays du sud de la méditerranée : il s’agit du capital humain. Le facteur travail a été analysé sous l’angle sécuritaire et de la menace d’immigration par l’UE et non sous l’angle d’un potentiel à développer par les politiques de formation et de qualification.

Politique de Voisinage : Ambitions et Limites

En deuxième partie, M. Mingarelli (Service Européen d’Action Extérieure) revient également sur le processus de Barcelone qui a marqué une volonté de donner une impulsion aux relations bilatérales par des accords d’association, et un dialogue entre la Commission Européenne et les pays partenaires sur des secteurs d’intérêt commun (énergie, transport, …).

Hugues Mingarelli (Conseiller au sein du Service européen pour l'action extérieure), Photo SAEE

Hugues Mingarelli (Conseiller au SEAE), Photo SEAE

M. Mingarelli souligne qu’en 2005, la Politique européenne de voisinage couvrait l’Europe orientale, le Caucase du Sud, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. L’un des objectifs est d’intégrer les économies de certains pays partenaires (Maroc, Tunisie) dans le marché unique de l’UE. Puis, les mouvements sociopolitiques initiés par les « printemps arabes » ont surpris l’UE mais également les autres puissances comme les USA ou la Russie. L’UE a, durant cette phase, proposé une aide à la transition politique avec par exemple de l’assistance technique sur l’amendement/rédaction de la constitution, sur l’organisation des élections, sur la mise en place d’une justice transitionnelle, sur une aide pour promouvoir les acteurs de la société civile (presse, syndicats, associations..).

Enfin, les conflits armés (Libye, Irak, Syrie) associés aux risques terroristes, aux mouvements de révoltes sociales et à la crise des migrants créent un climat de tensions fortes dans la région dans lequel il est difficile pour l’UE de dessiner un espace de coopération clair et serein avec les pays du sud. En 5 ans, les différents conflits dans la région (notamment en Syrie) ont provoqué des millions de déplacés dont 10 millions uniquement pour le conflit syrien soit 1/3 de la population.

Le besoin de redonner une Vision Régionale

Henry Marty-Gauquié (BEI), Photo Univ. de Toulon

Henry Marty-Gauquié (BEI), Photo Univ. de Toulon

La Méditerranée est plus fragmentée que jamais. C’est le constat que dresse M. Henry Marty-Gauquié (Directeur Honoraire BEI France) soulignant que la Méditerranée est particulièrement sensible et vulnérable aux chocs et crises exogènes. Ceci tient à sa composition socio-économique (mixité et interdépendance culturelle, sociale et économique entre le Nord et le Sud ; la faible résilience à l’adversité économique[1]) et à son positionnement géostratégique.

Au cours des 15 dernières années, la Méditerranée a subi une accumulation de chocs, souvent d’origine non méditerranéenne, mais ayant particulièrement atteint la région (ex. les attentats du 11 septembre avec diabolisation de l’islam, le contrecoup de la crise économique mondiale en 2008 et les tensions résultant de ses ampliations successives, le sursaut démocratique arabe et la guerre en Libye avec des conséquences sur le Sahel et le Machrek etc)

Pour M. Henry Marty-Gauquié, deux facteurs ont eu un effet particulièrement aggravant sur l’acuité des tensions en Méditerranée ? Il s’agit i. de la conflictualité généralisée générée par la mondialisation : crises économique, tensions sociétales, incapacité des nations occidentales à anticiper et gérer les crises etc et ii. de l’incapacité du monde arabe à gérer sa transition démocratique et à assurer son redressement économique.

Cela a contribué à une perte de vision sur les objectifs régionaux de coopération et de développement, au retour au bilatéral et aux relations différenciées entre l’UE et ses partenaires du Sud. Cela a induit la disparition de l’intérêt mutuellement avantageux à coopérer et à atteindre des objectifs d’intégration régionale.

Henry Marty-Gauquié, souligne que l’Union européenne reste un acteur majeur, mais qui n’est plus décideur en Méditerranée. Après 8 années de crise économique et de mise en danger de la cohésion européenne, l’UE semble donner la priorité à l’amélioration de sa stabilité économique et à la survie du projet européen, plutôt qu’au développement de son espace économique extérieur (Politique de voisinage).

