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La complexification des systèmes productifs comme vecteur de transition économique et le rôle des politiques de court terme

FEMISE a le plaisir d’annoncer la publication de son projet de recherche FEM42-07, « La complexification des systèmes productifs comme vecteur de transition économique dans les MENA et le rôle des politiques de court terme”, coordonné par Pr. Nicolas Peridy (LEAD, Université de Toulon).

Notre travail montre que la complexité économique d’un pays peut être affectée par la performance de ses voisins puis influencée par sa propre position géographique. Toutefois, ce processus peut masquer des phénomènes régionaux de divergence qu’il faut mettre en relation avec les rôles joués par les politiques publiques nationales et/ou régionales, ainsi que les dynamiques économiques, structurelles et démographiques (Pib/tête, éducation, innovation, ressources naturelles, urbanisation, …).

Les principales recommandations sont :

  • Soutenir le développement des produits nouveaux et hautement sophistiqués commençant par fournir des incitations pour produire ces nouveaux produits, et cibler les activités qui ont des effets d’entrainement. En particulier, la Tunisie et les EAU devraient développer des produits complexes comme les machines, les clusters industriels chimiques et électriques
  • Mettre rapidement en place des formations adaptées aux changements technologiques
  1. Développer les formations en alternance dans les filières techniques, technologiques, industrielles et de services sur les secteurs innovants et à forte valeur ajoutée
  2. Développer la formation continue dans ces mêmes secteurs
  3. Ouvrir les formations des entreprises dans l’acquisition de compétences spécifiques dans ces domaines (en incluant des formations OMC sur le rôle du commerce international comme vecteur de sophistication technologique)
  • Réformer l’enseignement supérieur et professionnel
  1. Renforcer l’adéquation des formations par rapport aux nouveaux métiers
  2. Développer les partenariats avec les universités européennes, asiatiques ou américaines
  3. Développer les partenariats public/privé
  4. Utiliser le système des diplômes délocalisés professionnalisés
  • Développer des secteurs innovants (soutien à certaines start-up, aux IDE, développement de zones franches ou de zones d’entreprises technologiques) notamment par une politique d’incitation fiscale
  • Améliorer la liberté économique notamment grâce à des lois de simplification administrative. Cela contribuera à l’amélioration de l’environnement des affaires en lien avec une réforme du marché du travail visant à le rendre plus flexible, transparent et compétitif (loi travail)
  • Développer ou renforcer les partenariats commerciaux avec les pays partenaires avancés technologiquement afin de développer les effets de diffusion spatiale (UE, ALENA, etc…), y compris entre régions frontalières (effets de diffusion territoriale) ; renforcer le partenariat GAFTA afin de bénéficier d’économies d’échelle dans les secteurs technologiques
  • Améliorer la performance logistique avec des investissements appropriés mais surtout des réformes adéquates (facilitation commerciale dans les ports, réduction et simplification des procédures administratives, amélioration de l’efficacité des contrôles douanier, automatisation des procédures, lutte efficace contre la corruption, etc.…)
  • Améliorer la gouvernance afin notamment de lutter efficacement contre la corruption et favoriser la transparence.
  • Réforme de la fiscalité afin de la rendre plus simple, plus efficace et plus incitative
  • Utiliser des politiques macroéconomiques saines afin notamment de réduire la vulnérabilité économique des pays MENA (politiques budgétaires et fiscales durables, gestion de la dette, politiques monétaires contrôlées)
  • Améliorer la gestion des ressources naturelles (gaz, pétrole, etc..) :
  1. utiliser les bénéfices des ressources naturelles pour diversifier l’économie et la sophistiquer
  2. développement de zones industrielles basées sur l’avantage comparatif dans les ressources naturelles
  3. octroi de facilités de financement aux PME et renforcement des capacités des entreprises locales pour accélérer la transformation structurelle
  4. poursuite de l’amélioration des politiques macroéconomiques pour gérer efficacement les risques associés au syndrome hollandais et à la volatilité des recettes en provenance des ressources naturelles
  5. créer un environnement favorable à l’investissement privé

Ces recommandations peuvent être initiées et mises en œuvre rapidement par les Etats qui doivent envoyer un signal fort à destination des acteurs économiques afin d’accélérer ce processus de sophistication des économies méditerranéennes, dans le but de favoriser la croissance et l’emploi, notamment qualifié.

