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Quatrième et dernière Compétition Interne 2018/19 du programme Scientifique actuel

FEMISE a le plaisir d’annoncer le lancement de sa Quatrième et dernière Compétition Interne 2018/19 du Programme Scientifique actuel (2015-2019)

 

  1. INTRODUCTION ET THEMES DE L’APPEL

Les membres du réseau FEMISE qui ont participé en tant qu’Affiliés FEMISE à l’Appel d’Offre de la Commission européenne (Accédez a la liste de ces membres) sont invités à soumettre leurs propositions de recherche sous le thème :

Les Priorités de la Région EURO-MED

Les soumissions devront se faire avant la date limite du 3 Septembre 2018 (Date et Heure francaise)

Les propositions retenues seront celles qui apporteront une valeur ajoutée réelle, en utilisant une méthodologie rigoureuse et permettant de proposer des recommandations politiques.

Le quatrième tour, en cours, complètera l’agenda de recherche du FEMISE pour la période 2015-2019 et abordera des questions liées aux Priorités de la Région.

Pour rappel, le premier tour a été lancé en 2015 et ont été sélectionnées des propositions axées sur la modernisation dans les pays du Sud et les politiques de long-terme. Le second tour a été lancé en 2016 sur le thème de la transition de court terme. Le troisième tour a été lancé en 2017 sur le thème du rôle de l’UE pour faciliter à la fois la transition, la modernisation et l’ouverture dans les pays Méditerranéens du Sud.  Une liste des propositions acceptées dans le cadre des trois premiers tours est disponible dans le programme scientifique ci-dessous pour éviter les répétitions.

Les détails sur le thème, les sujets et les orientations proposées son accessibles ici :

En francais (PDF)

En anglais (PDF)

II. CALENDRIER

Les soumissions devront nous parvenir avant la date limite,  qui est le 3 Septembre 2018.

Plan provisoire:

Evaluation des propositions : 17 Septembre 2018

Sélection et Notification d’acceptation : 21 Septembre 2018

Signature des accords pour les propositions sélectionnées: 24-26 Septembre 2018

Envois des premiers drafts: Mai 2019

Présentation des drafts à la conférence FEMISE: Juin 2019

III. PROCESSUS DE SOUMISSION DES PROPOSITIONS

Le dossier des propositions de recherche doit inclure les documents suivants:

(1) La proposition de recherche qui ne doit pas dépasser 5 pages et doit inclure les éléments suivants :

  • Résumé (1/2 page)
  • La présentation de la recherche (statement of research) en indiquant la question traitée, en indiquant une analyse courte de la littérature et en précisant le déficit de connaissances que le papier doit combler;
  • Le cadre conceptuel et la problématique qui sera développée;
  • La méthodologie de recherche indiquant la question de recherche posée, l’hypothèse à tester et la méthodologie qui sera utilisée (ex. études de cas, données empiriques, etc.) expliquant la raison d’être de l’utilisation de la méthodologie sélectionnée.
  • Les implications politiques, expliquant comment les résultats du papier contribueront à leur élaboration;
  • Le Calendrier, les résultats attendus (nombre de rapports de recherche produits), le plan de dissémination et la division du travail au sein du consortium. Merci de noter que la durée des projets retenus de cet appel ne peut pas dépasser 10 mois.

(2) Le formulaire 2018 de demande (application form) rempli (cliquez ici pour le télécharger, en anglais);

(3) Les CV des chercheurs participant dans le consortium (formulaires standards disponibles ici si nécessaire)

Le dossier de la proposition de recherche du consortium devra être envoyé au bureau FEMISE par courriel, par fax ou par courrier avant ou au 3 Septembre 2018 (Voir VIII pour details) . 

Les demandes reçues après cette date ne pourront être considérées.

IV. ELIGIBILITÉ

(1) Seuls les membres affiliés et co-applicants au contrat FEMISE-UE “Support to dialogues, political and economic research and studies of the Euro-Mediterranean Partnership” peuvent être financés dans le cadre de cet appel (veuillez cliquer ici pour télécharger la liste des affiliés et savoir si votre institut est admissible).

(2) Toutes les propositions doivent être soumises sous forme de Consortiums comme suit:

  • Au moins un membre affilié du Nord et un membre affilié du Sud.
  • Chaque consortium doit avoir un chef d’équipe qui sera responsable d’envoyer la proposition au nom du consortium et sera responsable du projet (en termes d’exécution, de livraison et de processus administratif); il / elle sera la personne de contact pour toute correspondance avec FEMISE.
  • Si la proposition est retenue, les détails du représentant légal qui signera l’accord devront également être fournis dans le formulaire (application form). Les propositions soumises avec un seul membre ne seront pas prises en considération.

(3) Chaque chercheur ne peut être impliqué que dans un seul projet financé. Dans le cas où un chercheur est impliqué dans plusieurs propositions, seule la proposition la mieux classée par les referees sera retenue. Les autres (moins bien classées) seront automatiquement éliminées.

V. NIVEAU DE FINANCEMENT GLOBAL

Le budget global consacré à l’ensemble des propositions retenues dans ce quatrième tour de la consultation interne sera d’environ € 64 000. Chaque consortium doit spécifier dans le formulaire de demande le montant total demandé pour les honoraires de l’équipe qui travaillera sur le projet.

FEMISE versera un maximum de 80% du montant final et le montant restant de 20% sera considéré comme une «contribution propre» du consortium.

Par exemple, si le budget approuvé pour une proposition sélectionnée est de 8 000 euros, FEMISE contribuera à la hauteur de 6 400 euros à cette proposition et le montant restant de 1 600 euros sera considéré comme une «contribution propre» des membres du consortium envers le projet.

Les équipes sont encouragées à produire plus d’un papier de recherche par projet. Le montant demandé dans la proposition doit correspondre au nombre de documents de recherche produits et devra être justifié par leur qualité ; le budget fera donc partie de l’évaluation. Le comité de sélection se réserve le droit de modifier le montant demandé.

