Archives du Tag : méditerranée

FEMISE célèbre la Journée mondiale de la Justice Sociale

Pour FEMISE, la recherche de la justice sociale est au cœur de sa mission de développement inclusif en Méditerranée et en Afrique. La récente publication du rapport EuroMed FEMISE sur les opportunités de l’entrepreneuriat social pour un développement durable dans la région n’est qu’un exemple récent de cet engagement.

Dans la vidéo ci-dessous créée pour cette journée, FEMISE a mobilisé des chercheurs, des jeunes et des partenaires du réseau pour découvrir leurs points de vue et leurs actions en faveur de la justice sociale.

Yasmine Fahim (responsable des programmes ERF) souligne comment le Forum de Recherche Economique (ERF), think-tank de premier plan dans la région MENA et co-coordinateur du FEMISE, a toujours accordé une attention particulière aux questions d’équité et d’inégalité dans la région MENA. D’abord en créant l’infrastructure de données pour permettre aux chercheurs de produire de la recherche. Ensuite, en menant plusieurs projets de recherche sur des questions telles que l’inégalité des chances, l’accès à la santé, à l’éducation et au marché du travail et bien d’autres. Enfin, ERF produit des initiatives de renforcement des capacités et a beaucoup investi pour renforcer les capacités de recherche dans ce domaine, notamment en organisant des ateliers de formation où les chercheurs de la région apprennent les dernières méthodologies de recherche.

Pour Tallie Hausser (SciencesPo., Columbia University), son expérience en tant que chercheuse au Liban et en Tunisie a été révélatrice en ce qu’elle a interagi avec des militants de la justice sociale trouvés dans des endroits inattendus. La co-auteure d’un récent Policy Brief FEMISE sur le potentiel de l’entrepreneuriat social souligne comment au Liban, malgré les barrières légales, des acteurs créent des opportunités d’emploi pour des femmes palestiniennes et syriennes, ou cherchent à résoudre les crises locales de gestion des déchets grâce à l’investissement d’impact . En Tunisie, les militants de la justice sociale utilisent quant à eux des modèles financiers innovants pour engager les jeunes dans le développement des compétences.

Constantin Tsakas, Yasmine Fahim, Tallie Hausser, Gwenda Haikal, Ameerah Anathalee, Julie Harb

D’autres, comme Ameerah Anathalee (Université d’Oxford), ont choisi d’explorer les obstacles auxquels les femmes leaders sont confrontées dans les pays en développement. S’appuyant sur des données recueillies lors d’entretiens avec des femmes leaders en Ouganda, elle fait valoir que certaines mesures spécifiques issues d’études occidentales peuvent avoir des effets néfastes sur le leadership des femmes dans les pays en développement, et que des solutions “bottom-up”, adaptées au contexte socio-économique du pays, sont essentielles. Davantage de recherches interdisciplinaires sont nécessaires pour expliquer comment nous cherchons à faire en sorte que les femmes aient une voix dans tous les secteurs, en particulier dans le secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène, où les femmes jouent un rôle central.

Parallèlement, Julie Harb (Université de Montréal) souligne l’importance de promouvoir les droits des migrants dans la région. En se concentrant sur le Liban, elle fait valoir que leurs droits du travail ne sont pas optimaux, avec un système de parrainage (kafala en arabe) dans lequel le statut juridique d’un migrant dépend d’un parrain (kafeel) pour la totalité de son séjour, ce qui le rend vulnérable. Les droits des jeunes doivent également être mieux protégés. Avec la situation économique et financière actuelle, le pays connaît une «fuite des cerveaux» avec une augmentation de la migration des jeunes, les moins de 20 ans représentant 46% des émigrés.

Cette urgence à agir pour les jeunes est partagée par (CIFE) dont le sujet de thèse se concentre spécifiquement sur les enfants des rues. Elle note qu’aujourd’hui 30% de la population libanaise vit sous la pauvreté tandis que 5% investit 90% des richesses du pays, cette inégalité sociale pousse des enfants mineurs à descendre dans la rue et à travailler au lieu de suivre un parcours éducatif. Elle souligne que l’éducation est la clé de ce problème. Investir dans l’avenir de ces enfants, c’est investir dans l’avenir du pays et de la région.

Dans leurs déclarations finales, tous les acteurs convergent vers une même conclusion: qu’il nous appartient à tous d’agir et de veiller à ce que les dirigeants, les entreprises et les communautés de la région remplissent véritablement leur rôle pour la justice sociale.

