
Première réunion préparatoire sur le rôle des transports dans la zone de libre-échange
Ajaccio, le 20 Juillet 1999
Rappels concernant l'organisation et les objectifs de la réunion.
La première réunion préparatoire est une réunion de cadrage et d'appropriation du thème. Elle a pour objectif d'engager le dialogue entre les régions partenaires sur les enjeux du partenariat euro-méditerranéen et la mise en place d'une zone de libre-échange sur le thème.
L'amorce du dialogue doit se faire autour de la synthèse bibliographique proposée par l'Institut de la Méditerranée.
Les régions partenaires doivent aboutir à l'issue de cette réunion à un accord sur ces enjeux, c'est-à-dire sur les éléments clefs permettant de renforcer le poids et le rôle des régions du Sud de l'Europe dans le partenariat euro-méditerranéen.
Au cours de cette première réunion préparatoire, des idées de projet peuvent être proposées mais non discutées, ceci étant l'objet de la deuxième réunion préparatoire.
Par contre, les acteurs et partenaires porteurs de projets doivent être identifiés.
En résumé, chaque région doit sur chaque thème faire un travail préalable qui doit la conduire à venir aux réunions préparatoires avec :
Ordre du jour de la réunion
Liste des thèmes de discussion proposés par l'Institut de la Méditerranée
Nous proposons que les discussions qui seront conduites au cours de la réunion soient focalisées sur:
1. La problématique des ports méditerranéens
L'enjeu apparaît simple : utiliser les effets de la ZLE pour " massifier " les flux de manière à rendre attractif les ports méditerranéens nord et sud, ce qui suppose au nord la mise en place de plates-formes multimodales (air-fer-fleuve) et, au nord comme au sud, une coopération inter-places portuaires qui leur permettra de se partager une part de marché accrue.
2. Développer l'hinterland
Leitmotiv ou dénominateurs communs des diverses propositions et analyses du transport en Méditerranée : l'est-ouest et la pluralité des modes de transport dans l'interface terre-mer.
L'examen objectif des coûts de transport terrestre montre que la double hégémonie route-port du Nord n'est pas optimale pour la collectivité. Or, le renforcement des hinterland du sud se fera d'autant plus facilement que l'on parvient à baisser le coût de transport terrestre, notamment en subsituant le fer et le fleuve à la route. C'est le développement de modes alternatifs comme le fer qui pourrait engendrer une baisse de l'acheminement terrestre au départ du sud.
3. Le cabotage
Muni de certaines caractéristiques (fréquence élevée, rapidité et fiabilité du service, tarification compétitive), le cabotage révèle des aspects intéressant de nombreux acteurs.
4. Des couloirs multimodaux
L'impératif de massification impose, en priorité, la création de corridors multimodaux de transports -fer, route, fleuve, air, mer-, en priorité dans l'axe Est-Ouest.
Le grand nombre d'acteurs, le manque de coordination qui les caractérise, le manque d'infrastructures font que la politique multimodale est incontournable pour la promotion des échanges en Méditerranée. Cette politique se base sur le concept de corridors multimodaux.
Places d'échanges, tarification commune, politiques de correspondance, création de véritables pôles multimodaux devraient permettre de mieux interfacer les différents moyens de transport et donc de faire reculer le monopole de la route.
Ce recul ne peut que servir le sud de l'Europe : les infrastructures routières étant essentiellement Nord/Sud, il sera alors plus facile de développer des liaisons Est/Ouest multimodales. Plus tard, les liaisons routières Nord/Sud se transformeront en avantages pour étendre l'hinterland sud plutôt que d'être un aspirateur des flux au profit des hinterlands des ports du Nord.
5. Le rôle des régions du sud de l'Europe
L'apport primordial du partenariat en matière de transport serait l'instauration d'un cadre institutionnel de discussions en matière de transports, permettant ainsi l'établissement d'une politique globale cohérente des transports en Méditerranée nécessaire à la coordination des transports.
Il est souvent dit que l'établissement de liaisons Est-Ouest se heurte à l'insuffisance de la masse d'échanges nécessaire à la création d'infrastructures ; nous sommes là dans une logique de rentabilité. Problème circulaire puisque l'insuffisance de la masse empêche d'attirer de nouveaux flux qui tendraient à pallier cette insuffisance. Coordonner les flux Est/Ouest et Sud-méditerranéens/Nord-méditerranéens permettrait peut-être de développer une masse suffisante tendant à renforcer cumulativement l'attraction du Sud Européen.
Ce cadre d'échanges va permettre d'une part, d'identifier d'autres enjeux, d'autre part de proposer des solutions cohérentes avec le partenariat euro-méditerranéen.
Le partenariat euro-méditerranéen devait donc engendrer une amélioration du système des transports en Méditerranée et permettre aux plates-formes portuaires et aéroportuaires de capter les flux intercontinentaux, revalorisant ainsi la zone ; de leur côté, les îles méditerranéennes intégreraient des réseaux de transport permettant leur désenclavement.
Tous ces apports du partenariat devraient permettre au final la baisse du coût du transport en Méditerranée (entendons par là l'amélioration générale de la qualité du transport, plus particulièrement en termes de rapidité et de fiabilité), et l'augmentation des flux transitant par la région méditerranéenne et donc le développement économique de la zone.
Un changement d'optique pourrait ainsi apparaître : de simple quai du Nord, la Méditerranée pourrait devenir une place de transformation et de distribution ; on entrerait dans une logique de valorisation locale des flux et donc de la zone.