Le financement par le biais de cet appel couvrira UNIQUEMENT les honoraires des chercheurs (vérifiés par feuilles de temps) qui travailleront sur les propositions sélectionnées.

VI. PROCESSUS D’ÉVALUATION ET DE SÉLECTION

Suite à l’examen d’admissibilité initial, les propositions devront passer par le processus d’évaluation suivante:

I. Evaluation: Le comité d’évaluation FEMISE effectuera l’évaluation technique des propositions, répondant aux critères suivants:

  1. Qualité scientifique de la proposition, en termes de:
  • Pertinence du sujet par rapport aux questions de politique économique du Partenariat Euro-Med
  • Valeur ajoutée du sujet proposé par rapport à la connaissance existante
  • Qualité de la méthodologie et capacité à traiter la question de manière efficace
  • La dimension «orientation politique» et sa pertinence pour le cadre politique UE-Med.
  1. Autres critères d’évaluation
  • Degré de coopération entre les équipes (Nord et Sud)
  • Couverture géographique (nombre de pays couverts, couverture des pays peu étudiés (par exemple l’Algérie, la Jordanie, le Liban). Bien que l’approche comparative soit encouragée, les propositions portant sur des sujets spécifiques à un seul pays pourraient être acceptées
  • Expérience globale de l’équipe de chercheurs, tout en encourageant la participation des jeunes chercheurs.
  • Proposition de modes de communication/diffusion des résultats de la recherche

II. Sélection: Sur la base de cette évaluation technique, un second processus de sélection déterminera les propositions qui recevront un financement.

La décision du comité de sélection pourra prendre une des formes suivantes:

  • La proposition est acceptée
  • La proposition est acceptée avec modification dans le budget demandé
  • La proposition est acceptée avec des modifications proposées (couverture, portée, etc.)
  • La proposition est rejetée.

Les chefs d’équipe de toutes les propositions seront informés de la décision du comité de sélection. Pour les propositions acceptées, le bureau FEMISE enverra les documents contractuels nécessaires, les conditions générales et les formulaires

VII. QUALITE DE LA RECHERCHE ET DIFFUSION

Le produit final de la recherche doit prendre la forme d’un ou plusieurs rapports de recherche d’une moyenne de 40-50 pages (annexes exclus), offrant une analyse ciblée et permettant d’accroître les potentialités de publications dans des revues scientifiques, des articles et des notes d’orientation de politiques économiques.

Résultats attendus et peer-reviewing:

(1) Pour les propositions sélectionnées, les drafts de recherche seront soumis à un processus d’évaluation ex-post ( «Peer Review»).

(2) Toutes les possibilités de diffusion (autres que les canaux traditionnels assurés par FEMISE) sont fortement encouragées, mais devront être préalablement discutées avec le staff FEMISE pour assurer que les remerciements à FEMISE et à la Commission Européenne pour leur contribution financière soient correctement rédigés.

(3) La soumission d’un Policy Brief basée sur votre recherche est bien encourage.

VIII. DETAILS DE CONTACT:

Merci d’envoyer vos propositions avant le 3 Septembre par:

Email: internal.competition@femise.org

Sujet : Soumission d’une proposition de recherche

Ou bien par fax:

Fax ++ 33 4 91 31 50 38

ou bien par Poste:

FEMISE Association,

CMCI, 2 rue Henri Barbusse,

13 241 Marseille Cedex 01, France

Tel: ++ 33 4 91 31 51 95

[1] Le titre du Contrat est « Support to dialogues, political and economic research and studies of the Euro-Mediterranean Partnership » lancé en Mars 2015.

 

Le financement de ces propositions de recherche est fourni par l’Union européenne dans le cadre du projet FEMISE intitulé Support to Economic Research studies and Dialogues of the Euro-Mediterranean partnership”. Le contenu des propositions soumises et les rapports de ces projets sont les seules responsabilités des auteurs et ne peuvent en aucun cas représenter la position de l’Union européenne ou du FEMISE.

Med Change Makers e03 : Jocelyn VENTURA, Intégration dans les chaînes de valeur mondiales des PME marocaines

FEMISE a récemment lancé sa nouvelle série d’entretiens «Med Change Makers».

 Les «Med Change Makers» sont des entretiens (texte et vidéo) qui permettent aux chercheurs FEMISE dynamiques d’illustrer comment leur recherche aborde une question politiquement pertinente et comment elle contribue au processus d’élaboration des politiques dans la région Euro-Méditerranéenne.

 

Intégration dans les chaînes de valeur mondiales des PME marocaines

Entretien avec Jocelyn Ventura, Aix-Marseille Université (France), Institut de la Méditerranée et FEMISE

Jocelyn Ventura, Aix-Marseille Université (France), Institut de la Méditerranée et FEMISE

Des économistes du FEMISE et de l’Institut de la Méditerranée ont récemment présenté les conclusions préliminaires d’une étude produite pour la Banque Africaine de Développement intitulée « Identification des obstacles à l’amélioration de l’environnement des affaires et à l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales des PME marocaines exportatrices ».

Jocelyn Ventura (Aix-Marseille Université (France), Economiste à l’Institut de la Méditerranée / FEMISE) a contribué au rapport. Dans cet entretien, il offre des pistes de réflexions sur les opportunités ainsi que les mesures que l’état pourrait mettre en place pour améliorer l’insertion des PME dans les chaines de valeurs mondiales.

 

1) Quelle est la dynamique des exportations marocaines ? Quels sont les principaux secteurs d’exportation ?

Il existe une dynamique notable. Le Maroc a mis en place, depuis 2014, un Plan d’Accélération Industriel (PAI) dont un des objectifs est de promouvoir les exportations du secteur industriel. Un des axes de ce plan vise à renforcer le positionnement du Maroc à l’international en améliorant son attractivité. Depuis, le Maroc a diversifié les destinations de ses exportations notamment vers le reste du monde. Même si l’Europe reste la première destination des exportations marocaines, son importance relative a diminué.