 

Article de Constantin Tsakas

FEMISE Appel à Policy Briefs- 30 Avril 2020

FEMISE invite tous les chercheurs et experts à soumettre des Policy Briefs originaux basés sur des recherches récentes effectuées sur des questions politiques, économiques et sécuritaires liés à la région EuroMed et l’Afrique.

Date limite de soumission:  30 Avril 2020

I. Introduction

Les Policy Briefs sont des outils de communication essentiels qui traduisent les résultats et les recommandations des travaux de recherche universitaire en une note de politique simple et concise qui pourrait être accessible non seulement aux décideurs, mais aussi au monde des affaires et au grand public.

Le choix du sujet est laissé ouvert aux chercheurs.

II. Admissibilité 

  • Le Call est ouvert à la fois aux membres et non-membres du réseau FEMISE.
  • Le Policy Brief peut inclure un ou plusieurs auteurs.
  • Les auteurs doivent être résidents d’un des pays de la région UE-Med

III. Thème et modèle du Policy Brief

  • Le Policy Brief devra être conforme aux « Directives générales de FEMISE pour les Policy Brief (en anglais) »
  • Le Policy Brief ne devra pas dépasser les 4 pages (environ 2000 mots).
  • Il devra être écrit dans un langage simple et non technique et devra inclure des recommandations politiques opérationnelles basées sur une recherche solide.
  • Le sujet devra être lié à la région UE-Med
  • Il pourra inclure un ou deux graphiques / tableaux à titre d’illustration et une sélection courte de références (d’un maximum de 5).
  • Il pourra faire référence aux papiers de recherche dont il sera éventuellement issu.

IV. Soumission et Procédure d’évaluation

Veuillez envoyer votre Policy Brief à contact@femise.org avec en CC c.tsakas@femise.org avec comme sujet: “Submission of a Policy Brief

  • Le (s) CV de l’auteur (s) doit être soumis avec le Policy Brief ainsi qu’une courte biographie (qui apparaîtra sur le Policy Brief si sélectionné) d’un maximum de 250 mots
  • L’évaluation sera basée sur les critères suivants:

– le choix du sujet et sa pertinence pour la région

– la contribution aux connaissances existantes

– les recommandations, leur pertinence politique et faisabilité

– le style d’écriture

Les Policy Briefs sélectionnés seront publiés dans la série des Policy Briefs FEMISE « MedBrief » et par ordre de priorité et pertinence du sujet.

FEMISE dans le top 100 des « réseaux Think-Tank » pour une deuxième année consécutive !

L’équipe FEMISE est heureuse d’annoncer que, pour une deuxième année consécutive, FEMISE est classé parmi les 100 « meilleurs réseaux Think-Tank » selon le « Global Go To Think Tank Index » de l’Université de Pennsylvanie (TTCSP), disponible ici !

L’indice mondial « Go To Think Tank » est le résultat d’une enquête internationale menée auprès de plus de 1950 universitaires, donateurs publics et privés, décideurs et journalistes qui ont contribué à classer plus de 6500 Think-Tanks en utilisant un ensemble de 18 critères développés par le TTCSP.

 

Par ailleurs, deux rapports FEMISE ont été inclus dans la liste des « meilleurs rapports d’études politiques produits par un think-tank« , ils s’agit de :

–  Le secteur privé dans les pays méditerranéens : Principaux dysfonctionnements et Opportunités de l’entreprenariat social (2019),

par Pr. Patricia Augier, Dr. Constantin Tsakas, Pr. Sami Mouley, Karine Moukaddem, Jocelyn Ventura.


Rapatriement des réfugiés des pays Arabes en Conflits: Conditions, coûts et scénarios de reconstruction (2019),

par Dr. Ibrahim Elbadawi, Dr. Samir Makidisi, Dr. Semih Tumen, Dr. Belal Fallah, Dr. Roger Albinyana, Dr. Maryse Louis, Ms. Jala Emad Youssef.

 

 

Le FEMISE, qui compte plus de 105 instituts membres, continuera à produire de la recherche économique politiquement pertinente et de qualité, pour avoir un réel impact dans la région Méditerranéenne.