Pour M. Henry Marty-Gauquié , l’UE ne sera capable de reprendre une position de leadership sur son voisinage Sud qu’à moyen ou long terme, lorsque des progrès auront été réalisés dans les domaines suivants :

  • Que la situation intérieure de l’UE se soit stabilisée (économiquement et politiquement) et que les opinions publiques se soient à nouveau emparées du désir d’intégration européenne, permettant la définition de nouvelles priorités pour la gestion de son voisinage (Sud et Oriental), ainsi que des instruments pour incarner la réalisation de ces objectifs (politiques et financiers) ;
  • Que la situation conflictuelle au Machrek, ainsi que la gestion des flux migratoires, aient trouvé des solutions stabilisatrices, permettant de diminuer la conflictualité dans la région (et dans les opinons européennes) ;
  • Que la volonté de coopérer autour de la gestion des « biens publics régionaux » en Méditerranée ait repris forme, au moins à l’échelle sous-régionale, par la prise d’une initiative politique majeure, intelligible pour les opinions et dotée de moyens politiques et financiers crédibles ;
  • Qu’une telle initiative intègre les dimensions régaliennes que les séquences conflictuelles ont fait émerger ces dernières années en Méditerranée : sécurisation contre les risques essentiels (alimentaire, sanitaire, énergétique et climatique), gestion des frontières, des flux migratoires, de l’équilibre des territoires, des générations et des genres. Ce qui suppose en préalable que les Etats membres de l’Union définissent entre eux un nouveau « pacte social » (ou constitutionnel) sur la gestion partagée de ces objectifs.
Conférence PROSMED avec soutien FEMISE, Photo Univ. Toulon

Conférence PROSMED avec soutien FEMISE, Photo Univ. Toulon

En dernière partie, le professeur Philippe Gilles (Professeur, Université de Toulon), après avoir synthétisé les débats, termine en mettant en perspective l’évolution des relations entre l’UE et les pays du sud par l’apport de la théorie économique. Il insiste sur la nécessité de considérer la redistribution des gains à l’échange et sur l’effritement des accords de partenariats qui ne seraient plus perçus comme mutuellement avantageux. Les pays du sud ne voient pas bien les avantages qu’ils pourraient tirer des accords proposés par l’UE alors que les contraintes en termes réglementaires et changements institutionnels sont fortes avec des conséquences immédiates notamment sur les normes de production. La question du conflit entre la souveraineté nationale et les accords régionaux, qui est présente également en Europe avec la montée de mouvements eurosceptiques, est très forte dans les pays du sud confrontés à des risques plus importants sur le plan sécuritaire. Aussi, avant même de penser aux perspectives d’intégration commerciale et financière, qui sont aujourd’hui vecteurs d’incertitudes, la priorité reste la consolidation de l’ordre intérieur.

En conclusion, il ressort de la conférence que les relations entre l’UE et ses voisins du Sud auraient fort besoin d’un nouveau souffle porté par une vision (un projet) politique de moyen-long terme.

[1] La société méditerranéenne est organisée autour du lien familial qui assure la solidarité face à l’adversité. Les politiques publiques de redistribution sont faibles et peu différenciées. Ces caractéristiques expliquent la vulnérabilité des sociétés méditerranéennes à la corruption et à l’économie souterraine.

* Le FEMISE a participé à cette manifestation avec l’aide financière de l’Union Européenne dans le contexte du projet UE-FEMISE sur: « Support to economic research, studies and dialogue of the Euro-Mediterranean Partnership”.

Quels espaces de coopération entre institutions européennes et États du bassin méditerranéen ?

Hugues Mingarelli, Conseiller au sein du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) a présenté son analyse sur les différentes formes de coopération entre l’UE et le sud de la Méditerranée le 3 juin 2016 lors d’un cycle de conférences PROSMED organisé à l’Université de Toulon avec le soutien du Femise *.

Hugues Mingarelli, Conseiller au sein du Service européen pour l'action extérieure. Photo SAEE

Hugues Mingarelli, Conseiller au sein du Service européen pour l’action extérieure. Photo SAEE

Quels outils l’UE peut-elle partager avec les pays du Sud  de la Méditerranée pour favoriser leur intégration ? 

Hugues Mingarelli : L’UE peut partager son expérience en matière de transition politique et économique, et les faire bénéficier de toute l’expérience qu’elle possède en matière de coopération régionale. Elle peut également mettre à disposition son expertise pour favoriser une presse indépendante, pour garantir une justice efficace, la tenue d’élections décentes, pour que les droits de l’homme soient pris en compte dans le travail de la police.

Est-ce que l’Accord de Libre Echange Complet et Approfondi (ALECA) envisagé entre la Tunisie et l’UE semble adaptable à d’autres pays? 

Hugues Mingarelli : Il faut chercher des solutions taillées sur mesure pour chacun des pays partenaires. L’idée de l’ALECA est de se libérer des bannières douanières généralement peu élevées pour les pays déjà membres de l’OMC. Il s’agit également de donner l’occasion aux pays qui le souhaitent la possibilité d’intégrer notre marché intérieur par la reprise des normes et standards de l’Union. Actuellement, des négociations avec la Tunisie et le Maroc se poursuivent, mais si d’autres pays du Moyen-Orient sont intéressés par ce genre d’approches, c’est-à-dire par une insertion progressive dans le marché de l’Union, je crois qu’ils ont tout intérêt à discuter avec l’UE de la possibilité d’accords de ce type-là.