On note qu’à côté des secteurs exportateurs traditionnels, on retrouve des secteurs plus intensifs en technologie qui sont apparus récemment et qui ont connu un fort taux de croissance : machines et appareils électriques, véhicules etc.

Les exportations marocaines montent en gamme avec l’émergence de ces nouveaux secteurs exportateurs plus intensifs en technologie. Cependant, le taux de croissance des exportations marocaines demeure inférieur à ce qu’on connut des pays comparables en termes de revenus. La compétitivité des exportations a potentiellement été réduite par le régime de change peu flexible (assoupli récemment). De plus, les déséquilibres macroéconomiques et l’environnement général des affaires ont été des freins à la croissance des exportations.

2) Comment se situe le Maroc dans l’intégration des chaines de valeur globales ? Quelle position par rapport à des pays comparables ou voisins ?

De manière générale, les pays méditerranéens, et le Maroc en particulier, sont assez bien insérés dans les GVC. L’indice de participation aux GVC montre que l’intégration du Maroc dans les GVC est équivalent à celle de la Turquie et proche de celle d’Israël, mais demeure inférieure à celle de la Tunisie (51,1% en 2011) ou d’autres pays comparatifs (Chili, Roumanie, Malaisie…)

On observe que le Maroc participe dans les GVC majoritairement « en amont » ou, en d’autres termes, c’est la part de VA étrangère contenue dans les exportations marocaines qui contribue le plus à l’intégration dans les GVC. La participation en amont est particulièrement importante dans les principaux secteurs d’exportations marocains, comme les véhicules, les machines électriques ou le textile, ce qui montre que les exportations marocaines s’inscrivent dans des processus de production internationalisés.

3) Quels sont les principaux obstacles entravant la capacité des PME à vendre leur produit sur les marchés étrangers ? 

Parmi les obstacles au lancement d’une activité d’exportation cités par les PME marocaines, on peut noter la difficulté à pénétrer les marchés étrangers et à adapter les produits aux normes qui y sont imposées, la difficulté à obtenir un financement, les coûts de transport et la lourdeur des procédures douanières. Jouent aussi un rôle le coût de la couverture contre le risque de change, la faiblesse de la R&D ou encore l’absence d’organismes nationaux de soutien à l’exportation.

Parmi les politiques réclamées pour réduire ces obstacles on retrouve la mise en place de relais au niveau des marchés cibles, une augmentation des moyens mis à disposition des conseillers économiques au sein des missions diplomatiques à l’étranger, mais aussi la création d’une banque spéciale pour soutenir les activités d’exportations…

4) Quelles opportunités offrirait une meilleure intégration dans les GVC des PME ?

Les opportunités sont nombreuses. Entre 60 et 80% des flux commerciaux ont lieu au sein des GVC. Pour une entreprise d’un pays en développement, intégrer ces GVC serait donc un excellent moyen d’exporter sa production. L’intégration de GVC peut aussi améliorer la productivité et la compétitivité de l’entreprise. Une meilleure insertion dans ces GVC pourrait par exemple faciliter la mise à niveau des normes de qualité et des standards de production, favoriser l’amélioration des compétences des salariés, donner accès à de nouvelles technologies etc.

La fragmentation des processus de production permet aux firmes de pays en développement, notamment les PME, d’utiliser les avantages comparatifs afin de produire et exporter une partie de leur chaine de valeur où elles sont plus compétitives.

Ce serait un des meilleurs moyens d’accélérer la croissance des exportations marocaines, ainsi que le chemin le plus court pour les PME de bénéficier d’un progrès de productivité, d’une amélioration de la compétitivité et d’un meilleur positionnement à l’international.

5) Quelles mesures l’Etat pourrait-il mettre en place pour améliorer l’insertion des PME dans les CVG ?

Tout d’abord on peut remarquer que les PME seront désavantagées face aux grandes entreprises, qui bénéficient d’une meilleure productivité et d’une meilleure capacité à acquérir et absorber de nouvelles technologies, pour intégrer les CVG.

Parmi les obstacles à dépasser on note un manque de service logistique efficace, un manque de compétitivité des produits, des difficultés à satisfaire les exigences des donneurs d’ordre et à mettre les produits ou les procédés de production aux normes de qualité et standards demandés etc.

L’Etat pourrait donc améliorer l’insertion des PME en leur offrant un support pour mettre en conformité les produits et les processus de productions, un support à la formation des salariés, un soutien à la mise en relation avec les entreprises étrangères et, enfin et surtout, une augmentation de crédits bancaires disponibles.

Propos recueillis par Constantin Tsakas

This activity received financial support from the European Union through the FEMISE project on “Support to Economic Research, studies and dialogues of the Euro-Mediterranean Partnership”. Any views expressed are the sole responsibility of the speakers.

FEMISE MED BRIEF no8 : Les femmes dans le marché du travail en MENA. L’économie collaborative peut-elle être utile?

La série de Policy Briefs du FEMISE intitulée MED BRIEF ambitionne de fournir une réflexion novatrice  pour la région euro-méditerranéenne. Les Policy Briefs contiennent une analyse succincte et politiquement pertinente sur d’importantes questions EuroMed et présentent aux décideurs politiques les points de vue des chercheurs FEMISE et des partenaires du réseau.

Le huitième numéro de MED BRIEF « Stimuler les taux de participation des femmes au marché du travail dans la région MENA. L’économie collaborative peut-elle être utile? » est disponible (en GB) en cliquant ici.

Dr. Katarzyna Sidło, CASE (Center for Social and Economic Research), FEMISE

Ce Policy Brief évalue le potentiel de l’économie collaborative pour accroître la participation des femmes dans le marché du travail dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord). Plus précisément, il examine les façons dont l’économie collaborative peut permettre aux femmes qui le souhaitent de rejoindre le marché du travail, mais qui pour diverses raisons pratiques (manque d’emploi, déplacements difficiles), sociétales (restrictions sur les activités à l’extérieur du foyer), ou pour des raisons familiales (responsabilités familiales) ont été incapables de le faire.