 

THE NEXT SOCIETY: FEMISE participe dans le plan d’action pour soutenir l’innovation en Méditerranée

Lancement réussi en Grèce pour THE NEXT SOCIETY, un mouvement qui regroupe entrepreneurs, investisseurs, grands groupes, acteurs publics et privés de l’innovation en Europe et en Méditerranée.

Cette communauté a saisi l’occasion pour dévoiler son plan d’action mis en œuvre sur 4 ans, avec l’appui de la Commission européenne. Ses activités ambitionnent d’accompagner le changement dans la région, en plaçant le secteur privé au cœur du dialogue et des dispositifs sur l’innovation et la compétitivité. THE NEXT SOCIETY se fait l’écho d’une philosophie inclusive, basée sur la responsabilité sociale des entreprises et accompagne l’émergence de talents et de nouveaux leaders en ciblant les start-ups, les clusters et les structures de transfert technologique.

À l’occasion de l’événement, co-organisé le 16 mai à Athènes par ANIMA Investment Network et Enterprise Greece, près d’une centaine de professionnels et experts euro-méditerranéens ont échangé sur les activités mises en œuvre par l’initiative, en présence des ministres grecs M. Dimitris Papadimitriou, ministre de l’Economie et du Développement et M. Costas Fotakis, ministre délégué à l’Innovation et à la Recherche.

Pour Candace Johnson, présidente d’EBAN (The European Trade Association for Early Stage Investors) « …les solutions aux problèmes du monde d’aujourd’hui résident dans les entrepreneurs du Maghreb, du Moyen-Orient et de l’Afrique ». Vladimir Rojanski de la DG NEAR à la Commission européenne, a, quant à lui, souligné l’importance de la création d’emplois et du développement des PME et des start-ups, ainsi que la forte volonté de l’Union européenne de soutenir l’innovation au travers du développement de nouveaux mécanismes de financement dans la région.

THE NEXT SOCIETY active le changement à tous les niveaux

Le 16 mai à Athènes, THE NEXT SOCIETY a présenté un plan d’action complet soutenu par la Commission européenne, qui agira à plusieurs niveaux :

  • Améliorer les cadres réglementaires : THE NEXT SOCIETY met en place un dialogue public-privé et une analyse de la performance des écosystèmes d’innovation méditerranéens afin de définir et mettre en œuvre des feuilles de route stratégiques nationales afin d’améliorer le cadre de soutien à l’innovation.
  • Favoriser le succès des start-ups : THE NEXT SOCIETY offre un appui sur mesure aux startups méditerranéennes pour les aider à conquérir l’international et à lever des fonds grâce à des ateliers de travail et formations, des séjours d’immersion et d’incubation dans des pôles d’innovation européens, des rencontres avec investisseurs et l’accompagnement de longue durée par des mentors engagés.
  • Promouvoir et internationaliser les clusters : THE NEXT SOCIETY développe des services d’apprentissage entre pairs pour les clusters commerciaux et industriels, des partenariats étrangers et  les guide vers une démarche de gestion d’excellence du Cluster.
  • Accompagner les structures de transfert technologique : THE NEXT SOCIETY forme des managers de structures de transfert technologique comme des entrepreneurs et les aide à améliorer leurs services, à commercialiser leur portefeuille d’innovations et à rencontrer des clients potentiels.

Contribution du FEMISE à THE NEXT SOCIETY

Comme présenté par Dr Maryse Louis (General Manager FEMISE, Programs Manager Economic Research Forum) pendant l’évenement de lancement à Athènes, FEMISE et ses affiliés l’Institut de la Méditerranée et ERF contribueront essentiellement dans les deux activités décrites ci-dessous.

Dr Maryse Louis (General Manager FEMISE, Programs Manager Economic Research Forum) and Dr Constantin Tsakas (General Secretary FEMISE, General Manager Institut de la Méditerranée)

Moniteur national de l’innovation et de la compétitivité (NICM): Ici, aura lieu une analyse approfondie ainsi qu’une évaluation des définitions existantes, des tableaux de bord, des repères et des études liées à l’innovation. Cela permettra de définir de nouveaux concepts, de créer un tableau de bord sud-méditerranéen et un tableau de bord national pour chaque pays. Cela permettra également de préparer des études pays en matière d’innovation et de rédiger des Policy Briefs. La façon dont les résultats de cette activité seront communiqués sera essentielle à son succès. Cela se fera par le biais de réunions organisées tout au long du projet, de plusieurs ateliers et de conférences, ainsi que par les études pays et les Policy Briefs qui seront préparées pour chaque pays.