Méditerranée : FEMISE braque les projecteurs sur les Femmes et Jeunes « Change Makers » 1/2

A l’occasion d’Emerging Valley, qui s’est tenu entre le 3 et 5 décembre derniers à Aix en Provence (France), FEMISE et Institut de la Méditerranée ont organisé un atelier sur les femmes et les jeunes « Change Makers » dans la région méditerranéenne. Ecomnews Med y était et voici ce que nous avons retenu.

Jordanie, Liban, Maroc, Palestine, Tunisie, Egypte… Les délégations sont venues de tout le pourtour méditerranéen pour cette journée. Femmes, jeunes, souvent les deux à la fois, ils et elles sont là pour « échanger les expériences » comme le note Layla Al Qassim, venue d’Amman pour l’occasion. D’abord un constat, celui que dresse le Secrétaire général du FEMISE Dr. Constantin Tsakas « On observe beaucoup d’inégalités en Méditerranée sur tout les plans, cependant on constate également qu’il y a beaucoup de femmes et de jeunes, qui sont notamment porteurs de solutions.

Dans la droite lignée de ce que propose le Think Tank depuis plusieurs années maintenant, le FEMISE s’est ainsi déplacé dans les pays de la Méditerranée pour « identifier les Change Makers » complète Dr Tsakas. L’objectif étant d’être sur le terrain pour proposer des solutions concrètes, effectuer de la Recherche-Action qui valorise des bonnes pratiques tout en offrant des recommandations pertinentes.  En clair, à l’image des Med briefs que produit FEMISE, il s’agit de proposer des travaux, des idées, des réflexions, qui pourraient servir à la prise de décision politique pour davantage d’inclusivité en Méditerranée.

Constantin Tsakas, Patricia Augier, Layla Al-Qasim, Karine Moukaddem, A’Laa Chbaro, Samah Ben Dhia, Hajar Khamlichi, Chiraz Karoui

« Nous avons besoin d’une recherche proche des besoins de la population »

Au cours des différents déplacements du FEMISE, le Secrétaire Général admet avoir rencontré « beaucoup de femmes porteuses de solutions. Ces femmes et jeunes dirigent, accompagnent, financent des projets qui ont un impact économique et social considérable sur leurs communautés, régions et industries ». C’est de la que naît aussi l’idée de cet atelier. Le Think tank veut mettre en valeur ces différentes femmes « parce que nous croyons beaucoup aux success-stories » abonde Dr Tsakas. Ainsi, Layla Al Qassim par exemple (voir vidéo ci haut) a pu évoquer les différentes avancées menées au sein de la chaine d’hotels « Landmark Hotels » en Jordanie, dont elle est Responsable des projets d’engagement stratégique et de durabilité,  comme « la mise en place d’une crèche gratuite et accessible à l’ensemble des employés ».

Une idée déjà en place dans plusieurs entreprises américaines ou scandinaves, et qui bénéficie aux employés et aux employeurs. Les premiers ont moins de trajet à parcourir pour déposer les enfants et sont moins stressés. Les seconds bénéficient d’une productivité plus grande, puisque le salarié est moins sous pression.

Mais il s’agit surtout d’une idée concrète et applicable rapidement « nous avons besoin d’une recherche proche des attentes de la population » souligne Karine Moukaddem, chercheuse junior chez Beyond Reform and Development et analyste politique rattachée au FEMISE. L’experte dans la question de développement durable en Méditerranée en est persuadéune recherche proche des attentes permet « des actions politiques proches des réalités de la population ».

Constat partagé par A’Laa Chbaro qui souligne aussi le besoin de redonner de l’ambition aux femmes Méditerranéennes et de la confiance pour se lancer. Le développement des compétences et le partage de connaissances étant des facteurs clés que la jeune entrepreneurs de vingt-trois ans, directrice de la branche MENA de l’association internationale Impact the world, cherche à développer.

L’atelier aura finalement permis de créer des ponts et de décloisonner des mondes, comme souvent avec FEMISE, entre la recherche et l’application sur le terrain, car c’est bien connu après tout, l’expérience et la science progressent toujours ensemble.

Dans une deuxième partie de cet article, nous nous focaliserons sur les intervenantes à l’atelier IM/FEMISE qui soutiennent les initiatives dirigées par des femmes et des jeunes dans d’autres domaines, comme la sensibilisation environnementale et la prise de parole dans les médias..

par Sami Bouzid le 

Article réalisé en partenariat avec EcomNewsMed

Retrouvez l’ensemble des informations du think tank méditerranéen en cliquant ici. 