La liste des FEMISE MED BRIEF est disponible ici.

Le Policy Brief a été réalisé avec l’aide financière de l’Union européenne dans le cadre du programme FEMISE. Le contenu de ce document relève de la seule responsabilité des auteurs et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.

Med Change Makers e02 : Simona RAMOS, Migration induite par le changement climatique : Enjeux et Solutions

FEMISE a récemment lancé sa nouvelle série d’entretiens «Med Change Makers».

 Les «Med Change Makers» sont des entretiens (texte et vidéo) qui permettent aux chercheurs FEMISE dynamiques d’illustrer comment leur recherche aborde une question politiquement pertinente et comment elle contribue au processus d’élaboration des politiques dans la région Euro-Méditerranéenne.

 

Migration induite par le changement climatique : Enjeux et Solutions

Entretien avec Simona RAMOS, Aix-Marseille Université (France), Institut de la Méditerranée et FEMISE

Simona RAMOS, Aix-Marseille Université (France), Institut de la Méditerranée et FEMISE

La dernière édition du rapport ENERGIES2050 / Institut de la Méditerranée / FEMISE « Les Défis du Changement Climatique en Méditerranée » offre un éclairage sur la place spécifique du bassin méditerranéen dans le nouvel Agenda climatique international.

Simona Ramos (Aix-Marseille Université (France), Policy Researcher à l’Institut de la Méditerranée / FEMISE) a contribué au rapport en étudiant le lien entre « Migrations et climat dans les pays du sud de la Méditerranée ».

Dans cet entretien, Simona Ramos offre des pistes de réflexions politiques pour faire face aux effets continus de la migration climatique.

 

  1. En ce qui concerne les efforts de mise en œuvre de l’Accord de Paris, quel(s) pays de la région Sud-Med sont des exemples à suivre et pourquoi?

Les pays de la région Sud-Med diffèrent dans les progrès réalisés pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Le Maroc et Israël sont nettement en avance en termes de politiques et d’actions. Au cœur des efforts actuels de réduction des émissions du Maroc se trouve la Stratégie Énergétique Nationale, qui vise à porter la part de la capacité d’électricité renouvelable à 42% d’ici 2020 et à 52% d’ici 2030. Le Maroc a fait preuve d’une politique active, avec des investissements massifs dans l’énergie solaire à commencer par la construction du complexe solaire géant de Noor (utilisant l’énergie solaire concentrée) près de Ouarzazate. D’un autre côté, l’Algérie, la Tunisie et la Palestine semblent être disposés à prendre des mesures plus courageuses pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, bien que ces pays soient également confrontés à de sérieuses contraintes. Par exemple, en termes de législation, la Tunisie est devenue l’un des rares pays à reconnaître le changement climatique dans sa Constitution, même si les politiques liées au climat dans ce pays doivent être améliorées.

  1. Vous suggérez qu’il n’y a pas eu suffisamment de coopération entre les pays du Sud. Pourquoi est-ce si important et quelles sont vos suggestions à cet égard?

En effet, l’un des principaux problèmes auxquels les pays du Sud de la Méditerranée sont confrontés est le manque de collaboration mutuelle dans la mise en œuvre de leurs politiques climatiques. Une collaboration Sud-Sud solide pourrait favoriser une amélioration significative de la mise en œuvre de la politique sud-méditerranéenne en matière de changement climatique. La coopération peut contribuer au renforcement mutuel des capacités dans le domaine de la recherche et du développement. En outre, le transfert de technologie et de savoir-faire peut être favorisé par des cadres législatifs et institutionnels (par exemple en développant des cadres de transfert de technologies et des environnements propices à l’intégration de politiques de transfert de technologie au niveau national). Le potentiel de la coopération Sud-Sud est vaste et, en tant que tel, devrait être sérieusement pris en considération.

  1. Comment les processus climatiques affectent-ils la migration humaine? A-t-on fait quelque chose au niveau de la politique nationale à cet égard au sein des PSM?

Les processus climatiques affectent sérieusement les migrations. Néanmoins, on peut soutenir que ce sujet ne reçoit pas l’attention voulue car, contrairement aux événements climatiques, les processus climatiques se produisent de manière graduelle et cumulative, et il est difficile d’établir une relation causale stricte. Néanmoins, l’effet du changement climatique sur les populations peut fonctionner de multiples façons. L’eau, la nourriture et la disponibilité des terres peuvent être sérieusement affectées et les populations peuvent être forcées à migrer hors des zones touchées. La région du sud de la Méditerranée a été parmi les régions du monde les plus touchées par le climat, avec une élévation du niveau de la mer et une désertification continues. En ce qui concerne les politiques, ce qui a été fait jusqu’ici consiste en des mesures d’adaptation et d’atténuation (souvent dans le cadre des CDN ou des CN des pays). Néanmoins, on peut faire valoir que ces mesures ne traitent pas nécessairement et / ou ne s’attaquent pas entièrement aux migrations (forcées) induites par le climat.

  1. Vous déclarez que les mesures politiques actuelles ne parviennent pas à répondre pleinement aux impacts continus de la migration climatique. Pourquoi, et quelles sont vos suggestions politiques pour faire face aux effets continus de la migration climatique dans les pays du sud de la Méditerranée?

Bien qu’il puisse être fermement soutenu que les mesures politiques actuelles et les stratégies climatiques sont cruciales face au changement climatique, elles ne sont pas destinées à aborder complètement l’ensemble des conséquences du changement climatique, comme celui des migrations induites par les processus climatiques. Ceci est dû à plusieurs raisons. L’atténuation, l’adaptation ainsi que le renforcement des capacités et les stratégies de transfert de technologie prennent du temps à être mis en œuvre, ce qui signifie que les millions de personnes actuellement touchées ne sont pas susceptibles de bénéficier immédiatement de ces mesures. Aussi, pour que ces stratégies soient efficaces, un consensus global est nécessaire. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas, comme l’a montré l’histoire récente.