Comment l’actualité et les changements politiques au  Sud influent-ils sur le processus d’intégration ?

Hugues Mingarelli : L’aspiration à la démocratie a provoqué dans un certain nombre de pays un désir redoublé de profiter de l’expérience que peut avoir l’UE en matière de transition démocratique. Mais dans certains pays cela a débouché sur une grande instabilité, comme par exemple en Libye. Et lorsque l’instabilité atteint un certain niveau, il devient difficile de promouvoir la transition et de profiter de ce que l’UE peut proposer comme expérience dans ce domaine.

Quel rôle les institutions de la société civile, à l’exemple du FEMISE, peuvent-elles jouer ? 

Hugues Mingarelli : Nous avons compris depuis longtemps déjà que nous ne pouvons plus nous contenter de rapports d’Etat à Etat, d’organisations internationales à Etat mais qu’il est important justement que la société civile prenne sa place dans les processus de transition politique et économique. Il faut continuer à travailler dans cette direction.

 

* Le FEMISE a participé à cette manifestation avec l’aide financière de l’Union Européenne dans le contexte du projet UE-FEMISE sur: « Support to economic research, studies and dialogue of the Euro-Mediterranean Partnership”.

 Propos recueillis par Laetitia Moreni, Econostrum.

S’inscrire à la Newsletter de Econostrum : http://www.econostrum.info/subscription/

11èmes Rendez-vous Economiques de la Méditerranée

IMGP0735bCette onzième conférence organisée par l’Institut de la Méditerranée (IM) / FEMISE et le Cercle des Economistes, s’est tenue dans les locaux de la Villa Méditerranée le samedi 7 novembre 2015, dernière journée de la semaine économique de la Méditerranée. Cette année, la conférence concernait l’initiative de la présidence luxembourgeoise de l’Union Européenne, en faveur d’une coopération renforcée de l’Europe avec les pays du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) pour ce qui concerne la formation professionnelle et l’entrepreneuriat.

IMGP0706L’équipe IM, convaincue du rôle de rapprochement et développement économique et social que peut jouer la formation professionnelle, avait déjà contribué à la conception de ce projet d’initiative sous la forme de la note stratégique « Pour une initiative sur la formation professionnelle de la Présidence luxembourgeoise de l’UE pour l’emploi des jeunes au Maghreb ». A présent, l’initiative est considérée comme « un premier pas essentiel pour traiter le problème du chômage des jeunes ». Les participants à la conférence appellent à « créer un fonds spécifique commun pour mobiliser les 200 millions nécessaires au programme de manière à pouvoir entamer le plus rapidement possible ce premier pas pour l’emploi des jeunes ».

-La déclaration finale des RV Med est disponible ici.

-Pour une émission spéciale de France Culture à l’occasion des 11èmes RV Med veuillez cliquer ici.

-Vous pouvez également lire les articles suivants sur le site du journal LaTribune:

« Quelle formation professionnelle pour lutter contre le chômage des jeunes en EuroMed ? » par Jean-Louis Reiffers, et

« La formation professionnelle, une priorité pour réduire le chômage des jeunes en EuroMed » par Constantin Tsakas

IMGP0679

IMGP0728

 

 

 

 

 

 

* Photo 1. Participants à la conférence, Photo 2. Fathallah Sijilmassi (Secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée) et Nicolas Schmit (Ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire du Luxembourg), Photos 3 et 4. Participants à la conférence.

Rapport MED2012 sur la croissance verte en Méditerranée

2012Med_FRAprès 24 mois de travaux, le CMI, le Femise et leurs partenaires viennent de publier leur rapport sur le potentiel de croissance verte en Méditerranée, intitulé « Rapport MED2012: Vers une croissance verte en Méditerranée: mise en oeuvre de politiques susceptibles d’accroître la productivité des actifs naturels ». Ce rapport thématique est le résultat d’une collaboration initiée par la Banque Mondiale, avec Femise comme coordinateur et plusieurs partenaires: l’Agence Française de Développement (AFD), la BEI et le Plan Bleu.

Contenant 6 chapitres, le rapport examine comment une croissance « verte » peut permettre un développement soutenable en améliorant la productivité des actifs naturels tout en prévenant les conséquences sociales négatives de la dégradation environnementale, notamment la question fondamentale de l’emploi. Ce rapport est une contribution pour ouvrir le débat et un appel à l’action pour résoudre les problèmes posés par la dégradation environnementale dans la région.