Moments de l’atelier IM/FEMISE à EV2019 : Renforcer les Femmes et Jeunes Leaders de la Méditerranée et d’Afrique (4/12, TheCamp, Aix-en-Pce)

Egalité des Genres : FEMISE signe la Charte de la Mixité Performante d’Altafemina

FEMISE était invité au Festival Altafemina (26 Novembre, Cinéma EuropaCorp, La Joliette, Marseille, France) et a eu l’honneur de signer la Charte de la Mixité Performante Altafemina. Cette charte valorise les organisations (entreprises, associations, institutions) qui s’engagent et agissent concrètement pour la mixité tant lors de leurs événements que dans leurs instances de gouvernance.

 

Constantin Tsakas (FEMISE, IM) & Samah Ben Dhia (Altafemina)

Après une brève présentation des activités du FEMISE, Dr. Constantin Tsakas (Secrétaire Général du FEMISE, Délégué Général de l’Institut de la Méditerranée) a souligné que la signature de cette charte est une première étape pour sensibiliser davantage les pays du Sud de la Méditerranée à la question de la mixité. Des recherches FEMISE ont démontré que des entreprises gérées par des femmes peuvent même illustrer une productivité du travail plus élevée. Néanmoins, les pays du Sud de la Méditerranée* sont caractérisés par des taux de participation des femmes extrêmement bas. Ce taux est de 29% en moyenne, l’écart avec d’autres régions dans le monde est considérable.

Remerciant Altafemina pour cette honneur, Dr Tsakas a ajouté que la mixité est une force pour FEMISE, l’équipe administrative compte autant d’hommes que de femmes et plus de 70% des jeunes chercheurs « ChangeMakers » FEMISE sont des femmes. Il s’agit avant tout de personnes compétentes et dynamiques, indépendamment de leur genre.

Dr Tsakas a aussi présenté les activités de FEMISE qui contribuent à une culture de mixité et à l’égalité des genres en Méditerranée. Parmi elles, il a souligné le récent partenariat avec Emerging Valley, dans lequel FEMISE mobilisera des jeunes femmes méditerranéennes qui dirigent, accompagnent et/ou financent des projets ayant un impact économique et social considérable dans leurs communautés, sociétés et industries. D’autres activités, notamment des vidéos de sensibilisation dans le cadre d’un partenariat avec Altafemina, sont attendues dans les prochains mois.

Le FEMISE est un Think-Tank, un réseau d’instituts de recherche en économie, qui produit des rapports de recherche à destination des décideurs politiques des deux rives de la Méditerranée. Le réseau mobilise plus de 100 centres universitaires de toute la Méditerranée sur 4 axes thématiques : Intégration Commerciale, Développement du Secteur Privé et Innovation, Sensibilisation aux Questions Environnementales et Développement de nouveaux modèles de croissance inclusifs et durables. Les résultats de ces recherches sont diffusés au moyen de plate-formes qui favorisent le dialogue et les débats politiques entre les parties prenantes, lesquelles sont composées de chercheurs, de la communauté internationale et des décideurs politiques. 

* Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Tunisie, Turquie, Territoires Palestiniens

Méditerranée : L’information, un « bien public » que FEMISE rend accessible

(article parut dans http://ecomnewsmed.com, par Rédaction Ecomnews Med le 

Plus d’une vingtaine de pays célèbrent la Journée internationale de l’accès universel à l’information ce 28 septembre. Focus sur l’action du réseau FEMISE, qui entend promouvoir l’accès à l’information des citoyens et des décideurs dans les pays de la Méditerranée.

L’information est un bien universel, qui se partage et se transmet, un droit auquel tous les citoyens devraient avoir accès. Un fait dont le réseau de chercheurs FEMISE est convaincu. Ainsi, pour favoriser ce partage d’information dans les pays de la Méditerranée, le Think tank apporte ses solutions.« Au FEMISE, nous faisons la promotion d’un accès libre à l’information. Nous pensons que c’est un bien public et nous encourageons tous nos partenaires et tous les membres du réseau à faire de même » assure ainsi Maryse Louis, Déléguée Générale du FEMISE.Comment ? En mettant en place des partenariats avec les sociétés civiles et des groupes de réflexion afin de diffuser les connaissances ou encore en offrant un accès libre à toutes les publications en ligne produites par les chercheurs associés. « FEMISE participe à la diffusion de l’information parce que le réseau fait le lien entre la recherche et les opérateurs qui ont besoin de s’appuyer sur les résultats de cette recherche » indique Patricia Augier, coordonatrice et présidente du Comité scientifique du FEMISE.