L’une des recommandations politiques à cet égard consisterait à incorporer la migration induite par le changement climatique dans le cadre juridique international, en tant que stratégie d’adaptation plutôt qu’en tant qu’échec d’adaptation. Dans ce cas, le fait d’avoir un statut légal pour les «migrants climatiques» permettrait d’aborder et de protéger correctement les personnes qui traversent des difficultés. D’autres suggestions incluent l’utilisation de la «réinstallation planifiée», une approche qui a souvent été incorporée dans les cas de catastrophes naturelles. Beaucoup ont favorisé cette approche, car elle se déroule généralement à l’intérieur des frontières du pays, permettant une plus grande flexibilité et évitant la complexité d’exiger des accords internationaux.

  1. Comment les mesures de réinstallation peuvent être utilisées pour répondre aux personnes touchées par la migration induite par le climat?

Les stratégies de réinstallation planifiées peuvent être complexes et difficiles à mettre en œuvre, en particulier si un pays manque de capacités institutionnelles, technologiques et financières.

  • Premièrement, il devrait y avoir une identification précoce des populations exposées aux catastrophes et aux autres impacts du changement climatique, ou bien affectées par des projets d’atténuation et d’adaptation associés au changement climatique. Une cartographie nationale de ces populations doit être systématisée et partagée publiquement pour maximiser la sensibilisation.
  • La planification pour la réinstallation devrait être intégrée dans les stratégies nationales et nécessite la création d’un environnement propice, incluant une base juridique pour entreprendre la réinstallation planifiée, un renforcement des capacités, une institutionnalisation et une approche pangouvernementale.
  • La durabilité de la réinstallation planifiée devrait être assurée par une attention adéquate portée à la sélection des sites, aux moyens de subsistance, à l’intégration (identité et culture) et aux communautés hôtes, parmi d’autres facteurs.
  • Des systèmes quantitatifs et qualitatifs indépendants de suivi et d’évaluation, à court et à long terme, devraient être créés pour évaluer les impacts et les résultats de la réinstallation planifiée.
  1. Qu’est-ce que le projet de Grande Muraille Verte et quelles sont ses implications et son potentiel pour les pays du sud de la Méditerranée?

La réinstallation planifiée devrait être une option de dernier recours, car c’est un processus complexe et coûteux. Il est nécessaire de permettre l’amélioration des conditions de vie des zones touchées par le changement climatique. L’un des projets les plus importants à cet égard est la Grande Muraille Verte, une initiative africaine visant à « verdir » le désert (en cultivant plus de plantes et d’arbres) dans le but de fournir de la nourriture, des emplois et un avenir à des millions de personnes vivant dans des régions qui sont affectés par le changement climatique.

L’incapacité à vivre à partir de la terre peut être un facteur important de migration. L’écologisation des zones qui sont actuellement peu peuplées et qui ne sont pas en mesure de subvenir pleinement aux besoins humains pourrait apporter de nombreux avantages, comme i. les personnes qui vivent déjà dans ces régions ne seraient pas obligées de s’en aller et ii. ces zones pourraient également servir de lieu potentiel de réinstallation pour les populations des zones touchées avoisinantes. L’Algérie, l’Égypte et la Tunisie sont déjà partenaires dans ce projet et pourraient servir d’exemple aux autres PSM.

 

Propos recueillis par Constantin Tsakas

Rapport « Les Défis du Changement Climatique en Méditerranée » (2018)

FEMISE est heureux d’annoncer la publication de la version finale de l’édition 2018 du rapport sur « Les défis du changement climatique en Méditerranée : la Méditerranée dans le nouvel Agenda climatique international », dans la collection Guides pour Agir. Il s’agit d’une coproduction ENERGIES2050 – Institut de la Méditerranée – FEMISE.

 

Le rapport est disponible au téléchargement en cliquant ici

 

Ce rapport, coordonné par Stéphane Pouffary (ENERGIES 2050), Guillaume de Laboulaye (ENERGIES 2050) et Constantin Tsakas (Institut de la Méditerranée, FEMISE), présente de façon actualisée les réalités du changement climatique dans les pays du pourtour du bassin méditerranéen et les actions mises en œuvre par les parties prenantes pour répondre aux défis et aux enjeux de la lutte contre les changements climatiques. La Méditerranée fait partie des « point chauds » de notre planète et les impacts des changements climatiques y sont très prononcés et particulièrement visibles sur les pays des rives Sud et Est. La mobilisation internationale autour du climat témoigne d’une prise de conscience réelle que ce soit pour les Etats-Parties signataires de la CCNUCC ou pour les acteurs non étatiques et gouvernements infranationaux fortement mobilisés sur ces questions.

Pour autant, l’ambition des engagements collectifs et individuels sont unanimement reconnus comme très insuffisants au regard des réalités et des défis auxquels l’ensemble des pays et territoires concernés sont et seront confrontés. De plus, au-delà des engagements, la mise en œuvre et l’action restent insuffisante, fragmentée et parcellaire. La Méditerranée ne fait pas exception et plus que jamais la mise en place d’un agenda commun de l’action est indispensable d’autant que le temps des négociations internationales n’est pas le même que la rapidité avec lesquels les changements et altérations se produisent.

Le rapport sera présenté lors d’une session dédiée à Atelier « Changement Climatique en Méditerranée et Attractivité des Territoires », Marseille, 15 Mai 2018.

Une première version avait été présentée à l’occasion de la 23ème Conférence des Parties (CdP23) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui s’est déroulée à Bonn (Allemagne) du 6 au 17 novembre 2017. Ce rapport a vocation à devenir une publication régulière et à être accessible à l’ensemble de la communauté des acteurs engagés sur ces questions. L’idée de cette action étant i. de produire des recherches politiquement pertinentes et ii. d’encourager l’émergence d’un écosystème d’acteurs UE-Med (macro, méso et micro) pour répondre efficacement aux défis posés.