Analyse de la chaîne de valeur: l’objectif ici sera d’encourager les entreprises (nationales / internationales) à identifier et à utiliser les capacités technologiques et novatrices des pays MED. Un aperçu général du développement sectoriel sera fourni pour montrer comment le niveau des exportations de haute technologie par secteur ont évolué dans chacun des 7 pays. Ensuite, FEMISE se concentrera sur l’identification de produits qui ont été les mieux performants dans les exportations, ce qui soulève la question de savoir où se situent les nouveaux avantages comparatifs pour chacun des sept pays. Enfin, l’analyse des « success stories » au niveau de l’entreprise soulignera comment les entreprises ont réussi à valoriser ces nouveaux avantages comparatifs.

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Quel potentiel de croissance pour les échanges commerciaux entre l’UE et ses partenaires méditerranéens ?

photoNBC-art11-3202La suppression des barrières douanières ne suffit pas pour développer les échanges commerciaux entre l’Union européenne et ses partenaires du sud de la Méditerranée. D’autres paramètres comme la qualité du système logistique, les barrières non tarifaires, l’innovation, l’ouverture aux investissements étrangers ou encore une bonne gouvernance sont des facteurs à prendre en compte.

Les statistiques mettent en évidence que les pays du sud de la Méditerranée ne contribuent que faiblement aux exportations mondiales malgré une légère progression sur la décennie 2000/2009, passant de 1,8% à 2,9%. Durant cette même période, les exportations de ces pays vers l’Union européenne sont passées de 2,7% à 3,5%, c’est mieux mais cela reste faible.

Si la suppression progressive des barrières douanières contribue à développer le commerce entre l’Union européenne et ses partenaires méditerranéens, y-a-t-il des marges de manœuvre pour accroître les échanges?

« Ce n’est pas parce que le niveau des échanges est faible que le potentiel de développement est important » prévient Nicolas Peridy, directeur du « Laboratoire d’économie appliquée au développement » de l’Université du Sud Toulon-Var, il a contribué aux travaux du FEMISE sur cette question souvent débattue.

La plupart des analyses classiques réalisées jusqu’ici ont conclu à un réel potentiel de croissance des échanges entre l’UE et ses partenaires du sud de la Méditerranée, estimant que les exportations de ces pays vers l’Europe restent inférieures en moyenne de 10 à 20%, selon les pays concernés, à ce qu’elles pourraient être.

« Ce n’est pas notre conclusion » précise Nicolas Peridy. « Nous avons travaillé différemment, en élargissant notre champ d’études pour prendre en compte d’autres variables que les seuls obstacles tarifaires ce qui permet de mieux expliquer ces échanges. Il en ressort que le potentiel de croissance, en l’état actuel, reste limité mais qu’il peut être développé si l’on agit pour modifier ces autres variables ».

La gouvernance est déterminante

Quelles sont ces variables ? En premier lieu la qualité des infrastructures et du système logistique. Les pays du sud de la Méditerranée font preuve d’une moindre efficacité logistique comparée aux autres pays émergents, ce qui constitue un véritable handicap. Leurs efforts doivent donc viser à se rapprocher des standards internationaux.

Autre point sensible, l’innovation. Peu développée au sud de la Méditerranée, à la différence d’autres régions intégrées comme l’ASEAN (Association des Nations de l’Asie du Sud-est), elle limite à certaines catégories de produits les exportations possibles, le pétrole ou  les produits manufacturés à faible valeur ajoutée.

Les travaux des économistes du Femise montrent encore que les mouvements migratoires entre les pays du sud de la Méditerranée et l’UE sont aussi facteurs de croissance des échanges commerciaux, tout comme le niveau des investissements directs étrangers, qui, s’ils sont favorisés, peuvent contribuer à changer la donne.

Enfin, la gouvernance est déterminante. La corruption et les entraves à la démocratie qui sévissent au sud de la Méditerranée sont autant d’obstacles qui viennent limiter les possibilités d’échanges. A cet égard, le printemps arabe ouvre de nouvelles perspectives.

Article de Christiane Navas, Econostrum. L’article fait partie d’une série d’articles conjoints réalisés dans le cadre d’un partenariat entre Femise et Econostrum pour l’année 2012, qui alimentent également la rubrique « Grand Angle»  du site d’information Econostrum. Vous pouvez retrouver cette rubrique et toutes les informations à l’adresse suivante:www.econostrum.info. L’inscription à la newsletter d’econostrum est accessible par: http://www.econostrum.info/subscription/