Oeuvrer à un changement social positif

L’objectif : apporter l’information aux citoyens et aux décideurs des pays de la région et favoriser ainsi un développement durable et inclusif. « L’accès à l’information est crucial en Méditerranée pour essayer d’atteindre des sociétés plus inclusives. Le FEMISE se penche sur ces questions pour essayer d’influencer les décideurs politiques », assure ainsi Charlotte François, de l’Université Clermont-Auvergne.

« Rendre l’information publique et la partager avec d’autres permet un meilleur mécanisme de suivi et de rapport, ainsi qu’un meilleur partage d’expériences et une mise en commun des enseignements tirés », poursuit Karine Moukaddem, Policy intern à l’Union pour la Méditerranée et chercheuse associée au FEMISE.

L’information est un enjeu crucial de la démocratie, puisqu’elle oblige notamment les décideurs à rendre des comptes. Une transparence qui permet d’oeuvrer à un changement social positif et d’aider au développement des pays de la région.

Car, comme le conclut Karine Moukaddem, « l’accès à l’information est la clé pour améliorer et optimiser les pratiques politiques ».

Article réalisé en partenariat avec EcomNews Med

La contribution économique de l’immigration sur l’Europe (rapport FEM43-17)

Nos résultats appuient dans une certaine mesure l’hypothèse selon laquelle les réfugiés et les autres migrants en situation légale n’entravent pas la croissance économique et limitent les possibilités d’emploi des résidents des pays d’accueil. Mais ces effets ne sont pas homogènes à travers différents niveaux de quantiles. Il est donc nécessaire de prendre en compte la situation économique des pays d’accueil (en particulier les niveaux de croissance économique et de chômage).

 

Inclusion financière et stabilité dans la région MED (rapport FEM44-01)

Malgré une croissance significative de la rentabilité et de l’efficacité, le système bancaire bien établi du Moyen Orient (MED) semble incapable de couvrir de vastes segments de la population, notamment les groupes les plus défavorisés. Pour ce faire, il incombe aux responsables politiques de la région de créer de réelles opportunités pour l’inclusion financière, afin de réduire la pauvreté et les inégalités de revenu. La question empirique de ce projet de recherche est de savoir si les pays MED sont parvenus à atteindre cet objectif. Ce papier évalue empiriquement l’impact de l’inclusion financière sur l’inégalité de revenu, la pauvreté et la stabilité financière dans la région MED, en utilisant des modèles économétriques GMM et GLS sur un échantillon de six pays (Algérie, Egypte, Jordanie, Liban, Maroc et Tunisie). La littérature empirique sur le sujet et pour cette région est assez restreinte. Ce papier contribue donc à cette littérature en comblant un manque important, tout particulièrement à la suite des récentes crises, financière et de la dette, et des récents troubles politiques, sociaux et militaires qui ont frappé plusieurs pays MED.

Nos résultats empiriques montrent que l’inclusion financière réduit les inégalités mais n’a pas d’impact significatif sur la pauvreté. D’autre part, l’inflation et la taille de la population augmentent à la fois les inégalités et la pauvreté. D’autres résultats indiquent que le taux d’enrôlement dans le secondaire, le taux de participation des femmes au marché du travail et l’ouverture aux échanges contribuent significativement à la réduction de la pauvreté. Nous trouvons également qu’une intégration financière renforcée est un facteur aggravant de l’instabilité financière, quand l’accélération de l’inclusion financière et l’accroissement de la population contribuent positivement à la stabilité financière. Cette étude a également établi qu’un meilleur accès aux services financiers contribue positivement à la résilience du système bancaire ayant comme base de financement les dépôts. Ceci est particulièrement important en périodes de crises financières. L’amélioration de la capacité de résilience du financement bancaire participe à la stabilité générale du secteur bancaire et au soutien de l’ensemble du système financier. Comme l’ont montré les récentes crises, de la dette et financière, la libéralisation et l’inclusion dans la région MED ne conduisent pas toujours à la réduction de la pauvreté et à l’amélioration de la stabilité financière. Nos résultats empiriques ont d’importantes implications politiques. Les responsables politiques devront trouver un compromis et décider s’ils souhaitent opter pour des réformes qui encouragent le développement financier (inclusion financière, innovation, accès aux services financiers, etc…) ou s’ils préfèrent mettre l’accent sur de nouvelles améliorations dans le domaine de la stabilité financière. Toutefois, des synergies entre la promotion du développement financier, l’inclusion et la stabilité financière peuvent exister. Les résultats de cette étude pourraient favoriser la mise en œuvre d’une meilleure politique de réforme du secteur financier en démontrant combien l’accroissement de l’utilisation du système bancaire peut avoir un impact direct sur la répartition des revenus.