Comme l’indique le Directeur du CMI, Mats Karlson, le « Rapport MED2012: Vers une croissance verte en Méditerranée » est le fruit d’un processus de collaboration et de consultations dans lesquelles des décideurs politiques nationaux, les partenaires, les experts et les acteurs privés locaux ont échangé experiences, point de vue et attentes concernant ces problèmes dans la région. Le besoinde discuter de ces questions dans un rapport publié a largement été confirmé par le public comme par les décideurs privés lors des différentes consultations nationales. Il est clair dans ces travaux, que résoudre le défi multidimensionnel de croissance dans un contexte de vulnérabilité environnementale nécessite coopération, coordination et des mesures adéquat.2012Med_AR

Le rapport complet en Anglais (PDF, 140 p. 4,7 Mo)

L’aperçu général en Français (PDF, 20p., 2,8 Mo)

عربي (Aperçu en Arabe, PDF, 20p., 2,4 Mo)

Repenser la migration des médecins

adriouchyContrairement aux idées reçues, la migration des médecins des pays du Moyen-Orient et du Maghreb vers l’Europe ne bénéficie pas seulement aux pays d’accueil. Les pays sources tirent également parti de ces départs. Le renforcement des relations Nord-Sud dans les domaines de l’éducation et de la recherche médicales permettrait de parvenir à un schéma gagnant-gagnant.

Dans le sillage du rapport de l’Organisation mondiale de la santé de 2006, le Femise vient de publier un rapport sur l’émigration des médecins des pays du Moyen-Orient et du Maghreb vers l’Europe. Intitulé «Que peut-on apprendre de l’émigration des docteurs en médecine dans l’Union européenne : Les cas d’économies d’Europe centrale et est, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ?», le rapport de recherche livre une nouvelle approche des rapports Nord-Sud, jetant les bases d’une coopération basée sur l’économie et la politique sociale (voir FEM34-07 sur le site du FEMISE).

D’un côté, une Europe vieillissante en mal de médecins en particulier dans les campagnes et de l’autre des médecins formés au Moyen-Orient et du Maghreb qui aspirent à une vie meilleure. Les pays développés ne sont pas les seuls à tirer avantage de l’exode des cerveaux médicaux. Ce brassage peut produire un effet levier sur le système éducatif des pays sources.

Une nouvelle ère s’ouvre, les relations entre l’UE et les pays MENA sont repensées avec un renforcement de la coopération

« La nouvelle économie de la migration développe une approche dans laquelle le départ des travailleurs qualifiés n’est pas systématiquement générateur de fuite des cerveaux. Cela signifie d’une part que l’enseignement est apprécié ailleurs et que les médecins une fois installés en Europe ont la possibilité d’envisager de s’associer à un hôpital ou une faculté de médecine d’un pays du Sud, créant ainsi une mobilité circulaire. En parallèle, des médecins occidentaux peuvent souhaiter se rendre quelques mois dans un pays du Sud et rentrer en Europe. Ces mouvements contribuent ainsi à améliorer la Recherche. Cette question est insuffisamment développée dans les accords bilatéraux avec l’Europe », remarque Ahmed Driouchi, Professeur d’Économie à l’université Al Akhawayn au Maroc et auteur de ce rapport FEMISE.

La Méditerranée ne constitue pas une frontière étanche, en particulier dans le secteur de la médecine. L’Organisation mondiale du Commerce encourage le commerce international des services y compris dans le domaine de la santé. « Une nouvelle ère s’ouvre, les relations entre l’UE et les pays MENA sont repensées avec un renforcement de la coopération entre pays, entre hôpitaux », ajoute Ahmed Driouchi.

La collaboration peut se faire à travers des publications. Les pays européens bénéficient également de l’exportation de leurs technologies, de leur savoir-faire et de la coopération avec les institutions étrangères. Des flux d’échanges vont se créer.

« Les pays d’origine et de destinations accusent un déficit en médecins, mais le marché est ouvert. S’ils veulent convaincre les médecins d’exercer dans leur pays d’origine, les pays du sud devront coûte que coûte augmenter les salaires et avantages et mettre en place une véritable politique d’attractivité. Cela passe également par l’amélioration des conditions générales à savoir une vraie démocratie et une condition de vie améliorée », ajoute le Professeur Ahmed Driouchi.

Photo : D.R.

Article de Nathalie Bureau du Colombier, Econostrum. L’article fait partie d’une série d’articles conjoints réalisés dans le cadre d’un partenariat entre Femise et Econostrum pour l’année 2012, qui alimentent également la rubrique « Grand Angle»  du site d’information Econostrum. Vous pouvez retrouver cette rubrique et toutes les informations à l’adresse suivante : www.econostrum.info. L’inscription à la newsletter d’econostrum est accessible par : http://www.econostrum.info/subscription/