Pour un Policy Brief (Med Brief) extrait du rapport cliquez ici.

Pour un entretien « Med Change Makers » (video  et texte) sur le cas du Liban cliquez ici.

Pour un aperçu de la présentation du rapport à la COP23 au Pavillon de la France, cliquez ici.

Pour redécouvrir les publications FEMISE passées sur le thème « Environnement, énergie, changement climatique » veuillez vous rendre ici.

Pour un article journalistique AfricaPress.Paris sur la présence de IM et FEMISE à la COP23 cliquez ici.

Atelier sur « Changement Climatique en Méditerranée et Attractivité des Territoires »

La Méditerranée fait partie des « point chauds » de notre planète et les conséquences des changements climatiques y seront toujours plus fortes qu’ailleurs. La réduction des émissions de gaz à effet de serre, la question de l’eau et de la désertification et la prise en compte des besoins en adaptation des pays riverains sont des nécessités. Outre l’impulsion nécessaire au niveau des Etats, les mesures qui répondront à ses réalités doivent également se décliner au niveau des territoires pour démultiplier les moyens d’action.

L’atelier, organisé par l’IM et le Conseil Départemental des Bouches du Rhône, en partenariat avec FEMISE et ENERGIES 2050, s’adresse aux acteurs pour qui ces problématiques ont une résonance, les acteurs politiques du territoire ainsi que les acteurs non étatiques (opérateurs privés, organisations de la société civile, universités…). Tout en considérant la situation économique récente et actuelle, cet atelier souligne les opportunités de développement à saisir. Il permet d’illustrer la dynamique créée par les acteurs locaux et d’apporter une contribution positive aux débats sur les enjeux climatiques en Méditerranée au regard des réalités et défis actuels.

Cet atelier sera aussi l’occasion de présenter le rapport ENERGIES2050 – Institut de la Méditerranée – FEMISE sur :

 « Les défis du changement climatique en Méditerranée (2018) » (disponible ici)

 

– La Concept Note de l’Atelier est disponible ici.

– Le programme de la journée est disponible ici. 

IM et FEMISE  participent avec un financement dans le cadre du projet UE-FEMISE “Support to Economic Research, studies and dialogues of the Euro-Mediterranean Partnership”. Les opinions exprimées dans cette conférence sont de la seule responsabilité des auteurs.

Med Change Makers e01 : JULIE HARB, Changement Climatique et Economie Libanaise

FEMISE est heureux d’annoncer le lancement de sa nouvelle série d’entretiens «Med Change Makers».

Les «Med Change Makers» sont des entretiens (texte et vidéo) qui permettent aux chercheurs FEMISE dynamiques d’illustrer comment leur recherche aborde une question politiquement pertinente et comment elle contribue au processus d’élaboration des politiques dans la région Euro-Méditerranéenne.

 

Changement Climatique et Economie Libanaise

Entretien avec JULIE HARB, Université St Joseph (Liban), Institut de la Méditerranée et FEMISE

Julie Harb (Université Saint-Joseph de Beyrouth, Institut de la Méditerranée, FEMISE)

La dernière édition du rapport ENERGIES2050 / Institut de la Méditerranée / FEMISE « Les Défis du Changement Climatique en Méditerranée » (disponible en Mai), offre un éclairage sur la place spécifique du bassin méditerranéen dans le nouvel Agenda climatique international.

Julie Harb (Université Saint-Joseph de Beyrouth, Policy Researcher à l’Institut de la Méditerranée / FEMISE) fait partie des jeunes chercheurs qui ont contribué au rapport. Dans cet entretien, qui se focalise sur le cas libanais, Julie Harb souligne la nécessité d’entreprendre davantage d’efforts publics pour la protection environnementale et le besoin d’un changement des mentalités face au changement climatique.

1) Dans l’accord de Paris, les pays se sont engagés par le biais des CDN (contributions nationales déterminées). Tous les pays du sud de la Méditerranée, à l’exception du Liban, ont ratifié l’Accord de Paris. Comment s’explique cela ?

Malheureusement, dans son agenda politique le Liban ne donne pas une grande priorité à la question du changement climatique et à la protection de l’environnement bien que le pays commence à sentir les effets du changement climatique. D’autres questions, comme celle des élections législatives, sont percues comme plus importantes. Par aillers, ratifier l’Accord de Paris imposerait au Liban l’application des dispositions du traité, ce qui influencerait les politiques publiques et les mécanismes de protection. Comme les autorités ne voient pas dans cette question une priorité, l’accord est perçu comme un « poids lourd » en terme de législation mais également en termes de dépenses.

2) Quelles forces et efforts en cours pour la protection de l’environnement et pour limiter l’impact du changement climatique au Liban ? Quels exemples sectoriels à mettre en avant ?

Il faut noter que l’Etat a fait quelques efforts par le passé sur la protection de l’environnement par le biais de certaines législations: c’est le cas par exemple de la loi no. 444/2002 de la protection de l’environnement qui présente la seule législation majeure qui traite directement du changement climatique au Liban ou la loi 341/2001 sur la réduction de la pollution de l’air par les transports qui mentionne indirectement la protection de l’environnement. De même sur le plan exécutif, on note certaines initiatives comme la création d’un Conseil national pour l’environnement qui comprend 7 ministères et 7 entités non publiques censé préparer des plans et des politiques, soutenir, intégrer et suivre toutes les politiques du ministère et tous les conventions et traités. Une unité nationale de coordination sur le changement climatique (UCCC) a été mise en place pour coordonner un total de 40 représentants qui traitent directement ou indirectement du changement climatique.