Les tentatives récentes et insuffisamment coordonnées de libéralisation ont rendu les secteurs financier et bancaire MED plus vulnérables aux récentes crises de la dette et financière. En particulier, les tentatives précipitées de libéralisation et d’intégration financière des marchés financiers égyptien, jordanien et marocain avec des marchés américains et européens plus matures ont eu des conséquences désastreuses sur leurs secteurs bancaires et leurs marchés boursiers. Pour décider s’il convient de se concentrer sur des réformes de promotion du développement financier (inclusion financière, innovation, accès aux services financiers, etc…) et de réduire la pauvreté et l’inégalité de revenu ou sur des améliorations dans le domaine de la stabilité financière, les décideurs politiques devront faire des choix entre libéralisation financière, intégration et stabilité financière. Des politiques de libéralisation financière soigneusement conçues doivent être mises en place en temps opportun pour ne pas déstabiliser le système financier. Par ailleurs, les dernières crises, financière et de la dette, ont démontré que la libéralisation financière et son développement ne conduisent pas toujours à la diminution de la pauvreté et des inégalités, ou à stimuler la croissance et le développement. Au contraire, et dans de nombreux cas, les politiques visant à favoriser le développement financier et les innovations ont provoqué des recessions et eu des effets préjudiciables sur la croissance et le développement de nombreux pays MED, où l’écart entre riches et pauvres s’est creusé encore davantage.

La région MED se trouve à un tournant décisif, avec des changements qui bouleversent un grand nombre de ces pays et créent un environnement favorable à la réforme économique et financière. Ayant manqué un certain nombre d’opportunités de réduire la pauvreté et les inégalités, d’introduire de vastes réformes financières et institutionnelles, et de réaliser des progrès substantiels en termes d’inclusion financière, les pays MED doivent déployer davantage d’efforts dans le futur. Les mouvements sociaux dans la région et les séries antérieures de crises financières ont dévoilé les faiblesses de leur modèle de développement financier et soulevé la question de comment réformer le plus efficacement les politiques financières et créer l’espace nécessaire pour répondre au mieux aux besoins de tous dans la société, pour atteindre même les plus défavorisés. Le rythme lent de développement financier et les politiques de libéralisation adoptées dans la plupart des pays MED dans le passé ont toutefois donné un niveau de croissance économique acceptable, et permis d’atteindre les objectifs de stabilité économique et financière. Les booms pétroliers ont généré des taux de croissance acceptables, avec de meilleurs résultats pour les pays producteurs de pétrole que pour ceux moins développés. Néanmoins, l’impact de telles politiques économiques et financières n’a pas conduit aux résultats escomptés en termes de développement humain, de réduction de la pauvreté et de stabilité financière. La croissance n’a pas été inclusive et a creusé l’écart entre les riches et les pauvres, ce qui est particulièrement le cas en Egypte et au Maroc. En fait, pour certain, la libéralisation financière a aggravé l’instabilité financière. A la lumière d’une réévaluation critique des accomplissements et échecs des pays MED, une nouvelle approche de développement financier doit être adoptée. Ce nouveau modèle doit être plus holistique, intégrant les sphères financières et sociales, et être combiné à des institutions financières fortes. Il est essentiel que les politiques se développent pour accueillir ces sphères en les plaçant à un même niveau d’importance, et au service d’une vision de long terme axée sur le développement financier.