Sur le plan sectoriel, un projet d’énergies renouvelables a été mis en place pour fournir 20 MW d’énergie solaire et aurait dû être finalisée en 2016. Cependant, à ce jour, cette ferme photovoltaïque ne fournit que 1 MW . Le ministère de l’Énergie et de l’Eau a émis plusieurs lois concernant ce secteur mais malheureusement aucun décret d’application n’a été ajouté au texte.

3) Quelles sont les principales faiblesses pour combattre les effets du changement climatique au Liban ?

Malgré un grand nombre de décisions, lois et initiatives, des problèmes persistent quant à la lenteur du processus qui traitera cette question. La présence de multitudes d’organes et d’organismes responsables de la protection de l’environnement pourrait être la cause de cette lenteur. Le manque de coordination augmente le poids de la bureaucratie et engendre une fragmentation de la question. Néanmoins, je trouve à titre personnel que l’essence du problème réside dans le manque de la volonté des responsables et autorités à traiter cette question.

4) Les ONG et la société civile contribuent-elles au changement de mentalités ?

Depuis quelques années, les ONG et la société civile jouent un rôle très important en éveillant l’attention de la population libanaise sur la question de la protection de l’environnement tout en créant une culture de développement durable, mais aussi en changeant les mentalités, en incitant au recyclage depuis les écoles et institutions éducatives. Toutefois, malgré le grand travail fourni par ces organisations au niveau de la société, cette dernière n’arrive pas à suffisamment influencer les politiques publiques et les décisions politiques. Un travail de plaidoyer plus appuyé serait nécessaire.

5) Quelles sont selon vous les actions prioritaires à adresser et comment ?

La résolution de la question des déchets qui a débuté en 2015 et qui jusqu’à ce jour n’a pu être réglée d’une façon efficace devrait être inscrite en premier dans l’agenda de la protection environnementale par les autorités. En tant que citoyenne libanaise je trouve que cette résolution nécessite un plan précis de long terme préparé en amont ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Une deuxième priorité serait celle du nettoyage de la mer : en effet, face à la crise des déchets, l’état a pris la décision de créer des zones de déchets à côté de la mer, ce qui signifie qu’en période de tempêtes,ces déchets ont été dispersés dans la mer nuisant à l’écosystème marin et à la qualité de vie des populations.

Par ailleurs, les ONG libanaises en manque de soutien devraient établir davantage de partenariats avec des organisations internationales qui agissent en matière de changement climatique et qui pourraient adapter leurs solutions localement et accroître la capacité d’adaptation de l’économie libanaise.

Propos recueillis par Constantin Tsakas

 

 

En mémoire du Pr. Ahmed Driouchi

C’est avec regret que FEMISE doit annoncer à ses membres et à ses collègues le départ de l’un de ses membres actifs et fondateurs: le Professeur Ahmed Driouchi, décédé le 2 mai 2018.

Le professeur Driouchi était professeur d’économie, conseiller du président et doyen de l’Institut d’analyse économique et d’études prospectives (IEAPS) à l’Université Al Akhawayn, Ifrane, Maroc Depuis 1995, il a rejoint l’Université Al-Akhawan et est devenu le fondateur et doyen de la School of Business Administration. Puis en 2005, il est devenu le doyen de l’Institut d’analyse économique et des études prospectives (IEAPS) à l’Université.

Le professeur Driouchi était titulaire d’un doctorat en économie appliquée de l’Université du Minnesota, États-Unis depuis 1988, ainsi que d’un doctorat en sciences de l’Institut Hassan II d’agronomie et de médecine vétérinaire au Maroc en 1987. Il était l’auteur de centaines de publications, y compris des articles dans des revues à comité de lecture, des chapitres de livres et de livres.

Il était l’un des principaux économistes de la région MENA sur les questions de l’innovation et de l’économie de la connaissance et de leur rôle dans le développement de la région MENA. Son travail était axé sur l’éducation, la jeunesse, la santé et la pauvreté. Son champ géographique de recherche couvre les économies arabes, MENA et méditerranéennes, avec leurs relations avec l’Europe.

Il a écrit de nombreux ouvrages sur l’économie du travail et de la santé, les TIC pour la santé, l’éducation et les politiques socio-économiques, la migration, etc. Il a contribué à la recherche FEMISE avec de nombreuses études et a participé activement à presque toutes ses conférences.

Le professeur Driouchi avait une véritable conviction et un optimisme quant à l’avenir de la région méditerranéenne et il était toujours enthousiaste, professionnel et persuasif dans la présentation de ses opinions.

Femise a perdu un membre précieux et un ami cher. Nos pensées sont avec sa famille et ses proches.

Vous pouvez envoyer vos condoléances sur contact@femise.org . Ils seront publié sur le site et envoyé à sa famille et collègues.

Le personnel et les membres du FEMISE

FEMISE MED BRIEF no6 : L’importance d’aligner les positions des pays MED sur l’Accord de Paris

La série de Policy Briefs du FEMISE intitulée MED BRIEF ambitionne de fournir une réflexion novatrice  pour la région euro-méditerranéenne. Les Policy Briefs contiennent une analyse succincte et politiquement pertinente sur d’importantes questions EuroMed et présentent aux décideurs politiques les points de vue des chercheurs FEMISE et des partenaires du réseau.

Le sixième numéro de MED BRIEF « L’importance d’aligner les positions des pays du sud de la Méditerranée sur l’Accord de Paris » est disponible en cliquant ici.

L’Accord de Paris constitue une avancée dans les efforts mondiaux pour faire face aux menaces du changement climatique. Cependant, pour respecter l’accord, les pays doivent rapidement mettre en œuvre des contributions déterminées au niveau national (CDN), atteindre les objectifs de réduction des émissions pour 2020 et fixer des objectifs encore plus ambitieux pour l’avenir. Cela est loin d’avoir été réalisé dans l’ensemble des pays du sud de la Méditerranée (MED).

Constantin Tsakas (Délégué Général de l'Institut de la Méditerranée, Secrétaire Général du FEMISE)

Constantin Tsakas (Délégué Général de l’Institut de la Méditerranée, Secrétaire Général du FEMISE)

Ce MED Brief, par Constantin Tsakas (Délégué Général de l’Institut de la Méditerranée, Secrétaire Général du FEMISE), soutient que les gouvernements et les parties prenantes des pays MED doivent réfléchir aux diverses contraintes qui pèsent sur l’efficacité de l’Accord de Paris et identifier les partenaires et les pratiques susceptibles de compléter le processus plus largement. Cet article fait allusion au besoin de coopération et de collaboration entre les pays du sud de la Méditerranée eux-mêmes. Les gouvernements devront élaborer un plan à long terme sur le changement climatique et l’appliquer concrètement. Il est nécessaire de mieux traiter avec les groupes économiques nationaux qui contribuent à limiter l’ampleur des réformes environnementales. En attendant, les solutions doivent toujours tenir compte de la réalité économique et sociale des pays MED.

 

La liste des FEMISE MED BRIEF est disponible ici.

 

Le Policy Brief a été réalisé avec l’aide financière de l’Union européenne dans le cadre du programme FEMISE. Le contenu de ce document relève de la seule responsabilité des auteurs et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.

Voisinage UE-Med étendu : les experts FEMISE prônent pour une ouverture vers l’Afrique

Conférence Annuelle du FEMISE 2018 sur: « Voisinage étendu : Relation et Coopération de l’UE-Med vers l’Afrique »

Les enjeux et défis économiques, démographiques, migratoires et climatiques rendent nécessaires une coopération étendue entre la région Euro-Med et l’Afrique subsaharienne qui pourrait être très bénéfique à l’ensemble des parties prenantes. C’est le point de vue défendu par les experts du réseau FEMISE qui ce sont réunis à Malte les 7-8 et 9 Février 2018 lors de la Conférence Annuelle du réseau.

Les recommandations de la conférence pour déterminer les priorités et les mesures nécessaires envers une coopération EuroMed-Afrique Subsaharienne sont les suivantes :

  • Investir dans la jeunesse doit être une priorité pour l’Afrique et l’Union Européenne. La dynamique démographique du continent africain et sa population jeune (60% des africains ont moins de 25 ans) entrainent une pression croissante sur le système éducatif. L’éducation demeure un bouclier contre les mariages forcés et peut offrir l’opportunité de sortir de la pauvreté.
  • Il faut saisir l’opportunité de la coopération avec l’Afrique pour créer des infrastructures, engager des investissements d’envergure dans des secteurs clés, comme le développement durable et l’énergie par exemple, améliorer la résilience de ces pays face aux changements, notamment climatiques et renforcer les principes de bonne gouvernance protégeant la société civile.
  • L’intégration doit être complétée par une augmentation de la compétitivité, une attraction des IDE, une croissance plus forte, et un élargissement des marchés entrainant des économies d’échelle. Attirer les IDE est une priorité, mais il important que ces IDE se focalisent sur des secteurs qui aideront les pays à se développer.
  • L’Europe doit prendre conscience de l’urgence d’accélérer l’industrialisation et le développement humain en Afrique. Les solutions actuellement proposées par l’UE, soit émanant de la politique sécuritaire et migratoire, soit de la politique commerciale (en demandant aux pays Subsahariens de réduire leur protection tarifaire vis à vis des produits européens) sont loin d’être à la hauteur des enjeux. D’une façon générale, les priorités des uns (développement au Sud) et des autres (migration au Nord) devraient être traitées avec une vision plus globale, en tenant compte de la complexité des situations et des processus d’interactions (industrialisation-emplois-sécurité-migration, etc.).
  • L’industrialisation du continent africain pourrait aller plus vite si elle pouvait s’appuyer sur une zone plus intégrée pour créer des chaînes de valeur régionales et faciliter leur insertion au niveau mondial, en particulier, dans des chaines de valeur pilotées par des firmes européennes. Dans ce domaine, l’Europe peut aider les pays de diverses façons : connaissance des marchés, acquisition des normes, transferts de technologie formation du capital humain, soutien aux investissements, amélioration des infrastructures et de la logistique, etc.
  • Il devient urgent d’avoir une politique beaucoup plus active et volontariste vis à vis du secteur privé : Il faut mettre l’entreprise au centre des préoccupations de tous, sur tout le continent africain, que l’on puisse entendre de façon plus audible la voix des entrepreneurs, leurs besoins, changer leur image et donner l’envi aux jeunes d’entreprendre. Faciliter, par tous les moyens, les échanges commerciaux intra-régionales en constitue un moyen. L’Open innovation doit favoriser la rencontre entre les idées des startups africaines et les financements de l’Euro-Méditerranée.
  • Il faut encourager une coopération plus poussée avec la société civile et les autorités locales pour donner une plus grande cohérence aux évolutions politiques et sociétales et répondre au besoin de donner du sens aux actions mises en place, au niveau national et local. Il faut construire un dialogue de facilitation pour proposer des solutions pour que les acteurs revoient leurs ambitions à la hausse : territorialiser les engagements des États pour permettre aux gouvernements locaux et aux villes de s’emparer de ces enjeux et des compétences actuellement dépendantes des États. Ceci doit se faire dans une approche multi-acteur et multi-compétence pour permettre une transition globale de la société.
  • Le développement économique dans l’ensemble du continent africain ne doit pas se faire au détriment de l’environnement et de la qualité de vie des Hommes : Il est important de restaurer les aires protégées touchées par l’urbanisation, d’implémenter des mesures pour lutter contre la déforestation, de protéger les zones côtières et de garantir un accès à l’eau potable pour l’alimentation des ménages et pour répondre aux besoins de l’agriculture.

Pour un compte rendu détaillé des présentations et discussions, veuillez cliquer ici.

Des « Video Brief » avec certains des intervenants sont également disponibles ci-dessous.

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