Le nouveau modèle doit repenser les politiques financières pour qu’elles intègrent des priorités de développement et opérer des changements structurels. Les politiques financières devront être redéfinies pour atteindre non seulement la stabilisation financière, un ajustement et la croissance économique, mais également pour amorcer la transformation requise et générer une croissance généralisée, inclusive et durable. Dans ce contexte, les instruments politiques tels que le développement financier et l’inclusion, la diversification et la libéralisation du secteur financier devront être traités avec attention. En même temps et dans le cadre de ce nouveau paradigme, les politiques financières ne devront pas se dispenser de répondre aux objectifs de la politique sociale où les intérêts et le bien-être de tous dans la société doivent être la cible. Il est donc de prime importance de garantir que la politique sociale soit indissociable des politiques de développement financier pour induire les transformations nécessaires et assurer l’inclusion financière et la croissance économique. Si les sphères sociales et financières doivent être reliées pour créer des synergies, ce nouveau modèle de développement financier n’atteindra pas ces objectifs si les réformes politiques et institutionnelles restent superficielles. Enfin, pour réduire durablement la pauvreté et les inégalités il faut admettre que les politiques, les institutions, les politiques financières et socio-économiques sont étroitement liées et ont un impact les unes sur les autres. Coordonner les politiques financières et sociales et les réformes institutionnelles et politiques induira des changements positifs et durables en vertu d’une vision de développement financier clairement définie.

Régulation Environnementale et Développement des Echanges Agricoles (rapport FEM44-06)

Les implications politiques de ces résultats sont les suivantes. D’abord, il est illusoire de considérer les accords bilatéraux de libre-échange comme capables, à eux seuls, d’accroitre les flux commerciaux entre les deux rives et de développer les secteurs agricoles des PSEM. En effet, et étant donné la vulnérabilité des produits agricoles, sans mesures d’accompagnement an amont, l’ouverture du marché européen dans le secteur agricole, en particulier celui des fruits et légumes n’apporterait qu’un avantage réduit à ces pays. Par ailleurs, des soutiens à la modernisation et à l’adoption de nouvelles technologies respectueuses de l’environnement et répondant aux exigences du marché européen sont nécessaires afin que les PSEM puissent réellement bénéficier de la libéralisation des échanges agricoles avec l’UE. Ensuite, l’harmonisation des mesures agro environnementales entre la Politiques Agricole Commune et celles instaurées par PSEM est fortement recommandée et devrait permettre à la fois d’accroître la compétitivité de leurs filières et de faciliter l’accès au marché européen. Ceci soulève un point important quant aux accords commerciaux envisagés ou en cours de négociation car il est important de prendre en considération la lenteur du processus lié à la transformation des systèmes de production agricole (la conversion vers l’agriculture biologique par exemple, la formation et l’adaptation des agriculteurs à des nouvelles technologies). De ce fait, des échéances adaptées doivent être prises en considération par les deux parties. Enfin, il est évident que l’harmonisation des mesures non tarifaires dans un deuxième temps selon le système international constitueraient un levier pour accroitre le commerce agricole et s’intégrer davantage à l’économie mondiale.

FEMISE MedBRIEF 26:  » L’inégalité des Chances dans la petite enfance en Méditerranée »

Moundir LASSASSI, Valérie BERENGER & Touhami ABDELKHALEK

La série MED BRIEF ambitionne de fournir une réflexion novatrice  pour la région Euro-Med. Les Briefs contiennent une analyse succincte et politiquement pertinente sur d’importantes questions EuroMed et présentent aux décideurs politiques les points de vue des chercheurs et des partenaires du réseau FEMISE.

Le FEMISE MED Brief intitulé « L’inégalité des Chances dans la petite enfance dans 6 pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée », est disponible au téléchargement en cliquant ici.

 

Résumé

La petite enfance est la période la plus importante pour le développement humain. Cependant, les pays ont tendance à sous-investir dans cette phase de développement, en particulier au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA). Les enfants sont confrontés à des opportunités inégales de se développer en raison des circonstances de leur naissance. Cette recherche  analyse les inégalités de chances dans le développement de la petite enfance dans trois pays du sud de la Méditerranée (Algérie, Maroc et Tunisie) ainsi que dans trois pays d’Europe orientale non membres de l’Union Européenne (UE) (Bosnie, Serbie et Ukraine). Les résultats démontrent qu’il existe une inégalité substantielle des chances dès le début de la vie. Diverses circonstances influent sur les inégalités précoces, notamment le niveau de vie du ménage, l’éducation de la mère et les différences géographiques.

La liste des FEMISE MED BRIEF est disponible ici.

 

Le Policy Brief a été réalisé avec l’aide financière de l’Union européenne dans le cadre du programme FEMISE. Le contenu de ce document relève de la seule responsabilité des auteurs et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.